Quatre chevaux de Przewalski paissent désormais sur une colline de Prague

Chevaux de Przewalski

Depuis un peu plus d’une semaine, quatre chevaux de Przewalski, espèce menacée d’extinction, occupent un enclos sur la colline de Dívčí hrady, à Prague. Cette réintroduction en milieu naturel est le fait du zoo de Prague, très impliqué dans la sauvegarde de cette espèce. Depuis plusieurs années, le zoo a permis de ré-acclimater et relâcher dans la nature une trentaine d’individus en Mongolie, leur terre d’origine.

Cheveux Przevalski | Photo: Tomáš Adamec,  Zoo Praha

Le zoo de Prague élève depuis plusieurs décennies, et avec succès, des chevaux de Przewalski, qui n’ont survécu qu’en captivité depuis les années 1960. Longtemps considérés comme les derniers chevaux sauvages, ils seraient en réalité les plus proches descendants des premiers chevaux domestiqués voilà 5 500 ans. Une étude publiée dans le magazine Science en 2018 a bouleversé nos connaissances jusqu’alors, établissant qu’il n’existait résolument plus aucun cheval sauvage sur Terre. Une équipe internationale de généticiens et d’archéologues a établi que le cheval de Przewalski était directement issu du cheval du Botaï, au Kazakhstan, premier représentant domestiqué de la branche équine.

Ces chevaux robustes, brun clair, à la crinière hérissée doivent leur nom à l’explorateur russe d’origine polonaise Nikolaï Mikhaïlovitch Przewalski, à qui on montra pour la première fois en 1879 ce cheval que les Mongols appelaient et appellent toujours « takh ».

Miroslav Bobek | Photo: Adam Kebrt,  Český rozhlas

Depuis le 19 avril, quatre représentants de cette espèce désormais protégée sont à découvrir dans leur enclos aménagé sur la colline de Dívčí hrady, dans le Ve arrondissement de Prague. Directeur du zoo de Prague, Miroslav Bobek explique pourquoi cet endroit précis a été choisi :

« Ce n’est pas à cause de la belle vue, évidemment, mais ici, dans la vallée de Prokop, les espaces naturels sont très précieux et on peut dire que toute la partie supérieure où se trouvent les chevaux l’est aussi. Dans l’enclos, il y a une réserve de fourrage en cas d’urgence. Mais le but, c’est que les chevaux paissent et se nourrissent de ce que peuvent offrir les 20 ha. Cela permettra dans le même temps de renouveler les communautés animales et végétales originelles. »

Dívčí hrady | Photo: Miroslav Bobek,  ZOO Praha

Depuis les années 1930, le zoo de Prague est un pionnier dans la sauvegarde du cheval de Przewalski, dans son élevage et dans sa réintégration dans son environnement naturel. Plus de 230 poulains sont ainsi nés dans la capitale tchèque au cours de cette histoire de préservation quasi centenaire. Et aujourd’hui, le zoo de Prague est engagé dans un vaste programme de réintroduction de l’espèce dans les steppes mongoles : il a ainsi permis la ré-acclimatation de 34 juments et étalons dans leur pays ancestral qui, depuis, ont été lâchés dans la nature.

A Prague aussi, l’objectif est de permettre la reproduction de cette espèce jadis quasi entièrement décimée par la chasse. Aux quatre juments actuelles qui viennent d’être introduites dans l’enclos pourraient être adjoints dans quelques mois des étalons :

« Dans quelques temps, nous pourrions avoir le plaisir d’accueillir des poulains. Peut-être qu’à l’avenir, ces poulains pourraient être destinés à rejoindre les troupeaux réintroduits en Mongolie. »

Dívčí hrady | Photo: Miroslav Bobek,  ZOO Praha

Les quatre juments, qui répondent aux doux noms de Xicara, Khamiina, Gruhne et Lana, sont originaires de Dolní Dobřejov, à 80 km au sud de Prague. C’est là que se trouve le centre d’élevage et d’acclimatation des chevaux, notamment ceux qui sont destinés à être réintroduits en Mongolie.

Quant à ceux visibles sur la colline de Dívčí hrady, les précautions d’usage sont évidemment de mise, comme le souligne Miroslav Bobek :

« Il ne faut ni les caresser, ni leur donner à manger. Les caresser peut s’avérer dangereux car ils peuvent vous mordre et vous arracher un doigt. Mais surtout, il ne faut les nourrir sous aucun prétexte. »

Pour se rendre sur la colline historique de Dívčí hrady-Děvín, le plus simple est de prendre le métro B jusqu’à la station Jinonice et de là, marcher jusqu’au plateau où se trouve l’enclos. L’ensemble du site est par ailleurs l’occasion d’une belle ballade, que ce soit en descendant dans la vallée de Prokop ou en profitant de la vue imprenable sur Prague et la Vltava depuis le surplomb rocheux.

Auteur: Anna Kubišta
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