De l'intérêt en Tchéquie pour la main-d'oeuvre étrangère

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C'est un changement radical qu'il faudrait attendre, dans un avenir proche, en matière de politique de l'immigration en République tchèque. Plus de détails avec Omar Mounir.

Le ministère du Travail et des Affaires sociales est en pleine préparation des nouvelles règles appelées à recevoir application en matière de travail et des affaires sociales. Il ressort des dires des responsables que la République tchèque marche sur les traces de l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis et tous les pays qui sont dans le besoin d'une main-d'oeuvre étrangère adaptée à la demande.

Selon le vice-ministre du Travail, Jiri Rusnok, à l'avenir, les travailleurs immigrés sont appelés à résoudre non seulement l'insuffisance de certaines professions dans les firmes tchèques, mais aussi les insuffisances du système des retraites tchèque. Les travailleurs étrangers vont combler le manque à gagner dans les cotisations pour la retraite, à cause de l'inversion de la pyramide démographique en Tchéquie.

Actuellement, les étrangers séjournant et travaillant en République tchèque régulièrement sont de l'ordre de 99.000 dont 37.000 Slovaques, ces derniers étant avantagés parce que non tenus d'avoir un permis de travail. C'est à Prague où ces travailleurs sont les plus nombreux: quelque 16.000. Une situation qu'a permis le faible taux de chômage à Prague où l'on ne compte pas plus que 23.000 demandeurs d'emploi. Bien sûr, le problème de la qualification fait obstacle à l'embauche de ces demandeurs dans les places offertes. D'où le recours à la main-d'oeuvre étrangère.

Mais le problème n'est pas aussi simple. C'est à Mlada Boleslav, en Bohême de l'est, par exemple, que l'on trouve le plus grand nombre d'opportunités de travail. Mais il s'agit, la plupart du temps, de travaux pénibles dont ne veulent pas les Tchèques, souvent faute d'aptitude physique. On retrouve là un air de déjà vu. La République tchèque s'approche de ce point de vue des pays de l'Union européenne. Une caractéristique qui, si elle n'est pas un critère de l'admission, en est un indice.

Quoique, là aussi, l'intrigue trouve place. Des entrepreneurs offrent parfois de faibles salaires aux candidats tchèques afin de trouver dans leur désintéressement motif à demander l'autorisation de recruter la main-d'oeuvre étrangère, moins exigeante et plus corvéable. Dans tout cela, l'informel prend aussi sa part et même grande. La main- d'oeuvre travaillant au noir en Tchéquie est évaluée à 100.000 individus. Du fifty-fifty avec les réguliers.

C'est dans le cadre de contrats passés avec des Etats, que Prague entend attirer les spécialistes et les non-spécialistes vers le pays. Ces contrats existent déjà avec l'Allemagne, la Pologne, le Viêt-nam, l'Ukraine et la Russie. D'autres contrats sont à l'étude avec d'autres pays. Des responsables se félicitent déjà à l'idée d'une Tchéquie multi-culturelle et multi-éthnique. A se croire en Occident.

Auteur: Omar Mounir
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