Directeur de casting à Prague : « Les self-tapes permettent de faire un casting dans le monde entier »
Installé à Prague depuis quelques années, Hervé Jakubowicz est directeur de casting depuis plus de trois décennies. Il a travaillé avec certains des plus grands noms du cinéma, dont Spielberg, Iñárritu, Vinterberg, ou Hazanavicius. Au micro de RPI, il revient sur son parcours et l’évolution de son métier ainsi que sur son premier livre publié en Tchéquie.
Extraits de cet entretien disponible en audio ci-dessus :
« Bonjour, je m’appelle Hervé Jakubowicz et je suis français, je suis multi-casquette. Pour me présenter, c’est toujours un peu compliqué, je ne sais pas par quoi commencer. Mon activité principale, c’est directeur de casting pour le cinéma. »
Comment devient-on directeur de casting ?
« Il n’y a pas d’école. C’est un métier qui est doucement apparu en France en réalité, et qui, quand j’ai commencé, n’était pas très en place. Il y avait une poignée ou peut-être cinq directeurs ou directrices de casting à l’époque. C’est un métier américain et en France, à l’époque, le casting était organisé par le premier assistant réalisateur. Donc, il n’y a pas d’école en fait, on apprend sur le tas. Maintenant, il y a beaucoup de gens qui font ce métier. C’est un métier qui s’est vraiment démocratisé, mais voilà, il n’y a pas… Mais moi, je suis tombé dedans par hasard. »
Vous êtes devenu l’assistant de quelqu’un ?
Hervé : « Oui, alors je travaillais déjà dans le cinéma. J’ai toujours voulu travailler dans le cinéma, donc je n’étais pas là par hasard. Et un jour, une jeune directrice de casting, puisqu’elle allait faire son premier long-métrage, cherchait un assistant. Elle m’a proposé la mission. Je me suis dit : oh bah tiens, je vais voir. Je suis curieux de rencontrer les comédiens, de voir comment ça se passe. Et puis, j’ai eu le feeling en fait. »
Ça fait à peu près 35 ans, si je ne me trompe pas. Vous avez à votre actif des films avec de très grands noms du cinéma. Steven Spielberg, Alejandro G. Iñárritu, Thomas Vinterberg, Michel Hazanavicius… Comment votre métier a-t-il évolué depuis vos débuts ?
« C’est le jour et la nuit, entre le début des années 90 et aujourd’hui. D’abord parce que, à nouveau, c’est un métier qui démarrait, donc quelque part on l’inventait. Et puis, il y a eu une première révolution avec les ordinateurs. Quand j’ai commencé, on travaillait avec des classeurs, avec des photos. Ensuite, l’informatique est arrivée, puis Internet. Maintenant, tous les agents ont des sites, etc. Et ce qui a beaucoup évolué plus récemment avec l’avènement des petites caméras et d’un Internet rapide, c’est qu’on peut aussi demander aujourd’hui aux comédiens de se filmer eux-mêmes et de nous envoyer la vidéo. Ce qu’on appelle les self-tapes. Ça permet de faire un casting dans le monde entier, en quelques semaines, et ça, c’est une vraie révolution. C’est un énorme changement qui s’est accéléré depuis le Covid. »
Alors c’est très débattu dans le monde du cinéma, le concept de self-tape. Est-ce que vous pouvez expliquer ce que c’est exactement ?
« La self-tape, c’est exactement un casting, mais à la différence de venir me rencontrer dans un studio, on va envoyer la scène au comédien, comme on l’aurait fait sur un casting normal. Mais au lieu que ce soit moi qui le filme, il va se filmer lui-même. Et moi, mon métier, ça va être de regarder la vidéo et de voir ce que je fais de cette personne. Ce qui ne m’empêche pas de la rencontrer dans un deuxième temps. Mais ça va être un premier filtre. Après, il y a beaucoup de réticences encore. Mais mon argument, c’est que la question n’est pas si on aime ça ou pas. C’est qu’on est au XXIᵉ siècle, et ça se passe comme ça. »
La self-tape ne doit pas être confondue avec une bande démo, qui n’est donc pas sur une scène en particulier.
