Fuite d'un document confidentiel : "une incroyable erreur de la diplomatie tchèque"

On reparle donc de la publication dans la presse tchèque d’un document confidentiel, la retranscription d’une négociation franco-tchèque entre notamment Nicolas Sarkozy et Mirek Topolanek. Ce document dont nous vous parlions déjà la semaine dernière a été repris entre temps par plusieurs médias internationaux.

Une fuite plus qu’embarrassante pour Prague, car une erreur a été commise au sein de la diplomatie tchèque. Selon le quotidien Dnes, c’est parce que ce document a oublié d’être « chiffré » (ou codé) qu’il est sorti aussi facilement du ministère des Affaires étrangères et a finalement été publié dans la presse. Karel Schwarzenberg, le chef de la diplomatie tchèque a déjà présenté des excuses à la partie française.

Pavel Fischer, l’ambassadeur tchèque en France, avait lui mis en doute l’authenticité du document. Mais dimanche, le Premier ministre Mirek Topolanek a concédé que la retranscription était presque authentique :

Mirek Topolánek, photo: CTK
« Il n’est pas vraiment exactement authentique, et je considère comme une incroyable erreur de la diplomatie tchèque que ce document, même sous cette forme, ait pu sortir. »

Le président de la République, dont les relations avec le Premier ministre ne sont pas vraiment au beau fixe en ce moment, n’a pas attendu longtemps pour réagir.

Václav Klaus, photo: CTK
Selon Vaclav Klaus, « le plus triste dans cette conversation, c’est sa jovialité ». « Je ne me serais jamais comporté comme ça, c’est inacceptable », a déclaré le chef de l’Etat avant de préciser que quand lui se rend au palais de l’Elysée, c’est pour « représenter la République tchèque et pas pour s’entendre avec l’actuel puissant d’Europe Monsieur Sarkozy ».

A qui profite la fuite de ce document ? Difficile à dire, mais dans le contexte tendu entre le président et le chef du gouvernement, le premier, eurosceptique de surcroît, ne manque pas l’opportunité d’enfoncer le deuxième, qui lui a succédé à la tête du parti ODS : « Plus un politicien est affaibli sur la scène intérieure, plus il est bon pour lui d’aller faire du copinage à l’Elysée », estime Vaclav Klaus.