Foot - Ligue des champions : le Slavia Prague a bu le calice jusqu'à la lie

Slavia - Arsenal, photo: CTK

Ecrasé (7-0) par Arsenal, mardi soir, à Londres, pour son troisième match en Ligue des champions, le Slavia Prague a égalé le triste record de la plus large défaite jamais concédée par une équipe dans la compétition, mais aussi par un club tchèque en coupes d'Europe. Archi-dominé dans tous les secteurs de jeu de la première à la dernière minute du match, le leader du championnat tchèque a cruellement mesuré toute l'étendue du gouffre qui le séparait du leader de la Premier League.

Slavia - Arsenal, photo: CTK
Il faut avoir été soi-même footballeur et avoir déjà subi le même genre d'humiliation pour comprendre ce que les joueurs du Slavia ont dû ressentir sur la pelouse de l'Emirates Stadium puis un peu plus tard encore au moment d'affronter les micros des journalistes après le match. Mais face à un Arsenal qui est sans doute l'une des plus belles équipes à voir évoluer en Europe actuellement, les Tchèques, trop respectueux de leur prestigieux hôte du jour et dépassés par les événements, ont aussi donné le bâton pour se faire battre.

Karel Jarolim, photo: CTK
En encaissant dès la cinquième minute sur la première frappe cadrée d'un Cesc Fabregas qui profitait à merveille des largesses de la défense du Slavia, puis en offrant sur un plateau deux autres buts aux Londoniens en première mi-temps, dont le troisième tragi-comique sur une passe en retrait de cinquante mètres et un raté monumental de leur gardien Martin Vaniak, les protégés d'un Karel Jarolim plus impuissant que jamais sur son banc d'entraîneur ont mâché le travail à un adversaire qui n'avait pourtant pas besoin de cela pour exprimer son insolente supériorité.

A la mi-temps, les 2500 supporters du Slavia qui avaient fait le déplacement se demandaient donc déjà à quel chiffre l'avalanche de buts allait s'arrêter et, s'ils avaient pu, auraient sans doute même supplié l'arbitre de mettre un terme prématuré aux débats.

Slavia - Arsenal, photo: CTK
Au grand plaisir des 60 000 autres spectateurs, la seconde période repartait toutefois sur les mêmes bases, Hleb, Walcott et Fabregas enfilant trois nouveaux buts comme à la parade en l'espace de sept minutes. A l'heure de jeu, les Gunners menaient donc 6-0 et offraient à leur entraîneur Arsène Wenger le plus beau cadeau qu'il pouvait espérer pour ses 58 ans fêtés lundi. Côté Slavia, le Franco-Tunisien Tijani Belaïd avait beau remplacer son compatriote Mickaël Tavares, cela n'enrayait nullement la démonstration anglaise. Finalement, c'est le jeune Danois Bendtner, déconcertant de facilité, qui clôturait le score à 7-0 peu avant le coup de sifflet final, permettant ainsi à Arsenal et au Slavia d'entrer par des portes opposées dans l'histoire en égalant le record établi en 2003 par la Juventus Turin contre Olympiakos.

De retour aux vestiaires, le gardien du Slavia, Martin Vaniak, avait du mal à trouver les mots pour expliquer ce qui venait de se passer :

Slavia - Arsenal, photo: CTK
« Bien entendu, c'est un moment très désagréable à vivre. Que dire ? Quand vous encaissez sept buts, il n'y a pas grand-chose à dire. Une défaite fait toujours mal, mais celle-là plus particulièrement, surtout qu'il y avait beaucoup de monde qui suivait ce match. Ca me fait mal aussi par rapport à nos supporters qui ont été fantastiques jusqu'au bout et qu'il faut remercier. C'est vraiment dommage que ce soir, nous ayons montré à tous ces gens le second visage du Slavia. »

Malgré cette déculottée et cette deuxième défaite en trois matches, le Slavia Prague reste troisième du groupe H, avec trois points, derrière Arsenal, leader invaincu, et le FC Séville, vainqueur de son côté (2-1) du Steaua Bucarest. Les Roumains, battus lors de leurs trois rencontres disputées, occupent, eux, la dernière place du groupe et lutteront, comme cela avait été pronostiqué, avec le Slavia pour la troisième place qualificative pour la Coupe UEFA. Mais en attendant d'envisager ce cas de figure, la prochaine journée de Ligue des champions, le 7 novembre, verra le Slavia accueillir... Arsenal. Un rendez-vous de gala pas encore forcément attendu avec impatience à Prague.