Concours de la francophonie : œuvres d’art et connaissances à l’honneur

Photo: Alžběta Ruschková

Comme de tradition, la Semaine de la langue française et de la francophonie a été marquée en République tchèque par la cérémonie de remise des prix du concours annuel destiné aux élèves tchèques apprenant le français. Une trentaine de lauréats ont été réunis, mardi dernier au palais Černín à Prague, siège du ministère des Affaires étrangères, avec les représentants diplomatiques de différents pays francophones.

Photo: Alžběta Ruschková
132 enfants d’écoles primaires et 537 élèves d’écoles secondaires ont pris part à la quinzième édition du concours organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour promouvoir l’apprentissage de la langue française et le dialogue interculturel.

En quoi consistait donc ce concours ? Les plus jeunes présentaient déjà traditionnellement leurs œuvres d’art contenant au moins trois des dix mots français définis par l’OIF, parmi lesquels les mots ordinaires comme « nuage » et « nomade », mais aussi un vocabulaire plus récent, qui comprend des termes tels que « télésnober » ou « émoticône ». C’est d’ailleurs le tableau de Marie Štěpánová de Přerov (Moravie) qui a été désigné parmi les travaux de jeunes artistes et qui a valu à son auteur quatre billets pour des spectacles du festival du cirque nouveau Letní Letná.

Souriya Otmani, photo: MZV
De son côté, la catégorie des établissements d’enseignement secondaire a connu cette année d’importants changements. Les élèves n’étaient plus contraints à montrer leurs capacités artistiques, cette catégorie reposant maintenant uniquement sur un quiz de connaissances sur le monde francophone. Le premier prix a été remporté par Barbora Morysová du Lycée d’Olga Havlová à Ostrava Poruba et a été remis par l’ambassadrice du Maroc, Souriya Otmani :

« Le premier prix de la francophonie est un voyage pour la destination touristique d’Agadir au Maroc et un séjour sur place dans un hôtel 4 étoiles en bordure de la mer. Nous nous réjouissons parce que je pense que la jeune personne qui a remporté ce prix, ainsi que son accompagnateur auront l’occasion de découvrir la beauté et la splendeur des paysages marocains, mais aussi de pratiquer le français et d’apprécier l’hospitalité légendaire marocaine. »

Il ne s’agissait pas de l’unique succès pour le Lycée d’Olga Havlová car quatre autres étudiants de cet établissement ont été distingués parmi les meilleurs. Leur institutrice, Pavla Sláčalová a confié au micro de Radio Prague :

« Le français est une belle langue et il est très utile de parler français dans le monde actuel. Aujourd’hui, quand les élèves peuvent choisir entre l’espagnol et le français, ils choisissent souvent l’espagnol. Moi, je ne sais pas pourquoi. C’est donc la raison pour laquelle j’aime participer aux concours comme celui-ci car ils permettent de propager la langue française. Nous nous sommes beaucoup préparés pour ce concours, nous avons beaucoup travaillé sur Internet, nous avons cherché différents mots car les questions concernent par exemple la cuisine française, mais aussi les mots francophones qui viennent d’autres langues, etc. »

Photo: Alžběta Ruschková
A l’occasion de la cérémonie au ministère des Affaires étrangères, un autre prix est déjà traditionnellement décerné aux meilleurs travaux universitaires relatifs à la francophonie. Appelé selon l’association regroupant les professeurs de français des universités tchèques, le Prix Gallica a été octroyé cette année à trois mémoires de master, dont notamment celui de Martin Balucha :

« Mon mémoire s’intitule ‘L’évolution dramaturgique et esthétique de Deus ex machina dans les œuvres choisies de Pierre Corneille et Jean Racine’. Ce travail porte donc sur l’évolution de ce phénomène qui a été travaillé et retravaillé par plusieurs dramaturges. Ce qui est important et surprenant, c’est que chacun de ces dramaturges a apporté des démarches un peu particulières et a saisi le travail d’une autre manière. Il était donc difficile de comprendre l’évolution de ce phénomène dans l’histoire et également dans l’esthétique littéraire. Car il s’agissait d’un milieu très antagoniste et il est aujourd’hui difficile à le décrire. »

Choisis par un jury composé des universitaires tchèques, deux autres candidats ont abordé des thèmes très différents, comme l’affirme le président de l’Association Gallica, Petr Dytrt :

« A la deuxième place était le mémoire de Pavla Hradecká de l’Université Masaryk de Brno qui portait sur les fautes de prononciation en français des apprenants tchèques. Elle a désigné deux voyelles qui sont les plus difficiles pour les Tchèques – ‘u’ et ‘e’ – elle les a analysées et a proposé différents exercices. Elle a fait une étude parmi les élèves de plusieurs lycées tchèques et a comparé leur prononciation de ces deux phonèmes au début et après une période pendant laquelle ils s’entraînaient avec les exercices choisis. Enfin, le troisième prix a été décerné à un mémoire de traduction de Jakub Herák de l’Université Charles qui portait sur les éléments d’expressivité orale dans les discours des hommes politiques interprétés du français vers le tchèque et sur les différentes manière de les transposer. »

Afin de motiver les trois lauréats à poursuivre leurs recherches, le Prix Gallica est accompagné également d’une petite contribution financière destinée à la publication des travaux récompensés.