Baignades et randonnées au bord du lac de Slapy

Slapy, photo: CzechTourism

Le lac de barrage de Slapy sur la Vltava, à 35 km au sud de Prague, est une destination estivale recherchée des Pragois puisque ses plages de sable et l'eau pure de la rivière offrent d'agréables baignades pas loin de la capitale. Quant à l'origine du nom Slapy, on juge qu'il provient du mot slap qui veut dire, en tchèque, des rapides ou des chutes d'eau. Toute la localité autour du lac à laquelle Slapy a donné son nom est très romantique et reposante. Déjà le voyage en bateau ou en voiture fait partie de l'ambiance des vacances. La route longe la Vltava, sur la gauche, et est bordée, de l'autre côté, des collines boisées.

Slapy, photo: CzechTourism
Sur la route, nous pouvons admirer le château baroque de Zbraslav et les vestiges d'un monastère médiéval du Xe siècle qui se trouvait à Davle. Le nom de ce village n'est pas méconnu des cinéphiles puisque c'est ici que le film « Le pont de Remagen » reconstituant l'offensive, en mars 1945, du général américain Patton contre les défenses allemandes à l'Ouest du Rhin, a été tourné. Un pont moderne enjambe aujourd'hui le confluent des rivières Vltava et Sazava à Davle. Sur le chemin, nous passons par Stechovice, nom du village où les nazis avaient caché une partie des archives avant de quitter notre pays et qui sont maintenant l'objet de recherches. L'endroit dénommé Hradistko qui se trouve près d'ici est tristement réputé pour avoir été un camp d'internement de prisonniers de toute l'Europe administré par les nazis. Auparavant, Stechovice était réputé pour le canyon très profond que la Vltava, serrée entre deux collines, y formait et où prenaient leur départ les torrents de Saint-Jean, sauvages, romantiques et dangereux à la fois, hélas disparus avec la construction du barrage. Aujourd'hui, seule la statue de Saint-Jean-Népomucène, patron des nageurs, érigée sur les lieux en 1722, les rappelle...

Stechovice, photo: Solim, Creative Commons 3.0
De Stechovice, la route monte avant de descendre brusquement à Slapy, cible de notre voyage. Slapy n'est pas seulement un village de villégiature, il possède une longue histoire. La première mention écrite évoquant son existence date de 1292. C'est alors que le roi Venceslas II avait fondé le couvent de Zbraslav qui allait être doté de vastes domaines, dont Slapy. En 1308, le village était pillé par des mercenaires bavarois. Dès 1339, on y extrayait de l'or. Plus tard, Slapy était annexé au domaine de Karlstejn pour être racheté, après les guerres hussites, par le couvent de Zbraslav qui restera son propriétaire jusqu'en 1785. Slapy n'a jamais été une région riche, le travail dans les bois et le flottage du bois sur la Vltava ont été pendant longtemps l'unique source d'emploi. Plus tard, on y a construit une brasserie et une briquetterie. Le dernier propriétaire d'avant-guerre de Slapy, Bohumil Bondy, contraint à l'émigration à cause de ses origines juives, a construit à Slapy un château. Le réalisateur Jiri Menzel l'a choisi pour le tournage juste terminé de son film « Moi qui ai servi le roi d'Angleterre » tiré du roman de Bohumil Hrabal.

Slapy et l'église Saint-Pierre et Paul, photo: Google Maps
Slapy possède sa dominante typique : la monumentale couple de l'église Saint-Pierre et Paul, perle du style baroque, construite en 1693 selon les plans de l'architecte Jan Santini. Objet de maints vols dans le passé, l'église a perdu des objets les plus précieux qui ornaient ses intérieurs, dont surtout la Madone de Zbraslav et la crèche baroque. Plus ancienne que l'église est la paroisse de Slapy, mentionnée depuis le XIVe siècle, ainsi que le bâtiment de l'école datant de 1669. L'église possède quatre cloches : la plus grande d'entre elles, coulée par le maître Bartholomé en 1525, a échappé, comme par miracle, à deux réquisitions.

L'hôtel Zahori
Derrière l'église, située au milieu d'un versant ombragé par des tilleuls centenaires, s'étend le cimetière de Slapy. Le visiteur est prévenu de ne pas manquer de s'arrêter devant le tombeau marqué par une plaque sur laquelle on lit : l'ingénieur Rudolf Formis, antifasciste et exilé allemand, tué par les nazis le 23 janvier 1935. Membre d'une opération anti-fasciste clandestine, Rudolf Formis s'est installé à Slapy avec la mission de diffuser de sa chambre de l'hôtel Zahori - aujourd'hui inexistant puisque disparu au fond du lac - des informations non censurées en direction du Reich. Un commando spécial est venu le chercher à l'hôtel. Les circonstances de sa mort n'ont jamais été entièrement élucidées. Au-dessus de l'ancien hôtel Zahori se dressent les murs blancs d'une chapelle de 1841 dédiée à la Sainte Vierge et ornée d'un tableau provenant du célèbre lieu de pèlerinage Maria-Zell en Autriche. Le chemin menant vers la chapelle a été marqué par trois croix en bois remplacée en 1898 par des croix en pierre. Elles sont toujours sur place, au-dessus de la baie dénommée Lahoz.

Le barrage de Slapy, photo: ŠJů, Creative Commons 3.0
C'est dans les années 1920 que Slapy commence à devenir une station de villégiature et que la construction de chalets et maisons estivales commence. Un tournant se produit avec la construction du barrage, en 1954, à 3 km au nord du village. Décidée déjà en 1933, parallèlement avec celle du barrage voisin de Stechovice, la construction du barrage de Slapy n'est achevée que neuf ans après la fin de la guerre. Le remplissage du réservoir long de 44 km, d'une surface de 1392 hectares, contenant 270 millions de mètres cubes d'eau, a commencé en avril 1954. La couronne de la digue est haute de 70 mètres et longue de 260. La profondeur moyenne est de 20 mètres et l'endroit le plus profond se trouve à 53 mètres au-dessous de la surface. Le barrage est un important producteur d'énergie électrique mais sa fonction première est de protéger Prague des inondations : il a fait ses preuves pour la première fois l'année même de sa mise en service, en juillet 1954, et dernièrement lors des inondations de 2002. Le lac de barrage de Slapy est, aussi, et avant tout, l'un des lieux de repos et de sports nautiques les plus proches de Prague. Pendant la saison estivale, le nombre de vacanciers dépasse de plusieurs milliers le nombre de résidants permanents qui sont 636, selon le dernier recensement de la population de 2003. Le nombre de vacanciers est encore multiplié par de nombreux touristes des Pays-Bas qui restent fidèles à l'endroit, depuis plusieurs années déjà.

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