Crise gouvernementale: le Premier ministre Gross sur des sables mouvants

Stanislav Gross (Photo : CTK)
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Le gouvernement continue de se débattre pour sortir de la crise dans laquelle il est empétré depuis les révélations sur le financement obscur de l'appartement du Premier ministre, Stanislav Gross. Mercredi, les chefs des trois partis qui forment la coalition se sont réunis sans qu'aucune décision essentielle n'en soit ressortie. A l'approche de la session du Comité Central de la social-démocratie, samedi, Stanislav Gross a cependant fait savoir qu'il démissionnerait de son poste si la direction du parti ne lui manifestait pas un soutien total.

Miroslav Kalousek (Photo : CTK)
Le scénario et le décor sont identiques, seul change le héros principal de ce qu'il est désormais convenu d'appeler une mauvaise farce. Voilà à peine huit mois, au lendemain d'élections européennes désastreuses pour la social-démocratie, le dindon en avait été Vladimir Spidla. Déçu par la faible confiance manifestée par les siens, il avait préféré démissionner de ses postes de président du parti et de Premier ministre, laissant la voie libre à un successeur aux dents longues, Stanislav Gross. Aujourd'hui, c'est au tour de ce dernier de remettre son sort et une bonne partie de son avenir politique entre les mains des cadres d'une formation bien mal en point et au plus bas dans les sondages. Acculé dans les cordes par les chrétiens-démocrates et leur leader, Miroslav Kalousek, qui considèrent son départ comme une condition sine qua non à la poursuite de la coalition, mais aussi par une opinion publique frustrée et lassée de ses incessants volte-faces, Stanislav Gross, personnage politique pourtant le plus populaire du pays voilà quelque temps encore, ne disposait plus guère d'autre issue de secours dans l'immédiat.

Stanislav Gross (Photo : CTK)
Mais de répit, le chef du Cabinet n'en bénéficiera que jusqu'à samedi. Ensuite, il lui faudra trancher dans le vif, ce dont il a été incapable jusqu'à présent. Et s'il était maintenu en place par les sociaux-démocrates, un nouveau gouvernement serait à recomposer, les chrétiens-démocrates quittant le bateau. Stanislav Gross, plus jeune Premier minsitre de l'Union européenne, pourrait alors s'inscrire dans l'histoire comme le premier homme politique tchèque depuis la révolution en 1989 à tendre la main aux communistes et leur demander de soutenir une nouvelle coalition minoritaire. Un dernier rebondissement en forme d'épilogue certes extrême mais qui serait digne de ce feuilleton rocambolesque et du niveau du débat mené jusqu'à présent...