Couples homosexuels : cinq ans depuis la signature du premier partenariat enregistré

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La ville de Prague se prépare à sa première Gay Pride, qui commence ce mercredi. La polémique lancée par l’entourage du président de la République sur la légitimité de la tenue de la manifestation fait quelque peu oublier que, depuis cinq ans, les couples homosexuels désireux de vivre en commun en République tchèque peuvent le faire grâce au partenariat enregistré. Et depuis l’instauration de la loi en juillet 2006, près de 1 200 couples ont conclu cette forme d’union civile.

Le 1er juillet 2006, premier jour de l’entrée en vigueur de la loi sur le partenarait enregistré, Josef et Karel étaient les premiers homosexuels en République tchèque à officialiser légalement leur union. Depuis, 1 180 autres couples, parmi lesquels 350 lesbiens, les ont imités dans leur démarche.

Même si la République tchèque a été un des premiers pays postcommunistes à adopter le partenariat enregistré, il a néanmoins fallu pas de moins de cinq tentatives avant de le faire adopter par le Parlement.

Contrat, le partenariat enregistré garantit le droit de conclure le pacte devant un représentant de l’état civil, le droit à l’information sur l’état de santé du partenaire ou encore la possibilité d’hériter du partenaire défunt. Côté obligations, la loi prévoit une éventuelle prestation compensatoire en cas de dissolution du partenariat. L’adoption des enfants n’est pas autorisée.

Jiří Hromada
Jiří Hromada était l’un des activistes gays les plus actifs lors de la lutte pour l’adoption de la loi. Il revient sur l’importance du partenariat enregistré pour la communauté homosexuelle tchèque :

« L’adoption de la loi en 2006 a été un grand succès, bien sûr. Mais je pense que le plus important a été le processus qui a abouti à ce succès. En 1990, quand le mouvement gay a commencé à s’activer en République tchèque, il n’y avait que 10% de la population qui acceptait notre différence. En 2006, l’année de l’adoption du partenariat enregistré, c’était déjà 70%. L’année dernière, on a annoncé que la tolérance avait progressé jusqu’à 75%. »

Le taux de dissolution du partenariat est assez bas – à peu près 7,5%. En comparaison avec le taux de divorce des couples hétérosexuels mariés, qui s’élève actuellement à environ 50%, les homosexuels apparaissent donc comme des partenaires stables. Jiří Hromada :

« Le faible taux de séparation des couples homosexuels est évidemment très réconfortant. Il est intéressant de constater que les couples de femmes représentent un tiers des partenariats enregistrés, mais aussi la moitié des couples divorcés. En général, les femmes homosexuelles s’enregistrent moins et se séparent plus. Peut être est-ce l’impossibilité d’adopter un enfant qui est à l’origine de ce phénomène. Pouvoir adopter est très important pour les femmes. »

La loi tchèque n’autorise pas les couples homosexuels à adopter un enfant. La situation pose problème, car là où une personne seule peut demander une adoption avant de conclure un partenariat enregistré, les couples enregistrés ne peuvent, eux, plus se porter candidats.