Coupe du monde : une désillusion pour les Tchèques, mais il faut déjà penser à l'avenir

Photo: CTK

La Coupe du monde de football en Allemagne se poursuit avec désormais les matches à élimination directe. Passer le premier tour, tel était justement l'objectif minimal que s'était fixé la République tchèque avant le début du tournoi. Mais après deux défaites consécutives contre le Ghana et l'Italie sur le même score (0-2), les joueurs de Karel Brückner ont été contraints de faire leurs valises plus tôt que prévu. Et au lieu de préparer un éventuel huitième de finale passionnant contre le Brésil, mardi, ils étaient de retour à Prague dès vendredi...

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Les Tchèques étaient donc de retour au pays avec des regrets plein les têtes et le sentiment d'être passés à côté de l'événement et de grands moments d'émotion. Pourtant, tout avait idéalement commencé pour eux après leur éclatante victoire (3-0) face aux Etats-Unis lors du premier match. En l'espace de quatre-vingt-dix minutes accomplies, Pavel Nedved, Tomas Rosicky et leurs coéquipiers s'étaient rappelés au bon souvenir des médias étrangers qui n'avaient alors pas hésité, dans les jours suivants, à les faire passer du statut d'outsider à celui de prétendant à la victoire finale. Un rêve qui aura finalement été de bien courte durée...

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Il n'aura en effet fallu que 66 secondes contre un Ghana au jeu éclatant pour que le gardien Petr Cech aille chercher la balle au fond de ses filets et que la belle machine se crispe. Sans leur redoutable duo d'attaquants, le géant Jan Koller et le poison Milan Baros, blessés, les Tchèques étaient incapables de répondre au défi athlétique et technique proposé par les Brésiliens d'Afrique. Au coup de sifflet final, ils pouvaient même s'estimer heureux de n'avoir concédé que deux buts et de ne pas avoir complètement hypothéqué leurs chances de qualification. Avant le troisième et dernier match contre l'Italie, tout restait donc encore possible. Mais bien qu'emmenés par leur capitaine Pavel Nedved à l'inaltérable soif de vaincre et malgré un premier quart d'heure prometteur, les Tchèques cédaient de nouveau devant le froid réalisme italien.

Petr Cech, photo: CTK
La belle aventure que tout un pays espérait seize ans après la dernière participation de la Tchécoslovaquie à une phase finale prenait donc fin prématurément dans un groupe, il est vrai, particulièrement relevé. Des regrets que prononçaient tous les joueurs à leur descente d'avion à Prague.

« C'est dommage car nous nous sommes préparés pendant longtemps à cette Coupe du monde avec professionnalisme et beaucoup de sérieux et d'envie, avouait Petr Cech. Finalement, tout s'est écroulé à cause des blessures mais aussi, il faut le reconnaître, des deux cartons rouges. Contre le Ghana, nous aurions pu recevoir une déculottée suite à l'expulsion, tandis que contre l'Italie, alors que nous étions également déjà menés au score, cela a compliqué nos affaires et finalement cela a même signifié notre fin et nous voilà déjà à la maison. »

Karel Brückner, photo: CTK
La déception quelque peu estompée, il est désormais déjà temps d'envisager le proche avenir et les échéances à venir. Le sélectionneur Karel Brückner, en poste depuis décembre 2001, s'est vu proposer une prolongation de deux ans de son contrat qu'il devrait accepter avec pour objectif la qualification au championnat d'Europe en Autriche et en Suisse en 2008.

Concernant les joueurs, encore aucun d'entre eux n'a encore annoncé officiellement qu'il mettait un terme à sa carrière internationale, même si l'arrêt de Karel Poborsky, recordman de sélections (118), semble très probable. Pour le reste, même Pavel Nedved, peut-être le plus déçu d'entre tous par l'échec, est resté très prudent dans ses propos. A 34 ans, le Ballon d'or 2003 pourrait se laisser tenter par le début des qualifications pour le prochain Euro. Quant autres trentenaires de l'équipe, Vladimir Smicer et Jan Koller en tête, ils ont d'ores et déjà annoncé que tant qu'on ferait appel à eux, ils rendraient service et tâcheraient d'encadrer une équipe dans laquelle Petr Cech dans les buts, David Rozehnal en défense, Tomas Rosicky au milieu de terrain et Milan Baros en attaque sont appelés à devenir tôt ou tard les leaders.