Hommage aux légionaires tchècoslovaques qui reposent en Sibérie

Le cimetière des Légions tchèques à Vladivostok, photo: CTK

Des Tchèques et des Slovaques ont lutté contre l'Allemagne et l'Empire austro-hongrois, pendant la Première guerre mondiale, sur les fronts français, italien et russe. Plus de 40 000 d'entre eux ont formé les Légions tchécoslovaques qui se sont illustrés en Russie. Beaucoup dorment de leur dernier sommeil dans les lointaines contrées de la Sibérie orientale. Jeudi, on a de nouveau inauguré sollennellement l'un des cimetières où certains légionaires tchècoslovaques reposent. Celui de Vladivostok.

Le cimetière des Légions tchèques à Vladivostok, photo: CTK
Après la signature par Lénine de la paix séparée avec l'Allemagne, on décida d'engager les Légions tchècoslovaques sur le front occidental où les combats se poursuivaient. Pour les ramener vers l'Europe et la France, on choisit la seule voie possible, mais aussi la plus longue : d'Ukraine, traverser la Sibérie, les faire voyager autour du monde en partant du port de Sibérie orientale, Vladivostok. En mars 1918, les légionnaires tchécoslovaques décidèrent de combattre contre le gouvernement soviétique et en deux mois ils arrivèrent à prendre possession de la ligne de chemin de fer qui reliait la Volga à l'Océan pacifique. Les navires commencèrent les transports du port de Vladivostok en 1919 et les derniers transports quittèrent le port en septembre 1920. C'est à Vladivostok que se trouve le plus grand cimetière des Légions tchécoslovaques en Russie. Leurs actes héroïques n'ont jamais été bien vus au temps de l'Union soviétique et c'est seulement ces dernières années qu'on commence à reconnaître leurs mérites. Au cimetière de Vladivostok, on trouve 161 tombeaux conservés de légionnaires et une centaine d'autres reposent sous le monument aux morts qui se dresse en son milieu. Jeudi, le cimetière des Légions tchèques à Vladivostok a été inauguré de nouveau après une ample reconstruction. En effet, depuis 86 ans, personne ne prenait grand soin des tombes et monuments à la mémoire des Légions tchécoslovaques. Des monuments, il n'en reste que deux : à Vladivostok et à Kranoyarsk. Des personnalités tchèques, slovaques et russes étaient présente à la cérémonie. La République tchèque était représentée par le vice-ministre de la Défense, Mme Jaroslava Prybilova : « Je suis heureuse que nous puissions, au moins ainsi, leur rendre hommage. Les hommages aux morts sont aussi un mémento pour les vivants ». Dans les 50 000 légionnaires tchécoslovaques ont fait la tragique traversée de la Sibérie avant de rentrer dans leur patrie. Combien y ont perdu leur vie et son enterrés à Vladivostok et quel est l'avenir des lieux de piété où ils reposent ? Le colonel Jiri Hofman de la Communauté des légionnaires tchécoslovaques :

« On parle d'un millier, certaines sources parlent d'un nombre inférieur, mais il faut se rendre compte que le cimetière présente deux parties et dans le millier de légionnaires pourrait reposer ici. Les frais de reconstruction du cimetière de Vladivostok devraient s'élever à plusieurs millions de couronnes tchèques. La reconstruction elle-même est réalisée par étapes. Actuellement, la moitié a été réalisée. Après, on commencera aussi la reconstruction d'autres monuments le long du Transibérien ».

Le second grand monument à la mémoire des morts des Légions tchécoslovaques, à Krasnoyarsk, sera reconstruit par la Slovaquie et devrait être inauguré au mois d'octobre.