Diverses balades dans les alentours de Český Krumlov

Český Krumlov, photo: Vojtěch Ruschka

Avec son château qui se dresse au-dessus de la rivière Vltava, son théâtre baroque et ses ruelles pittoresques, la ville de Český Krumlov, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, représente une destination très populaire auprès des touristes étrangers. Pendant leur séjour, très peu sont néanmoins ceux qui s’intéressent aux alentours de cette ville, pas moins intéressants que la ville même. Radio Prague vous propose donc de les découvrir dans sa nouvelle rubrique touristique.

Sur les traces de la riche histoire de la région

Český Krumlov,  photo: Vojtěch Ruschka
La région de Český Krumlov, typique pour ses méandres de la rivière Vltava qui prend sa source dans les montagnes voisines, jouit depuis le Moyen-Âge d’une grande importance au sein des pays tchèques. Avec la ville de Český Krumlov pour capitale, la région a successivement appartenu aux familles Rosenberg, Eggenberg et Schwarzenberg. C’est notamment la première qui a fondé de nombreux châteaux qui se trouvent dans les alentours et dont il ne reste souvent que des ruines. Radio Prague a rencontré Marie Hotařová, guide touristique à Český Krumlov, qui a présenté les principales beautés de sa région en commençant justement par le château-fort appelé d’après cette fameuse famille noble :

« Le château de Rosenberg se trouve pas très loin de Český Krumlov. C’est l’un des plus vieux châteaux qui appartenait aux Rosenberg en Bohême du sud. A l’intérieur, il y a des meubles d’époque, des tableaux ou une collection d’armes. Le château a été reconstruit plusieurs fois, donc on ne peut pas voir son état d’origine. Mais il est quand même très intéressant de le voir à l’intérieur. Et à partir de ce château de Rosenberg, il y a aussi une très belle vue sur les méandres de la rivière Vltava. »

A quelques kilomètres du château de Rosenberg se trouve le plus grand site religieux qui a pendant longtemps dirigé la vie spirituelle de la région, le monastère de Vyšší Brod :

Le monastère de Vyšší Brod,  photo: Vojtěch Ruschka
« Le monastère a été fondé par les cisterciens au XIIIe siècle. On peut le visiter en suivant deux itinéraires différents. Il y a une collection de tableaux et une grande bibliothèque. Le monastère possédait également de très beaux tableaux de l’époque gothique, du XIVe siècle, dont beaucoup se trouvent maintenant à la Galerie nationale à Prague. Et il appartient jusqu’à maintenant à l’ordre cistercien, donc des moines sont toujours présents dans ce monastère. »

Le monastère de Vyšší Brod possède également un trésor d’une grande valeur, une croix médiévale au cœur de laquelle repose un morceau de bois de cèdre âgé de 2000 ans, dont on dit qu’il est un morceau de la vraie Croix sur laquelle est mort Jésus-Christ :

La croix de Záviš,  photo: ČT24
« La croix de Záviš est un objet très rare. C’est une croix qui est fabriquée en bois de cèdre, il est couvert d’or et il y a jusqu’à cinquante pierres précieuses et jusqu’à deux cents perles, donc c’est un objet de grande valeur. »

Parmi les autres sites de la région datant de cette époque, il est possible de visiter les ruines du château et monastère de Kuklov, du château de Velešín ou du château de Dívčí Kámen. Ce dernier qui représente l’une des plus grandes ruines d’un château-fort en République tchèque, est situé à seulement 10 kilomètres de la capitale régionale. Son état délabré est dû à ses fondateurs, la famille Rosenberg qui l’a abandonné au début du XVIe siècle. Cet endroit est néanmoins encore plus important pour l’histoire tchèque car il témoigne de la présence séculaire de l’homme sur ce territoire :

Les ruines du château de Dívčí Kámen,  photo: Vojtěch Ruschka
« Il y a notamment de très jolies promenades dans les alentours. Juste à côté du château, il y avait des sites celtiques, donc des fouilles archéologiques y sont menées. Maintenant, on y a installé également des tableaux sur lesquels on trouve des explications sur la vie des Celtes. »

La région a néanmoins connu son époque glorieuse au XIXe siècle car elle était traversée par le plus vieux chemin de fer hippomobile en Europe, destiné au transport du sel, et qui reliait la ville de České Budějovice à la ville de Linz en Autriche :

Les restes du chemin de fer hippomobile,  photo: Vojtěch Ruschka
« C’était une chose très importante pour le développement économique de la région. A l’heure actuelle, il n’y a pas beaucoup de restes de ce chemin de fer hippomobile. Mais il y a une petite partie des rails qui s’est conservée pas loin de la ville de Velešín, ainsi qu’un bâtiment qui appartenait à l’ancienne gare. Et il a également un petit musée à České Budějovice. »

Enfin, en allant un peu plus loin en direction de České Budějovice, les touristes peuvent découvrir encore une autre curiosité du XIXe siècle, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco:

Holašovice,  photo: Ben Skála,  Benfoto,  CC BY-SA 3.0 Unported
« Il y a un village qui s’appelle Holašovice qui est un bel exemple d’un type d’architecture que l’on appelle le baroque paysan. C’est un village vraiment pittoresque où beaucoup de films ont été tournés. »

Le jeu de la Passion, une tradition du XIIIe siècle

A quinze kilomètres de Český Krumlov dans la direction du lac de Lipno se trouve un petit village qui s’appelle Hořice na Šumavě, un nom à ne pas confondre avec la ville de Hořice, située dans le nord de la République tchèque et connue notamment pour ses fameux pâtisseries, les rouleaux de Hořice. Ce village de Hořice na Šumavě, désigné parfois aussi comme « la porte de la Šumava », a une histoire très intéressante remontant au XIIIe siècle. Sur la place principale de ce village se dresse un ancien pilori installé en 1549 et accompagné de deux cuves destinés à mesurer la dîme, un impôt imposé par l’Eglise catholique à ses sujets.

