Du rififi à l’ODS

Vlastimil Tlustý, photo: CTK
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A un mois de la tenue des élections régionales et sénatoriales partielles, l’actualité sur la scène politique reste mouvementée. La situation est principalement tourmentée au sein du Parti civique démocrate (ODS). Suite à l’affaire dite « Morava », député peu scrupuleux contraint de démissionner, deux autres membres ont décidé de quitter le groupe parlementaire de la principale formation de la coalition gouvernementale. Parallèlement, deux proches collaborateurs du Premier ministre Mirek Topolánek ont été convaincus de tentative de corruption.

Jan Schwippel, photo: CTK
Mercredi aura donc été une journée noire pour l’ODS. Dans la matinée, c’est d’abord le député Jan Schwippel qui a annoncé qu’il se retirait du groupe parlementaire. Une décision motivée, assure-t-il, par la manière dont la direction du parti gère l’affaire Morava. Rappel des faits : l’affaire Morava a mis en lumière, à travers un reportage télévisé et une caméra cachée, les pratiques mafieuses en cours dans les coulisses de la politique tchèque. Elle a impliqué Jan Morava, un jeune député de 29 ans pris au piège alors qu’il achetait au journaliste auteur du reportage des photos présentées comme compromettantes, mais préalablement mises en scène, de Vlastimil Tlustý, collègue ODS à la Chambre des députés en froid avec les têtes pensantes du gouvernement. Dans la foulée de la diffusion du reportage, Jan Morava avait démissionné. Mais, sans doute victime de son inexpérience, il est resté le seul acteur du reportage à avoir payé les pots cassés au sein de l’ODS.

Vlastimil Tlustý, photo: CTK
Or, c’est précisément ce que reproche aux responsables du parti Jan Schwippel, tout comme Juraj Raninec, autre député considéré comme « rebelle » qui avait lui aussi quitté le club parlementaire deux jours plus tôt. Les deux hommes sont des proches de Vlastimil Tlustý. Cette fracture au sein du principal parti de droite du pays remet en cause le proche avenir de la coalition gouvernementale tripartite, qui ne possède qu’une faible majorité à la Chambre basse. Ainsi, bien qu’il conserve son siège de député, Jan Schwippel a annoncé qu’il ne voterait pas, par exemple, en faveur de la ratification du Traité de Lisbonne ou de certaines réformes. Pour autant, les partenaires de la coalition, chrétiens-démocrates et Verts, restent prudents et estiment qu’il s’agit là avant tout d’une affaire interne au Parti civique démocrate, comme l’explique le président du groupe parlementaire des chrétiens-démocrates, Pavel Severa :

« Chaque parti de la coalition a ses propres problèmes. Je suis convaincu que nos collègues de l’ODS vont nous informer de l’évolution de la situation à l’intérieur de leur parti pour que nous sachions dans quelle mesure la situation est stable et s’il convient de compter avec quelques voix manquantes. Pour l’instant, je dirais que c’est plutôt une question de positions personnelles de différents membres de l’ODS et nullement un problème de la coalition du point de vue du programme. »

Mais cet affrontement d’intérêts personnels n’est pas la seule affaire qui mine l’ODS. Mercredi après-midi, la Cour d’appel d’Olomouc a donné raison à l’ancien député Zdeňek Kořistka qui accuse Marek Dalík et Jan Večerek, deux proches collaborateurs du Premier ministre Mirek Topolánek, d’avoir cherché à le corrompre. Les deux hommes vont se pourvoir en cassation. Mais quelle que soit la décision, le principal parti de la coalition gouvernementale se trouve aujourd’hui dans de bien sales draps.