Intégration sociale : neuf communes « exclues » supplémentaires seront aidées

Photo: Filip Jandourek, ČRo

Si l’on s’en tient au dernier rapport présenté en octobre par le ministre en charge des droits de l’homme au gouvernement, 115 000 personnes en République tchèque vivent actuellement dans un peu plus de 600 localités dites « socialement exclues ». Parmi celles-ci, vingt-huit considérées comme étant plus particulièrement sensibles bénéficient déjà d’un programme d’aide. Une liste à laquelle sont venus s’ajouter, jeudi, neuf autres communes et quartiers. Sélectionnés par l’Agence gouvernementale pour l’intégration sociale (ASZ), ils feront l’objet eux aussi d’un soutien sur trois ans qui doit leur permettre notamment d’accéder plus facilement aux subventions en provenance des fonds européens.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
La majorité de ces neuf localités (Chomutov, Liberec, Most, Nový Bor, Postoloprty, Sokolov, Varnsdorf, Vítkov-Budišov et Žďár nad Sázavou) se trouvent dans le nord-ouest de la Bohême. Avec la Moravie du Nord, c’est là la région de République tchèque la plus marquée par la paupérisation de sa population. La gravité de la situation et le degré d’exclusion constituent le principal critère de sélection. Mais comme l’explique Radka Soukupová, la directrice-adjointe de l’ASZ, ce n’est pas le seul :

« Nous prenons en considération les motivations des communes en question. Il faut déjà qu’elles aient envie de faire évoluer les choses dans le bon sens. Cela sous-entend une certaine capacité d’absorption, la volonté et la faculté de penser de nouveaux projets d’intégration, ainsi que des gens motivés qui seront capables de proposer des mesures concrètes. »

Parfois critiquée pour son inefficacité, cette politique de soutien aux localités socialement exclues, dans lesquelles vit essentiellement une population rom, a pourtant un but évident et bien précis, comme le rappelle le ministre en charge des droits de l’homme, Jiří Dientsbier :

Jiří Dientsbier, photo: Filip Jandourek, ČRo
« Un processus va se mettre en marche à l’issue duquel il devrait être possible de mieux vivre dans ces localités. Cela vaut non seulement pour leurs habitants, mais aussi pour tous ceux qui vivent dans leurs proches environs. L’objectif est sinon de faire disparaître, au moins de réduire les différents problèmes qui découlent de l’exclusion sociale. Un mémorandum va donc être signé avec les communes qui ont été retenues sur la base duquel des partenariats locaux seront créés. Ces partenariats regrouperont les différents acteurs concernés, à savoir la municipalité, l’ASZ, les écoles, la police, le Bureau du Travail, les associations ou les entreprises qui mènent ou veulent mener une action sociale. »

Une fois ces différents acteurs réunis, tous établiront en commun un plan dit stratégique d’intégration sociale. La mission de l’ASZ, qui est un des départements du Bureau du gouvernement, sera alors de soutenir les communes dans leurs démarches pour l’obtention de subventions qui permettront de financer des projets concrets. Il peut s’agir, par exemple, de la rénovation de logements, de la fondation de centres communautaires, d’un soutien aux établissements scolaires accueillant des enfants issus d’un milieu défavorisé ou encore de projets en faveur de l’emploi. Cat argent proviendra des fonds européens et notamment de trois programmes opérationnels relatifs à l'emploi, à la recherche, au développement et à l’éducation, enfin à l'intégration régionale. Ces différents programmes qui portent pour la période 2014-2020 ont été validés ces derniers mois par la Commission européenne.