Économie/Commerce

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Nous choisissons de parler crédits en Tchéquie, alors que nous sommes à la veille de la rentrée. C'est le moment où l'on pense à acheter ce dont on a besoin pour la maison, en vue de l'hiver, et dont on a reporté les achats en juin, à cause des vacances. Nous choisissons le crédit, parce qu'il fait aussi, depuis quelques semaines, l'objet d'une nouvelle loi qui n'est pas encore en vigueur. Bonne écoute.

Les crédits seront moins chers et les firmes doivent déclarer les intérêts. Ce que apportera la loi : Les sociétés qui vendent à crédit seront obligées d'indiquer : l'intérêt annuel sur le crédit, la somme totale à rembourser. Jusqu'à présent elle n'indiquaient que le remboursement mensuel, le délai de remboursement du crédit. Les achats à crédit moyennant lesquels des millions de gens achètent, par exemple, les TV, les machines à laver ou les automobiles seront à partir de l'année prochaine présentés plus clairement et même qu'ils seront moins chers. Les premiers à en tirer profit sont les commerçants. Le Sénat a approuvé récemment le projet de loi relatif au crédit à la consommation ; il ne reste que la signature du président et la loi devra entrer en vigueur en janvier.

Mais qu'apporte-t-elle de nouveau cette loi ? Tout d'abord, les sociétés de vente à crédit, dont les plus connues sont Multiservis, Home-Crédit ou Cetelem seront obligées de dire "la vérité" - il devront dire au client à quel taux d'intérêt annuel il contracte chez eux le crédit, par exemple. Jusqu'à présent, ce taux est de 20 à 30 pour cent. Mais souvent le client n'en est pas informé. Les gens ne savent pas compter si le crédit chez une autre firme ou le crédit à la banque ne sont pas moins chers. « Partout nous allons publier les taux d'intérêt comme ils doivent être selon la loi. La tendance à faire baisser les prix existera sûrement » a admis Libuse Hoskova de Cetelem. Même les banques ne pourront plus tromper les clients en ajoutant au prix certains frais, par exemple, pour la tenue du compte. Les gens pourront ainsi, en choisissant entre différentes propositions, économiser sur les remboursements mensuels même quelques centaines de couronnes.

« Ces dernières années les crédits à la consommation ont été de plus en plus utilisés. Et il y a sur le marché des cas où le consommateur est induit en erreur. Il y a même des abus comme, par exemple, d'indiquer le taux d'intérêt mensuel, ce qui est trompeur par rapport au taux d'intérêt annuel », a déclaré Josef Trzicky, directeur du département de la protection du consommateur au Ministère de l'Industrie.

Le Sénat a donc approuvé la loi qui définit des règles claires pour l'octroi de divers crédits à la consommation. Hormis le crédit bancaire classique on y compte aussi la vente à crédit ou leasing. La loi fait obligation aux banques et aux sociétés, qui fournissent ce genre de service, pas simplement d'indiquer obligatoirement les frais du crédit et l'intérêt annuel, mais elle unifie aussi la base de calcul. Le contrat d'un crédit devrait contenir la somme que les gens paieront en totalité. C'est à partir de cette norme que se fera la concurrence dans le sens de la baisse.

« Nous voulions surtout que l'octroi des crédits à la consommation soit transparent. Les gens pourront savoir combien va leur coûter le crédit, ce que aucune loi ne régissait jusqu'à présent » dit Josef Trzicky, qui a préparé le projet de cette loi. Selon lui, elle correspond aux directives de l'Union européenne. Les sociétés de crédit admettent que la régulation des conditions mènerait à une baisse du coût du crédit. Encore une fois, ce qui se passera sur le marché dépendra uniquement de la concurrence. "Mais la tendance serait certainement à la diminution du coût du crédit » a dit Libuse Hoskova de la Société des crédits CETELEM.

Les banques seront les plus touchées. Hormis les intérêts sur crédit elles seront obligées d'ajouter aux prix de revient les divers frais de service, de tenue du compte de crédit etc. Le client devrait ainsi voir très facilement voir qui lui propose le crédit le moins cher. Les sommes en jeu sont énorme tellement le recours au crédit est de plus en plus grand. Les banques ont octroyé cette année, par exemple, plus de 25 milliards de couronnes (envrion 5 milliards de FF), autres sociétés entre 15 à 20 milliards de couronnes.

Justement les vendeurs à crédit auront beaucoup plus de soucis car dans plusieurs cas ils seront plus chers que les banques. Leurs intérêts surtout pour les crédits de courte durée atteignent plus de 35 %, alors que les banques proposent 20% de moins par an. L'inconvénient est qu'il est beaucoup plus compliqué de contracter dans une banque.

Selon le directeur de marketing de la société Multiservis, Roman Brychnac, on ne peut pas prévoir avec précision dans quelle direction les prix vont bouger et comment va se refléter la concurrence des banques, car, jusqu'à présent, il n'y a pas une directive pour cette loi qui expliquerait tous les détails. « Nous sommes dans un marché libre et il est difficile de dire qu'elle sera la réaction. Nous faisons le monitoring des banques, mais je pense que ce sera sans problèmes. En Europe également il y a, côte à côte, les banques et les vendeurs à crédit » estime Brychnac. La société HomeCrédit n'a pas peur des banques non plus. « La situation sur le marché va s'éclaircir. L'intérêt annuel chez nous serait environ de 28 pour cent. Mais les autres sociétés de notre branche seront dans la même situation, et ce sont plutôt elles qui sont notre concurrence, pas les banques » dit Martin Oliva, chef de la publicité de la société.

Selon la nouvelle loi il y aura un avantage pour le consommateur au cas où il voudrait payer le reliquat du crédit avant terme. La société doit lui accorder une remise sur les intérêts. Le consommateur a également la possibilité de résilier plus facilement le contrat, de rendre la marchandise et de recevoir l'argent qu'il a déjà payé. Mais certaines sociétés craignent cette disposition. « Je pense que c'est un grand risque. Cela peut mener au fait que certaines sociétés vont ajouter au prix un certain taux de risque et donc les crédits ne vont pas diminuer » a souligné Jiri Pulz de l'Association des sociétés de leasing. Par exemple, le leasing est un produit fiscal et si la société compte avec les remboursements de 3 ans et d'un seul coup elle recevra l'argent en une année, elle sera obligée d'imposer une certaine somme en complément. « Ce sont des frais que doit supporter même le client » a dit Pulz. Un autre risque, « La loi permet au consommateur de résilier le contrat et de récupérer l'argent même pour des raisons formelles, tel un point manquant à la fin d'une phrase. La société peut s'adresser au tribunal, mais c'est long et cela n'entraînerait que d'autres frais » avertit Pulz. Enfin, l'un des grand apports de la nouvelle loi, selon le père du projet, la mise en ordre du contrat de leasing. Elle simplifie, pour l'achat des véhicules, les calculs des différents frais et éclaircit la combinaison : remboursement - assurance voiture.

Auteur: Omar Mounir
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