Hořice na Šumave,  photo: Vojtěch Ruschka
Le village est néanmoins intéressant notamment pour sa longue tradition du jeu de la Passion, un spectacle présentant la vie et la mort du Christ. Cette tradition, fondée dans la région très probablement par les moines du monastère de Vyšší Brod, remonte au XIIIe siècle. Dans le musée régional, dont une partie est consacrée à cette coutume, on peut découvrir diverses photos, affiches, costumes ou même des textes et partitions de musique. Son responsable, Jan Winzig raconte la suite de l’histoire :

« Le jeu de la Passion a une longue tradition dans notre village. La première mention écrite date du 1816. Le spectacle était donné lors de la fête de Pâques sous une forme populaire, il était présenté dans les tavernes, sans costumes ou texte fixé. Mais en 1893, on a construit un vrai théâtre et les spectacles ont commencé à avoir une forme plus sérieuse. Ils avaient des textes écrits, de la musique, des costumes et le spectacle a commencé à avoir même un certain niveau théâtral. »

Ce fameux bâtiment, qui pouvait accueillir jusqu’à 1500 spectateurs, était l’un des plus modernes dans le pays. Ainsi, l’ensemble pouvait profiter de l’électricité produite à l’aide d’une dynamo, la salle possédait d’excellents mécanismes pour changer les coulisses ou même un orgue. Avec l’arrivée de la Seconde Guerre mondiale, la tradition a été interrompue. Le village, habité jusqu’à la fin de la guerre notamment par les Allemands, était en 1945 peuplé par les Tchèques. Ceux-ci ont traduit les textes tout en essayant de maintenir cette coutume vivante. Mais trois ans plus tard, l’arrivée du communisme, y a mis un coup d’arrêt. Dans les années 1950, le théâtre, visité pendant la première année de son existence par quelque 40 000 personnes, a été complétement détruit et le spectacle n’a été renouvelé que dans les années 1990 :

Le théâtre du jeu de la Passion,  photo: DeeMusil,  CC BY-SA 3.0 Unported
« La tradition a été renouvelée également grâce à Europassion (une association qui rassemble plus de 90 groupes qui se consacrent aux jeux de la Passion dans quinze pays d’Europe, ndlr). Ainsi, en France, en Allemagne, en Autriche ou aux Pays-Bas, tout le monde savait qu’à Hořice, en République tchèque, ce jeu y avait une longue tradition. Ils ont donc invité nos responsables au congrès de ces compagnies et avec leur soutien, la compagnie a été renouvelée, monsieur Pecka a écrit un nouveau texte et monsieur Krček a composé la musique. Nous avons eu de la chance car la mise en scène a été faite par monsieur Bašta, l’ancien chef du Théâtre de Bohême du sud de České Budějovice. La première a donc eu lieu cent ans après l’ouverture du théâtre, en 1993. Mais comme le théâtre en pierre a été détruit, le jeu de la Passion ne se produit plus dans un bâtiment mais en pleine nature. »

Le musée régional de Hořice na Šumavě,  photo: Wolfgang Sauber,  CC BY-SA 3.0 Unported
En visitant le musée régional, le public peut découvrir également une grande collection d’anciens postes de radio. Appartenant à un collectionneur privé, la collection propose de découvrir, parmi ses 180 appareils, par exemple le plus vieux poste sur le territoire tchèque.

Un peu plus loin dans la région…

La région de Český Krumlov est une destination idéale pour les amateurs d’histoire, mais aussi pour les amateurs de nature, de randonnées touristiques ou de cyclo-randonnées. Ainsi par exemple, la réserve Čertova stěna (Le mur du diable), qui a inspiré le fameux compositeur Bedřich Smetana à créer son opéra éponyme, se trouve à quelques pas seulement du monastère de Vyšší Brod et invite à découvrir les canyons de la rivière Vltava.

Situé à 25 kilomètres de la ville de Český Krumlov, le lac de Lipno offre de nombreuses activités été comme hiver. Parmi elles, une nouvelle attraction touristique, un parcours à travers les cimes des arbres, propose de voir les alentours d’une toute autre perspective.

Un peu plus loin, dans le cœur du parc naturel de Šumava, on peut admirer une nature sauvage et intouchée par l’activité humaine. L’une des plus belles balades mène sans aucun doute autour du canal de Schwarzenberg qui servait à la navigation du bois et du lac glaciaire Plechý sur le mont éponyme, le plus haut sommet des montagnes de la Šumava, situé à la frontière de la République tchèque et de l’Autriche.

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