Comment faire baisser le chômage de longue durée ?

Photo: Stuart Miles / freedigitalphotos

Le gouvernement cherche un moyen de réduire le chômage de longue durée, qui toucherait quelque 160 000 personnes en République tchèque. Afin de parvenir à cet objectif, le ministère du Travail et des Affaires sociales a présenté la semaine passée un plan d’action. D’après le quotidien Mladá fronta Dnes, qui rapportait l’information dans l’une de ses récentes éditions, il s’agirait d’un dispositif basé sur le principe de « la carotte et du bâton », avec des incitations à chercher du travail et des sanctions pour les personnes qui ne se plieraient pas à cette injonction.

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La République tchèque présente un taux de chômage historiquement bas, 5,2% au moins de juin, l’un des moins élevés au sein de l’Union européenne. Cette situation est aussi synonyme de manque voire de pénurie de main d’œuvres dans certains secteurs d’activité. Dans le même temps, le chômage de longue durée reste pour sa part depuis plusieurs années à un niveau relativement stable, autour de 40% du total des personnes au chômage.

C’est pour tenter d’apporter des réponses à la fois au besoin de main d’œuvres des entreprises et en même temps à ce chômage de longue durée qui persiste que le ministère du Travail et des Affaires sociales avance un plan s’articulant autour de différentes mesures. Il s’agit essentiellement d’incitations positives et négatives à la recherche d’un emploi, en agissant notamment sur le niveau de certaines prestations sociales.

Il est par exemple question de jouer sur l’aide à la mobilité, cette allocation destinée à contribuer au paiement des frais de transport. Ceux qui jouent le jeu du Bureau du travail, l’équivalent de Pôle emploi en France, pourront toucher mensuellement jusqu’à 3 710 couronnes au titre de cette aide, quelque 137 euros. A l’inverse, les chômeurs que « ne feraient pas d’effort », selon les mots du quotidien, ne pourront prétendre qu’à 2 200 couronnes, environ 81 euros, au maximum. Ce soutien pourrait même leur être supprimé dans le pire des cas.

Outre cela, les conditions pour l’accès à différents revenus devraient être plus strictes tandis que la hausse programmée du salaire minimum pourrait encourager les chômeurs à trouver un emploi d’après le ministère.

Interrogé par le quotidien Mladá fronta Dnes, l’économiste Daniel Münich doute cependant de la capacité du ministère à faire face à la problématique du chômage de longue durée car il ne connaîtrait tout simplement pas la population qui compose ce groupe. D’après lui, les statistiques de l’administration ne permettent pas de savoir quelle est le niveau de formation, la spécialité, l’âge ou encore la dernière profession exercée par ces personnes qu’elle serait en conséquence dans l’incapacité d’accompagner de manière efficace.