Czechtek 2006 : décibels et uniformes

Photo: CTK

C'est parti pour une nouvelle Czechtek, le festival de musique techno gratuit organisé chaque année en République tchèque. L'année dernière, la fête s'était terminée dans le sang après l'intervention des forces de l'ordre. Cette année, organisateurs et autorités se sont mis d'accord pour préparer conjointement l'événement, sur un terrain appartenant à l'armée.

Photo: CTK
Fin juillet 2005 : la charge des policiers anti-émeutes met fin à la Czechtek organisée dans un champ près de la ville de Tachov, en Bohême de l'Ouest. Des dizaines de personnes, parmi les policiers et les participants, sont blessées. La brutalité des affrontements entraine alors une polémique et des manifestations devant le ministère de l'Intérieur.

Cette année, les autorités ont donc tenté de prendre les devants et ont loué pour une modique somme aux organisateurs un terrain militaire à Hradiste, toujours dans l'ouest du pays. Vendredi matin, entre 2000 et 3000 participants étaient déjà arrivés sur place et des centaines d'autres sont attendus d'ici dimanche. Parmi eux, un bon nombre d'étrangers, pour qui la Czechtek est devenue un passage obligé sur la route des festivals qui les mène jusqu'en Hongrie, voire plus loin encore vers l'est.

Vendredi, aucun incident n'avait encore été signalé. A la frontière germano-tchèque, les forces de l'ordre affirment avoir arrêté trois individus en possession de drogues qui avaient l'intention de se rendre à la CzechTek. Ilona Tymlova est la porte-parole de la police de Bohême occidentale :

Czechtek, photo: CTK
« Les contrôles effectués dans un train nous ont permis de trouver entre des sièges des sachets contenant de la cocaïne, des amphétamines, et des ecstasy. La police allemande a interpellé trois ressortissants étrangers, français et hollandais. Il s'est avéré que les drogues étaient destinées à leur consommation personnelle et à la revente à la CzechTek. Après une journée de procédure judiciaire, ces trois personnes ont été autorisées à reprendre la route. »

Pour le ministre de l'Intérieur, le fait que la free party soit pour la première fois organisée officiellement ne peut que contribuer à faciliter son bon déroulement. Frantisek Bublan :

« Le fait que ce soit organisé sur un terrain militaire permet d'éviter les problèmes que nous avons eus l'année dernière, à savoir la question de l'occupation légale du terrain. Notre priorité est d'assurer la circulation autour du terrain et qu'il n'y ait pas d'incendie, que l'ordre public et la sécurité ne soient pas menacés dans les communes avoisinantes. »

En tout cas, si les habitants des communes voisines se sont montrés quelque peu effrayés par la foule, les commerçants de la région se frottent les mains et vont rester ouverts tout le week-end...