« Non, et même chez les acteurs professionnels, parfois, l’erreur est commise. Ça n’a rien à voir. Une bande démo, c’est un montage de vidéos, en général tirées de films que le comédien ou la comédienne a faits. Il choisit les meilleurs passages pour sa propre promotion. Donc, il va envoyer ça après au directeur de casting, ou créer son propre site, ou le mettre sur le site de son agent. La self-tape, c’est vraiment un casting. C’est moi qui choisis la scène, et je demande à la personne de se filmer. »
Connaître son texte : le fondement même du travail de comédien
Je crois que l’un de vos principaux conseils, notamment dans les vidéos que vous diffusez - et ça a l’air de tomber sous le sens, mais apparemment ce n’est pas toujours le cas et loin de là -, c’est de connaître son texte. Vous dites qu’il n’y a pas loin d’un acteur sur deux, ou d’une actrice sur deux, qui ne connaissent pas vraiment leur texte… Qu’en est-il par ailleurs du facteur trac dans un casting, … Est-ce qu’un directeur de casting met de côté la pression qu’il y a à l’instant T sur l’acteur, ou vous dites de toute façon : s’il a le trac maintenant, il l’aura sur le plateau ?
« D’abord, le texte est le fondement même du travail du comédien. C’est comme si on demandait à un musicien de jouer un morceau de Chopin et qu’il a vaguement bossé la partition. Et même s’il l’a bien bossé, est-ce qu’il l’a suffisamment bossé ? On ne peut rien interpréter tant que ça, ce n’est pas réglé : c’est la dimension technique. Alors ça, c’est la première partie de la réponse. »
« La deuxième question sur le trac : tout le monde a le trac en casting toute sa vie. Donc évidemment j’en tiens compte et j’estime que la personne perd peut-être 20 % de ses moyens, mais tout le monde. Donc en fait, tout le monde est à la même enseigne. Avec le métier et à force de passer des castings, les gens expérimentés maîtrisent. On va voir la jugulaire qui bat un peu fort, mais on sait. Ça ne va pas leur nuire au tournage, parce qu’en fait, au tournage, la personne se sent choisie, elle se sent élue et ça n’a plus rien à voir. Elle ne se sent plus jugée. Qu’on le veuille ou non, en casting, la personne a l’impression qu’elle se met nue et qu’elle va être jugée, qu’elle aura une bonne note ou une mauvaise note. Ce qui n’est pas le cas, mais c’est la sensation que les gens ont, donc ils ont le trac. »
Est-ce que la self-tape et le développement de technologie vous permet aujourd’hui, basé en partie à Prague, de tout faire depuis ici ?
« Presque. Alors pas tout, non, parce qu’il y a un moment où il faut rencontrer le réalisateur ou la production. On fait aussi en casting ce qu’on appelle des callbacks. Les callbacks, c’est quand on a fait une première vague de comédiens et qu’on hésite un peu. On en a trois qu’on aime bien sur un rôle. On va les rencontrer, refaire soit la même scène, soit d’autres scènes plus difficiles, très souvent en présence du réalisateur. Donc ça, on ne peut pas le faire virtuellement. On le fait sur des cas exceptionnels. Mais là, on va quand même essayer de rencontrer les gens. Mais c’est vrai qu’il y a encore quelques années, il aurait été impossible pour moi de vivre entre deux villes. Aujourd’hui, je peux tout à fait faire une partie du travail en self-tape. Et puis Paris-Prague, c’est une heure et quelques de vol. Donc en fait, c’est un peu comme habiter entre Lyon et Paris en réalité. »
Families Like Ours, tourné par Thomas Vinterberg en partie en Tchéquie
Est-ce que vous avez des contacts particuliers avec le cinéma tchèque ?
« Alors, pas énormément pour l’instant. J’espère que ça va se développer. J’ai quand même travaillé sur la série écrite et réalisée par Thomas Vinterberg, qui s’appelle Families Like Ours, diffusée sur Canal+ il y a quelques mois et qui s’est en partie tourné en République tchèque, ce qui m’a permis de travailler ici pour certains rôles. »
Ça veut dire quoi, travailler ici pour certains rôles ?
