Chevaux de Przewalski de Prague relâchés dans la nature au Kazakhstan : « Ils sont venus nous dire au revoir »

Chevaux de Przewalski de Prague relâchés dans la nature au Kazakhstan

Après avoir transporté, l’année dernière, sept premiers chevaux de Przewalski au Kazakhstan, le zoo de Prague est parvenu à doubler la population de cette espèce dans le pays : cette semaine, un étalon et six juments les ont rejoints dans la région centrale d’Altyn Dala, au bout de plus de 30 heures de trajet.

C’était presque le même scénario qu’au printemps 2024 : les chevaux ont été transportés depuis l’aéroport militaire de Kbely, à bord d’un avion militaire CASA. Ils devaient être quatre, mais finalement, trois animaux seulement ont pu s’envoler : un étalon nommé Wisky s’étant échappé pendant le transport à l’aéroport et s’étant promené un moment sur le périphérique de Prague, avant d’être ramené au zoo de la capitale. Celui-ci joue, depuis les années 1930, un rôle majeur dans le sauvetage de ces chevaux robustes qui ont failli disparaître.

L’étalon nommé Wisky s’étant échappé pendant le transport à l’aéroport et s’étant promené un moment sur le périphérique de Prague | Photo: Miroslav Bobek,  ZOO Praha

Le zoo a commencé à organiser les premiers transports aériens de chevaux en vue de leur réintroduction dans la nature en 2011, à destination d’abord de la Mongolie. Jusqu’en 2019, près de 43 chevaux y ont été transportés depuis Prague et la population locale compte déjà environ 80 poulains.

La réintroduction de l’espèce dans les steppes d’Asie centrale continue donc au Kazakhstan, le pays d’origine de ce cheval qui serait, d’après une étude publiée par les scientifiques en 2018, le descendant des premiers chevaux domestiqués, retournés ensuite à l’état de nature.

Photo: Jiří Jelínek,  ČRo

Cette semaine, les chevaux transportés depuis Prague et aussi depuis Debrecen, en Hongrie, ont d’abord passé près de quinze heures en avion, puis en voiture, car il a fallu parcourir près de 300 km à travers la steppe, avant d’arriver à Alibi, où se trouve une réserve d’acclimatation. Les chevaux y passent environ un an pour s’habituer aux conditions locales. Ceux qui y ont été ramenés au printemps 2024 viennent d’être relâchés dans la nature.

« Pour la première fois depuis des centaines d’années, les chevaux sauvages ont été réintégrés dans la steppe kazakhe », s’est félicité le directeur du zoo de Prague, Miroslav Bobek, présent sur place.

Un moment inoubliable pour toute son équipe :

Photo: Jiří Jelínek,  ČRo

« Les ouvriers locaux ont démonté la clôture et les chevaux sont sortis. Nous les avons vus courir vers nous, comme s’ils voulaient nous dire au revoir. C’était très beau et très inattendu ! En plus, cela s’est passé en début de soirée et la lumière était magnifique. C’est un moment que je n’oublierai jamais », a-t-il confié.

Photo: Jiří Jelínek,  ČRo

Comme l’ont expliqué les conservatrices des ongulés au zoo de Prague, le projet de réintroduction des chevaux de Przewalski dans la steppe permet également d’étudier leur environnement naturel :

Photo: Jiří Jelínek,  ČRo

« Deux des juments relâchées portent un collier satellite. Cela nous permettra de suivre les déplacements de tout le troupeau, car on suppose que les juments ne se sépareront pas de l’étalon. »

« Nous étudierons aussi l’impact de la présence des chevaux sur la nature. Il pourrait y avoir plus d’espèces de plantes et de pollinisateurs, de coléoptères qui se nourrissent du crottin des chevaux, etc. »

La réintroduction dans la nature des chevaux de Przewalski doit se poursuivre au cours des prochaines années. Toutefois, pour pouvoir observer ce bel animal, pas besoin de se déplacer en Asie : ils occupent un enclos sur la colline de Dívčí hrady, au-dessus de la vallée de Prokopské údolí, à Prague. Les chevaux sont également à voir à Dolní Dobřejov, en Bohême centrale et au zoo de Prague, bien évidemment. Tout récemment, le zoo de Hluboká, en Bohême du Sud, s’est aussi lancé dans l’élevage de cette espèce menacée d’extinction.

Chevaux de Przewalski sur la colline de Dívčí hrady | Photo: Barbora Navrátilová,  Radio Prague Int.