Escalade : la dernière danse d’Adam Ondra à Prague
Temps relativement clément aidant, le public sera une nouvelle fois très nombreux ce week-end à Prague, où la Coupe du monde d’escalade effectue une de ses étapes les plus attendues de la saison. Mais si les meilleurs spécialistes de la planète sont réunis trois jours durant dans la capitale tchèque, offrant la promesse d’un formidable spectacle, l’autre grand temps fort est la dernière d’Adam Ondra en Coupe du monde de bloc. Chez lui, la superstar tchèque aura tout particulièrement à cœur de bien faire.
Ils sont tous là : du Japonais Sorato Anraku, qui a dominé les trois premières étapes de Coupe du monde cette saison, au Coréen Dohyun Lee, vainqueur à Prague l’année dernière, en passsant par le Britannique Toby Roberts et l’Américain Colin Duffy chez les hommes, de la Japonaise (encore !) Mao Nakamura, actuelle leader du classement général, à l’Américaine Annie Sanders en passant par la Française Naïlé Meignan, qui voudra confirmer le premier succès de sa carrière à Curitiba (Brésil) il y a deux semaines chez les femmes, ce que le circuit de bloc (discipline qui consiste à grimper des blocs de faible hauteur) propose actuellement de mieux sur la planète est réuni dans la capitale tchèque, depuis ce vendredi jusqu’à dimanche.
Et si tout ce beau petit monde se réjouit de se retrouver dans l’ambiance toujours électrique de Prague, pour une des étapes de la saison préférées des grimpeurs, l’inverse est vrai aussi, tant les Tchèques sont devenus de vrais amateurs et connaisseurs d’escalade.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : plus encore que lors des deux premières éditions, en 2023 et 2024, les milliers de spectateurs qui se masseront une nouvelle fois sur l’esplanade de Letná, avec le Château de Prague presque à portée de main, n’auront d’abord d’yeux que pour Adam Ondra, « leur Ondra national ».
Après avoir brillé en 2023, en montant sur la deuxième marche du podium pour ce qui constituait le grand retour de la Coupe du monde d’escalade en Tchéquie, puis une sixième place à l’automne dernier plus conforme à son statut actuel en bloc, le natif de Brno, où se tiendront les Mondiaux d’escalade en 2027, aborde cette édition 2025, pour ce qui constitue sa dernière participation à une étape de Coupe du monde de bloc, avec des ambitions plus modestes et l’envie de profiter comme maître-mot :
« Ces deux dernières années ont été marquées par la préparation pour les Jeux olympiques, ce qui fait que la pression du résultat était plus forte. Maintenant que Paris est passé, l’enjeu n’est plus tout à fait le même et je suis davantage tourné sur la notion de plaisir, même si, bien sûr, je suis conscient des attentes du public et que je n’ai pas envie de le décevoir. Je vais donc tout donner, l’objectif pour moi est d’abord de passer les qualifications et d’atteindre les demi-finales, ce qui ne sera pas simple compte tenu du niveau très relevé de la compétition. Et si si je parviens jusqu’en finale et que je peux profiter de cette belle fête jusqu’au bout, alors ce sera le rêve ! »
Après Prague, objectifs JO 2028 et nouvelle voie 9c
Vendredi midi, même sans briller lors de son passage en qualifications dans la matinée, Adam Ondra semblait disposer d’une avance suffisamment confortable pour remplir ce premier objectif.
Dans une discipline, le bloc, où il a été sacré champion du monde en 2014 et dont il a également remporté le classement général de la Coupe du monde en 2010, à une époque où l’escalade n’était encore ni une discipline olympique ni, plus globalement, le milieu extrêmement compétitif et concurrentiel qu’elle est devenue depuis, Adam Ondra apparaît donc à Prague pour la dernière fois de sa carrière en Coupe du monde. Cet adieu au bloc est d’ailleurs la raison pour laquelle cette étape de Coupe du monde a été appelée « The Last Boulder Dance » (La dernière danse de (sur) bloc).
S’il reste, à 32 ans, l’un des meilleurs grimpeurs au monde, et assurément l’une des figures de l’escalade les mieux connues du grand public, Adam Ondra, au palmarès duquel seule une médaille olympique manque encore, entend désormais se consacrer davantage à la difficulté, qui pour la première fois fera l’objet d’une épreuve spécifique lors des prochains Jeux à Los Angeles en 2028, et à la falaise, une activité où, là, il entend réaliser une nouvelle voie de cotation 9c, le plus haut niveau de difficulté en escalade sportive. Un chiffre et une lettre qui, depuis la première ascension réussie de Silence en Norvège en 2017, ont définitivement fait entrer Adam Ondra dans la légende.