« Ça veut dire qu’à un moment, ils allaient tourner en Tchéquie et qu’ils ne voulaient pas amener tout le monde de l’étranger. Ça coûte cher de déplacer des gens. Donc, quand on peut les trouver là où ils vivent, c’est plus facile. Donc, j’ai cherché des acteurs tchèques, mais pas seulement : on avait besoin d’une Ukrainienne. Donc, j’ai aussi cherché des actrices ukrainiennes vivant ici. J’ai cherché aussi des gens parlant très bien anglais vivant ici, parce que c’est un projet très international qui se passe sur toute l’Europe. »
Vous avez fait déjà du casting sauvage, qui est un autre élément de votre métier qui est très discuté ces derniers temps. Le pratiquez-vous encore et est-ce que vous le pratiquez ici ?
« Je n’ai pas eu l’occasion de le pratiquer ici. J’avais fait aussi un autre casting pour une série française qui s’était tournée ici, mais à distance, une série qui s’appelle Totems de Jérôme Salle. Mais je n’étais pas venu ici, je l’avais fait depuis Paris. Le casting sauvage, je vais le faire quand c’est nécessaire. Ça ne va jamais être la première décision. On va décider d’en faire quand on ne peut pas trouver dans les professionnels ce qu’on cherche, en général, pour des raisons de réalisme. »
« Par exemple, ça avait été le cas sur Babel au Maroc. On voulait vraiment des gens qui aient vécu dans des villages, qui connaissent les animaux et la vie sur place. Donc, on est allé dans des villages chercher des vrais gens et non pas des acteurs de Casablanca. Je l’ai fait aussi pour Michel Hazanavicius sur The Search, un film sur la guerre en Tchétchénie. Il n’y a pas d’acteurs tchétchènes en France et très peu en Europe. Donc, j’ai vraiment travaillé dans des villages avec de vrais Tchétchènes. Ça justifie un casting sauvage. Parce qu’après, c’est très dur sur le plateau de travailler avec des non-acteurs. C’est beaucoup d’énergie, c’est beaucoup de risques. Donc, on ne va pas le faire juste comme ça. »
« J’ai écrit à tous les théâtres de Prague et de Brno »
Vous avez fait un casting sauvage pour trouver notamment l’enfant qui, dans le film d’Iñárritu Babel, tire sur Cate Blanchett. Le réalisateur était prêt à voir 5000 enfants, mais vous l’avez trouvé directement et rapidement. Est-ce qu’il y a un moment, dans ce genre de casting, où on se dit : je vais changer la vie de cet enfant pour toujours. Est-ce que j’ai vraiment envie de bouleverser sa vie ?
« Oui, c’est quelque chose qui rentre vraiment en compte, encore plus quand il s’agit d’enfants. C’était une question qu’on avait soulevée très fortement aussi avec Michel Azanavicius, avec les Tchétchènes, parce qu’il y avait aussi des enfants. Et même au-delà du casting sauvage, j’ai fait un casting à Moscou sur un film sur la Tchétchénie et c’était pour les acteurs un risque sur leur propre vie. Donc la question peut se poser dans plein de cas. Après, avec des enfants, s’ils n’ont pas eux-mêmes déjà un immense désir de faire ça, ils ne viendront pas au casting ou alors ils vont échouer parce qu’ils n’ont pas ça dans le sang. En général, les enfants choisis en ont vraiment envie. Il y a un rêve en eux, une facilité. Ça ne veut pas dire que ça va bien se passer forcément. Certains font l’expérience d’un film et disent plus jamais. Mais ils auront essayé et je pense qu’ils auront quand même un peu kiffé dans l’instant. Mais c’est vrai que ça peut être bouleversant, parce qu’après on retourne à la vie normale. Et le rêve du cinéma s’arrête. »
Qu’est-ce qu’il est devenu, cet enfant marocain ? Vous le savez ?
« Oui. D’abord, Iñárritu avait été assez classe : il y avait deux enfants, parce que c’étaient deux frères. Il a financé de sa poche des études pour eux. Le petit garçon principal, qui tire dans le film, avait perdu sa maman trois mois avant le tournage. Donc il y avait toute une histoire assez touchante. Et il est devenu guide pour les touristes et leur fait visiter les lieux du tournage de Babel. En tout cas, il y a quelques années. Aujourd’hui, je ne sais pas. »
Beaucoup d’acteurs français tournent ici. Je me souviens avoir croisé pendant le Covid dans le centre de Prague Jonathan Cohen qui tournait pour Netfilx. Frank Dubosc a tourné dans la campagne tchèque récemment. Le fait qu’à Prague se tournent de nombreuses productions audiovisuelles peut-il faciliter votre travail ?
