Hommage à Gustav Mahler

Gustav Mahler

Le compositeur Gustav Mahler est né dans la ville de Kaliste et a passé sa jeunesse à Jihlava, en Moravie. C'est à Jihlava qu'on a organisé la deuxième édition du festival qui rend hommage à ce grand symphoniste.

Jihlava était une ville de garnison. Sous les fenêtres de la maison où habitait le petit Gustav Mahler avec ses parents, défilaient des fanfares militaires et des soldats en uniforme de parade. Le garçon entendait des tambours et des trompettes qui annonçaient le réveil et le couvre-feu et rehaussaient l'éclat des marches militaires. Tout cela est resté profondément gravé dans sa mémoire pour resurgir comme une inspiration originale dans la majorité de ses symphonies. Rien d'étonnant donc qu'au programme du festival il y a eu aussi un concert de la fanfare de la garnison de Tabor qui s'est produite sur la place Masaryk au centre de la ville.

On sait que Mahler était avant tout symphoniste et que ses oeuvres monumentales ne peuvent être exécutées qu'avec les moyens appropriés, c'est à dire, avec de grands et excellents orchestres symphoniques. Les organisateurs du festival, qui ne disposent pas de tels moyens, ont donné à toute la manifestation plutôt un caractère intimiste et y ont ajouté certaines manifestations extra-musicales. Le public a pu voir une exposition des oeuvres d'art inspirées par Mahler, mais aussi un film documentaire sur le compositeur présenté par le réalisateur Jan Spata. La projection a eu lieu dans la maison Mahler à Jihlava où les parents de Gustav avaient aménagé quand leur fils n'avait que trois mois.

Côté musique, on a entendu un concert de la chorale Campanula de la ville de Jihlava et deux concerts du quatuor à cordes Epoque. A la fin du festival, ce mardi soir, on a placé le récital de la célèbre soprano Gabriela Benackova et du pianiste Marian Lapsansky avec au programme des airs et des mélodies de Mahler, de Dvorak et de Janacek. Gabriela Benackova est une des personnalités qui ont grandement contribué à la création de ce festival. Elle voulait attirer l'attention sur le lieu de naissance du maître dont la gloire ne se démentit pas presqu'un siècle après sa mort. La voix puissante et victorieuse de cette cantatrice a fait merveille d'ailleurs dans la Huitième symphonie de Mahler "Symphonie des mille" enregistrée par l'Orchestre philharmonique tchèque sous la direction de Vaclav Neumann.