Début du baccalauréat tchèque : les mathématiques peu populaires

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Les examens de la maturita, le baccalauréat tchèque, ont débuté ce vendredi pour 87 500 lycéens. Certains planchent le matin sur les mathématiques, tandis que d’autres ont choisi de passer l’après-midi l’épreuve d’anglais. Réformée en profondeur il y a quatre ans, la maturita, qui est désormais la même pour tous les élèves de République tchèque, ne subit pour une fois pas de changements particuliers cette année. A l’avenir, le ministre de l’Education Marcel Chládek (ČSSD) souhaite cependant que les mathématiques deviennent une épreuve obligatoire.

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« Ne pas souffler, ne pas déranger les autres, ne pas recopier. Durant l’épreuve, il est possible de boire et de manger ». Les règles sont claires pour les lycéens qui, jusqu’au 13 mai, s’attaquent aux épreuves écrites de l’examen validant leurs années d’enseignement secondaire. Les mathématiques ne font pas recette chez les élèves qui pour les deux tiers ont préféré tenter de faire valoir leurs connaissances dans une langue étrangère. Un constat qui fâche quelque peu le ministre de l’Education, le social-démocrate Marcel Chládek :

« Nous avons plus de lycéens qui s’inscrivent aux épreuves de langue plutôt qu’aux épreuves de mathématiques. C’est une des choses que j’aimerais changer à l’avenir : changer le regard porté sur les mathématiques. Le débat sur leurs caractères obligatoires ou non est donc tout à fait légitime. Les élèves actuels ne doivent pas pour autant s’en inquiéter. »

Le ministre, qui a présenté ses vœux de réussites à la jeunesse de la nation en remémorant ses propres exploits lors d’une épreuve de russe où il fit l’éloge de Youri Gagarine, entend changer la donne et faire à terme des mathématiques une matière obligatoire. Mais pas avant 2020 car, selon lui, les élèves doivent pouvoir se préparer à une telle épreuve. De la même façon, Marcel Chládek aimerait travailler sur la pédagogie pour rendre géométrie, arithmétique et autre algèbre plus attractifs :

Marcel Chládek (à droite), photo: ČTK
« Nous avons toute une série de nouvelles méthodes d’enseignement des mathématiques et je crois que cela doit commencer par la formation des professeurs dans les facultés de pédagogie. Ainsi il s’agit de ne pas seulement former des spécialistes sur des problématiques particulières mais des personnes qui savent transmettre ce savoir de façon intelligible et adaptée à l’âge des élèves. »

Directeur d’un lycée pragois, Jaromír Kozel est d’accord avec son ministre pour déplorer le manque d’attractivité des mathématiques. Lui-même considère que son enseignement pourrait bénéficier des nouvelles technologies :

« Il y a divers logiciels et d’autres supports qui permettent de rendre plus attractive et d’égayer un peu cette matière parfois perçu comme une science entre guillemets quelque peu « aride ». »

En attendant cette petite révolution pédagogique, les lycéens du millésime 1994/1995 auront achevé leurs épreuves écrites le 13 mai. Trois jours plus tard, ils auront connaissance de leurs résultats et pourront alors se concentrer sur leurs oraux.