Économie/Commerce

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La coopération décentralisée entre régions françaises et tchèques sera le sujet de notre émission aujourd'hui. Pour en parler de manière concrète, des représentants de la région de Lorraine, notamment Dominique Ronga, vice-présidente du conseil régional, ont évoqué les liens tissés avec leur région partenaire tchèque.

« Notre coopération se fait avec la région de Moravie-Silésie, dont M. Tosenovsky est le président. Elle date de 1995 et entre maintenant dans une phase de croisière après la phase d'élaboration qui a consisté à collaborer avec notre partenaire tchèque pour lui faciliter son adhésion à l'UE. Donc depuis 2004, nous sommes tous dans l'UE et notre collaboration devient plus économique. »

Quels sont les nouveaux développements de cette coopération ?

« Le domaine touristique pour nous fait partie de l'économie et intéresse nos deux régions. Nous allons essayer de développer mutuellement notre tourisme. Nous avons aussi des échanges de formations, notamment dans le domaine de l'hôtellerie-restauration. »

Patrick Krzyzanski, de la société Alliance Consult, titulaire du marché d'animation du partenariat Lorraine-Moravie-Silésie :

« Au mois d'octobre nous accueillerons des chefs d'entreprise de Moravie-Silésie afin de créer des échanges commerciaux entre les deux régions, notamment dans le domaine de l'innovation, du secteur bois et de l'aéronautique. Ces échanges se font à la fois avec des entreprises de Moravie-Silésie et avec des entreprises de la Grande région, donc cela concerne également les entreprises de Rhénanie-Palatinat, de Sarre, de Luxembourg et de Wallonie. C'est une grosse opération que l'on compte engager avec la Moravie-Silésie. »

Que viennent-ils faire concrètement en Lorraine ces entrepreneurs tchèques ?

« L'objectif est de les mettre en relation avec des entreprises de la Grande région afin d'engager des coopérations, sous forme de joint-ventures, ou d' échanges économiques pures : accès aux marchés locaux. »

« Les grosses entreprises françaises sont largement présentes en République Tchèque. Je crois qu'on est le 2e investisseur dans les PECO. Mais les PME ont plus de mal à s'impliquer dans la coopération internationale. Il y a un peu plus de frilosité de la part des entreprises lorraines, qui commence à être dépassée. »

« Nous souhaitons fortement, avec M. Tosenovsky, favoriser la coopération entre nos chambres de commerce, qui sont un intermédiaire très important pour favoriser ces échanges de PME-PMI.

Il y a aussi un point important qui concerne un transfert de notre savoir-faire en matière de gestion des fonds structurels : cela ouvre la porte aussi à des grands chantiers sur lesquels les opérateurs de Moravie-Silésie et de Lorraine peuvent travailler ensemble concernant les infrastructures, le traitement de l'eau, les déchets... enfin tous les gros projets qui seront financés par les fonds structurels. »

Ce qui est un point important pour les Tchèques qui, faute d'expérience, ont un peu de mal à puiser dans ces fonds structurels...

« Oui, et nous avons connu ce problème en Lorraine, à tel point qu'à un moment donné on n'était pas capables d'utiliser ces fonds. Maintenant, c'est vrai qu'après des années d'expérience la Lorraine sait faire dans ce domaine-là et compte bien partager son expérience avec la Moravie-Silésie. »

La région de Moravie-Silésie est au coeur de l'actualité avec la probable arrivée d'un énorme investissement avec le constructeur automobile sud-coréen Hyundai. La région Lorraine a une (mauvaise) expérience avec les investisseurs sud-coréens, puisque la société Daewoo s'était installée en Lorraine, avait bénéficier de nombreux avantages notamment fiscaux, et était repartie aussi vite. Alors comment pouvez-vous aider les Tchèques à ne pas 'se faire avoir' ?

« C'est déjà fait, d'ailleurs on a reçu le mois dernier M. Tosenovsky avec une délégation, qui a rencontré nos experts lorrains en matière d'accueil d'entreprises automobiles. Un dialogue très fructueux a été engagé, et M. Tosenovsky a pu apprécié certaines idées que nous avons lancées sur la méthode d'exploitation des Coréens, la problématique des aides financières, et tout ce qui touche la sous-traitance automobile qui va autour. Nous allons peut-être aller plus loin pour voir comment créer des synergies en matière de développement automobile. Il faut préciser que dans le bassin minier lorrain, le secteur automobile a remplacé les mines, à tel point que nous avons une très importante sous-traitance automobile, et puis la Smart aussi par exemple. Le problème qui s'est posé ces derniers temps est que lorsque le secteur de l'automobile toussait, notre région toussait de nouveau. Donc il faut faire attention aussi de ne pas passer de la mono-industrie sidérurgique à la mono-industrie automobile, parce qu'il y a aussi un risque pour les prochaines années. »