Après la visite d'une délégation parlementaire iranienne à Prague

Alaeddin Bouroudjeri, photo: CTK

Une délégation de députés du Parlement iranien a effectué une visite en Tchéquie avec deux objectifs : persuader les Tchèques que l'Iran n'est pas un pays dangereux et offrir des possibilités de développement à la coopération entre les deux pays.

Alaeddin Bouroudjeri, photo: CTK
Bien que le chef de la Commission aux Affaires étrangères et à la Sécurité du Parlement iranien, Alaeddin Bouroudjeri, ait déclaré devant les journalistes, avant une réunion extraordinaire de la Chambre des députés tchèque, que les « dictatures sont visibles aujourd'hui, ce sont celles qui ont édifié la base de Guantanamo », donc les Etats-Unis, les possibilités de développement des relations entre la République tchèque et l'Iran ont été au centre des rencontres. D'après Zuzana Opletalova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, la Tchéquie désirerait stabiliser ses relations avec l'Iran. A cette fin, la représentation diplomatique iranienne en Tchéquie devrait être élevée au rang d'ambassade. Alaeddin Bouroudjeri a toutefois indiqué que l'envoi éventuel d'un ambassadeur tchèque à Téhéran devait recevoir l'aval du gouvernement iranien. Les relations entre les deux pays sont-elles bonnes ? On peut répondre par la négative à cette question, et la Tchéquie devrait d'ailleurs être l'un des deux pays, avec la Pologne, où les Etats-Unis entendent implanter une partie de leur bouclier antimissile orienté aussi contre l'Iran. Les services de renseignements tchèques classent, d'ailleurs, le régime iranien parmi les plus dangereux.

Karel Schwarzenberg, photo: CTK
La visite des députés iraniens a été assez mal vue par certains députés tchèques, comme Jan Vidim, président de la Commission à la Défense, ou Tomas Dub, vice-président de la Commission aux Affaires étrangères. Pour Jana Hybaskova, eurodéputée et spécialiste du Proche-Orient, la rencontre des députés iraniens avec le ministre des Affaires étrangères tchèque et avec les députés du Parlement tchèque ne peut qu'ajouter un semblant de légitimité au régime de Téhéran. Pourtant, le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, exprime un autre point de vue :

« On ne peut arriver à des résultats que par des contacts et de longs entretiens. C'est ce que doit faire un homme politique responsable. Moi, je ne peux pas tout à fait choisir mes partenaires. »

La délégation parlementaire iranienne a insisté sur la communication et l'information. Pour cela, le ministre des Affaires étrangères et les députés tchèques ont été invités à se rendre en Iran. Un accord sur une visite de représentants du ministère de l'Industrie et du Commerce aurait été conclu. Enfin, Alaeddin Bouroudjeri a affirmé que le point de litige qui, dans le passé, avait conduit à la fermeture de l'ambassade d'Iran à Prague, les émissions en persan de Radio Europe Libre ayant leur siège à Prague n'était plus d'actualité. Le développement des relations entre la Tchéquie et l'Iran revêt une bien plus haute importance, s'est-il justifié.