Du sursis pour Kulínský, coupable d’avoir abusé des dizaines de ses choristes

Bohumil Kulínský, photo: CTK

C’est une affaire à rebondissements qui a commencé il y a quatre ans déjà. Bohumil Kulínský, chef du choeur d’enfants Bambini di Praga, a été reconnu coupable d’abus sexuels sur des dizaines de ses choristes mineures. Mercredi, il a été condamné à trois ans de prison avec sursis.

Bohumil Kulínský, photo: CTK
La condamnation semble bien légère pour un homme reconnu coupable de détrournement de plusieurs mineures. Le juge de Hradec Králové justifie cette clémence en indiquant que les faits remontent déjà à un certain temps (25 ans pour les cas les plus anciens) et que la procédure a déjà été une peine en elle-même pour Bohumil Kulínský.

Le chef du plus ancien choeur d’enfants du pays, qui aimait trop les « bambini », a déjà passé 220 jours en détention provisoire. Selon l'acte d'accusation, il a eu des rapports sexuels avec six d'entre elles, dont trois mineures, l'une ayant moins de 13 ans à l'époque. Bohumil Kulínský a toujours assuré que les six étaient consentantes. Il est aussi accusé d'avoir pratiqué des attouchements sexuels, et obligé des adolescentes à participer nues à des séances de sauna en sa présence.

Bohumil Kulínský avec son avocat Tomáš Sokol, photo: CTK
Michaela Marksová-Tominová dirige le Centre de gender studies à Prague. Elle dit ne pas en avoir cru ses oreilles quand elle a entendu la décision du juge :

« Je pense que cette décision peut avoir des conséquences néfastes, parce que pour toutes les victimes actuelles ou futures, c’est un encouragement à se taire, qu’en fait cela ne sert à rien de témoigner puisque le coupable ne sera jamais condamné. »

Bohumil Kulínský a également écopé d’une interdiction de travailler avec des mineurs pendant 10 ans. Il est aujourd’hui chauffeur de taxi. Libre, il a quand même décidé de faire appel, tout comme le procureur général qui réclamait une peine beaucoup plus sévère. Quoi qu’il en soit, d’après Michaela Marksová-Tominová, la décision du tribunal régional donne une très mauvaise image de la justice tchèque à l’étranger :

« Il est intéressant de relier cette affaire à celle du « prince du Qatar », un homme qui a aussi abusé de jeunes filles mineures et qui sous pression du ministère de la Justice a pu être extradé vers son pays où il a été acquitté. Le message qu’on fait passer est ‘si vous êtes riche, venez profiter de nos jeunes filles et rien ne vous arrivera’... »

Rappelons pour finir que selon un expert judiciaire, « Kulínský préfère les femmes très jeunes, mais il ne s’agit pas de pédophilie »...