« C’est une des choses que j’aimerais développer petit à petit. Je le dis en France déjà : j’ai un pied ici. J’ai moi-même contacté énormément de comédiens tchèques spontanément en disant que je crée une base de données. J’ai écrit à tous les théâtres de Prague et de Brno. J’ai reçu pas mal de réponses. Les comédiens ont toujours envie de participer. Donc, en général, c’est eux qui font la démarche. Et là, c’est moi qui écrivais en disant : ça ne vous coûte rien, vous serez dans ma base. Et en parallèle, j’en parle en France et ailleurs. On verra, ça va prendre ou pas. Dans le cinéma, on ne sait jamais trop par où ça passe. »
Un avant et un après Babel
Dans quelle mesure les plateformes comme Netflix ont-elles changé votre travail ?
« Ça a amené du travail. Ça a compensé la violence du Covid pour le cinéma, qui s’est figé pendant plusieurs mois. Monter un film est plus compliqué depuis. Par contre, les télévisions et plateformes ont besoin de contenu. Il y a eu Netflix, puis Amazon, Disney, Apple… Moi, j’essaie de regarder ça du bon côté : il y a du boulot, des projets avec de grands réalisateurs. Ça peut être aussi des longs-métrages. Là, je sors d’un casting pour Jean-François Richet pour Netflix, un énorme film. On a fait exactement le même travail que pour le cinéma. »
Il s’agit de Quasimodo. Vous en êtes où ?
« Moi, j’ai fini. On fait des petites retouches comme toujours, mais le film est en tournage. En général, quand il arrive au moment du tournage, on est censé avoir fini. »
Concernant les principales expériences de votre carrière, est-ce celles du début qui marquent à tout jamais ?
« Pour moi, le tout début a quelque chose d’excitant, parce qu’on apprend le métier. Mais il y a eu des grandes étapes. À travers des réalisateurs et leurs films, il y a eu des événements majeurs qui ont changé mon parcours. C’est sûr qu’il y a un avant et un après Babel. D’abord parce qu’Alejandro González Iñárritu est un immense réalisateur, qu’on apprend énormément à son contact, qu’on est obligé de se surpasser. Et ça a ouvert des portes : ça m’a permis de travailler avec Steven Spielberg, quasiment dans la foulée. Ce n’est pas rien. À l’âge que j’ai, rencontrer un monsieur comme Spielberg, ce n’est pas rien, parce que c’est probablement un peu lui qui m’a donné envie de travailler dans le cinéma. Et à un moment, on rencontre le monsieur et on travaille avec lui. »
C’était pour le film Munich. Sur quels rôles avez-vous travaillé ?
« Je ne me souviens plus exactement, mais j’ai dû bosser sur 40 rôles. En fait, Munich a énormément de personnages, parfois de petits rôles d’une journée. De familles qui regardent la télé au début, à un jeune terroriste à un moment donné. Je n’ai plus en tête les rôles, mais ça a été plusieurs semaines de travail. »
Et dans ce cas-là, énorme production américaine, est-ce qu’on est amené à rencontrer le réalisateur Spielberg en personne ?
« Alors, ça dépend des projets. Sur celui-ci, Spielberg lui-même était en promotion de La Guerre des mondes. C’est une machine énorme derrière ses films. En général, il y a un directeur de casting principal, en l’occurrence basé à Londres, qui chapote et engage d’autres directeurs dans d’autres pays. Ça a été le cas. Donc, mon référent, c’était plus cette directrice de casting à Londres. J’ai eu la chance de rencontrer Spielberg parce que je suis allé sur le plateau. Mais je n’ai pas travaillé en direct avec lui. Le casting, c’est un métier assez intime avec le réalisateur. Mais sur de grosses machines qui se tournent dans plusieurs pays, on n’a pas toujours cette possibilité. »
Avec les Kurdes jusqu'à Mossoul
Vous avez récemment publié un livre ici en Tchéquie qui s’appelle L’Aigle de Diyarbakir. Vous vouliez prendre un peu de recul après ces années dans le cinéma ?
