Un an d’écoles fermées en République tchèque

Photo illustrative: Steven Weirather/Pixabay, CC0

Actuellement toutes fermées sans exception en raison de la situation sanitaire, les écoles en République tchèque ne rouvriront très probablement pas leurs portes avant les vacances de Pâques. Et ce alors que se profile déjà la fin d’une année scolaire qui n’a jamais véritablement démarré pour une majorité d’élèves.  

Il y a un an, le 10 mars 2020, dix jours seulement après que la présence du coronavirus a été confirmée en République tchèque aussi, Andrej Babiš annonçait la fermeture de toutes les écoles du pays.

A ce moment-là, alors que la panique s’emparait de l’Europe, cinquante cas de contamination avaient été détectés dans le pays. Du jour au lendemain, le quotidien de millions d’enfants, de parents et d’enseignants s’en est trouvé bouleversé.

Mais à l’époque, curiosité et incertitude prévalant encore, cette fermeture des écoles et le passage pour beaucoup de Tchèques en mode télétravail étaient considérés soit comme des vacances supplémentaires, soit comme une expérience et la découverte d’un éventuel nouveau mode de vie.

Photo illustrative: Michaela Danelová,  ČRo

Un an plus tard, l’état d’esprit a bien évolué. Et comme l’exprime clairement la petite Ema, une élève de troisième classe de l’enseignement primaire démotivée qui n’a plus remis les pieds à l’école depuis décembre dernier, « už mě to nebaví » - comprenez les cours en ligne « ça ne m’amuse plus » ou plutôt « j’en ai marre ».

A l’exception des enfants des écoles maternelles et des deux premières classes de l’enseignement primaire, qui ont malgré tout passé environ deux tiers de l’année scolaire en mode présentiel, et sans même tenir compte des traditionnels deux mois de « grandes vacances » estivales, tous les autres élèves en République tchèque ont passé plus de temps chez eux qu’à l’école.

Au total, depuis le 11 mars 2020, les universités et écoles supérieures n’ont ainsi pu accueillir leurs étudiants que le temps de vingt-huit jours. Dans peu d’autres pays en Europe, les écoles ne sont restées aussi longtemps fermées qu’en République tchèque depuis donc un an.

Photo illustrative: Lenka Žižková

Avant que la dégradation de la situation sanitaire n’entraîne un nouveau renforcement du confinement, une réouverture progressive des écoles, majoritairement restées fermées depuis les vacances de Noël, avait été envisagée à compter du début du mois de mars. Désormais, le gouvernement ne s’aventure plus à avancer un quelconque horizon de temps.

Malgré l’amélioration de la situation épidémiologique observée depuis la fin de la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur a d’ores et déjà prévenu que les fêtes de Pâques ne seront « pas normales » cette année non plus et qu’il ne fallait pas s’attendre à de levée notable des mesures de restriction d’ici-là. Il est donc tout aussi probable que les écoles garderont portes closes au moins pour quelques semaines encore.

Du coup, comme l’année dernière déjà, se repose à l’approche du printemps et, déjà, de la fin de l’année scolaire, la question de la tenue ou de l’annulation des examens, plus particulièrement pour la « maturita » - l’équivalent tchèque du baccalauréat en France.

'Maturita'  (Le baccalauréat),  photo: Šárka Škapíková,  ČRo

Dimanche dernier, le Premier ministre avait déclaré que l’organisation d’épreuves ne constituait pas une nécessité. Selon Andrej Babiš, qui estime que les employeurs ne s’intéressent de toute façon pas à ce niveau d’études, le diplôme pourrait alors être délivré sur la base d’un contrôle continu, un moyen d’épargner du stress aux élèves.

Mercredi, finalement après les nombreuses réactions de désaccord qu’ont suscitées les réflexions à voix haute du chef du gouvernement, qui a reconnu que son idée n’était « pas bonne », le ministre de l’Education, Robert Plaga, a annoncé diverses mesures devant permettre aux écoles et aux élèves de s’adapter à la situation.

Si une annulation des examens n’est pour l’heure pas envisagée, un report de leur tenue de quelques semaines en mai et juin est néanmoins prévu, tandis que les épreuves orales de tchèque et langue étrangère seront exceptionnellement facultatives.