« Non, c’était par hasard. En fait, j’ai fait un voyage en Irak en 2016 et 2017 avec l’idée d’en tirer un film que j’ai commencé à écrire. Le sujet étant sensible, compliqué à tourner, je n’ai pas réussi à monter le projet qui a failli se transformer en documentaire, qui ne s’est pas fait non plus. Puis, j’ai laissé mûrir. J’étais parti avec l’idée un peu folle d’aller en Irak en me disant que j’allais bien trouver une histoire là-bas. Et deux jours avant que j’arrive, s’est déclenchée la bataille de Mossoul contre Daech. J’ai hésité d’ailleurs à y aller à ce moment-là en me disant bon, ça va être hyper dangereux. Et en même temps, je me suis dit tu voulais une histoire, tu as une histoire. Voilà. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans l’aventure avec les Kurdes à aller jusqu’à Mossoul malgré les risques et à avoir toute cette matière. »
« À un moment je me suis dit que je n’avais pas le droit de laisser tomber, après avoir été le témoin de quelque chose comme ça. Il me fallait en tirer quelque chose, parce que j’ai parlé à énormément de gens, fait beaucoup d’interviews. J’avais toute cette matière, des photos. Je me sentais une responsabilité et ne pouvais pas laisser ça dans un tiroir en fait. Et j’ai recommencé à écrire en partant de mes photos. C’est devenu un roman mais malgré moi en fait. Ce n’était pas prévu. »
« Et pourquoi publié ici en Tchéquie ? D’abord, je l’ai écrit en français et j’avais commencé à démarcher des maisons d’édition en France. D’ailleurs, ça a failli se faire assez vite. Puis ça ne s’est pas fait. Et j’ai rencontré Barbara Barunova, qui a la maison d’édition wo-men, et a adoré le projet. Elle a eu cette idée un peu folle de dépasser le roman. C’est une auto-fiction avec les photos prises sur place. Il y a des pages qui montrent certaines photos qu’a pris ce personnage. Et ça ne se passe pas qu’en Irak. C’est toute une histoire d’amour qui se passe sur 25 ans. Ça se passe à New York, en Bosnie, etc. »
Est-ce que le fait d’être installé ici à Prague maintenant va vous inciter à pousser des productions à tourner davantage ici ?
« Ce n’est pas forcément ma place en tant que directeur de casting. Ça peut arriver. C’est-à-dire qu’au fil d’une discussion, je pourrais être amené à donner mon avis. Mais ça ne va pas être ma fonction principale. »
« Les productions qui tournent en Tchéquie ont besoin de bons techniciens »
Connaissez-vous déjà des films tchèques récents ou des acteurs du cinéma contemporain ?
« J’essaye de me tenir au courant. Je suis allé voir un ou deux films quand il y a la possibilité de les voir avec des sous-titres. Parce que mon tchèque est très limité. Ça va évoluer, mais il va peut-être falloir 20 ans ! Mais mon boulot, c’est aussi de me tenir au courant de tout ce qui se passe dans le monde. Et donc, même si j’ai un pied ici, je vais aussi essayer de m’intéresser aux projets espagnols ou allemands ou mexicains. Parce que je ne sais pas quel est mon prochain film. Il y a peut-être une discussion en cours en ce moment pour un film où il y a une grosse partie du casting en Espagne. »
De ce qu’on peut entendre sur nos ondes également, en général, les productions étrangères qui viennent ici disent que le professionnalisme des Tchèques est à un très bon niveau et que le prix reste encore inférieur à l’Ouest. Est-ce que c’est ce que vous entendez également des professionnels du cinéma ?
« Oui, tout à fait. Il y a une bonne réputation. Comme il y a beaucoup de films internationaux, de films et de séries qui viennent se tourner ici, forcément, des gens qui ont beaucoup travaillé prennent de l’expérience. En plus, quand un projet international vient dans un autre pays, c’est souvent un gros projet. Donc, il y a des moyens et ils ont besoin de bons techniciens. Effectivement, dans les retours que j’ai et l’expérience que j’ai eue, c’était tout à fait agréable de travailler avec des Tchèques. »







