Interdiction du téléphone portable dans les écoles en Tchéquie : une loi en bonne voie d’adoption
Après que le gouvernement, lundi 20 juillet, a donné son feu vert au projet allant dans ce sens, l’utilisation du téléphone portable devrait être prochainement interdite dans toutes les écoles en République tchèque.
Dans plusieurs écoles en République tchèque, l’usage du téléphone portable est déjà interdit depuis un certain temps. Mais après que le gouvernement a approuvé le projet d’amendement allant dans ce sens, cette interdiction, qui concerne également les autres appareils de communication électroniques, devrait s’étendre à l’ensemble, ou presque, des établissements scolaires dans le pays, à compter du 1er septembre 2027, au moment donc où les élèves reprennent traditonnellement le chemin de l’école après deux mois de vacances.
Présenté par le Premier ministre, Andrej Babiš, et le ministre de l’Éducation, Robert Plaga, lui aussi membre du mouvement ANO, le texte, qui va désormais être soumis à l’examen des députés puis des sénateurs, entend étendre l’interdiction au-delà des salles de classe, en incluant également les pauses et récréations, le temps passé à la cantine ou lors des activités périscolaires.
La mesure concernerait les écoles maternelles, les écoles primaires ainsi que les classes des premières années des collèges et lycées pluriannuels ou encore des conservatoires. Pour les élèves plus âgés, l’utilisation du téléphone pourra être limitée ou interdite par le règlement intérieur de l’établissement, comme cela est donc déjà le cas actuellement dans certains d’entre eux.
Toujours selon cet amendement, une exception à cette interdiction s’appliquerait aux cas de figure où les élèves ont besoin d’un téléphone pour des raisons de santé ou des besoins éducatifs particuliers, servant alors comme outil d’aide ou de compensation pour réaliser le travail demandé. Par ailleurs, les établissements, qui disposeraient du pouvoir de prévoir, dans leur règlement intérieur, que les téléphones doivent être rangés pendant les cours et qu’ils peuvent être confisqués en cas de non-respect de l’interdiction, pourraient tolérer ou autoriser l’usage des portables ou, par exemple, de tablettes à des fins pédagogiques, ainsi que lors de certaines sorties ou excursions.
Lors de la procédure de consultation du projet de loi, le médiateur pour les enfants, Martin Beneš, s’est prononcé contre cette interdiction. Selon lui, une nouvelle réglementation est inutile, les écoles pouvant déjà fixer des restrictions concernant l’utilisation des téléphones portables dans leur règlement intérieur. « Les enfants percevront l’école de manière négative : comme un lieu où une nouvelle règle, à l’élaboration de laquelle ils n’ont pas participé, restreint leur liberté », a-t-il expliqué.
Principale formation de l’ancienne coalition gouvernementale dirigée par Petr Fiala, désormais composante de l’opposition au cabinet d’Andrej Babiš, le parti conservateur ODS (Parti démocrate civique) estime, lui, que cette interdiction générale est « une mesure populiste démagogique » qui va à l’encontre de l’alphabétisation numérique des enfants. « Les interdictions généralisées ne rendent pas les enfants plus résilients face aux algorithmes néfastes des réseaux sociaux », a déclaré le leader de l’ODS, Martin Kupka.
Toujours selon ce dernier, une solution plus efficace serait que les écoles mettent à disposition de chaque élève son propre appareil électronique, comme une tablette, équipé d’applications exclusivement dédiées à l’apprentissage et à la communication entre l’école et les parents.
Imperméables aux critiques, Andrej Babiš et Robert Plaga justifient le bien-fondé de cette interdiction en s’appuyant sur les recommandations de l’Institut national de la santé mentale. Les ministres soulignent le risque de dépendance, de dépression et d’anxiété, une baisse du niveau de satisfaction dans la vie de tous les jours, une perte d’attention à l’école et une baisse de leurs résultats. « En ce qui concerne la question des effets d’une interdiction de l’utilisation des téléphones portables à l’école, les expériences menées à l’étranger (en France et aux Pays-Bas) démontrent un impact positif tant sur la concentration des élèves dans leur apprentissage et leurs résultats scolaires que sur le climat scolaire et l’incidence du harcèlement », ont écrit les auteurs du projet dans l’exposé de leurs motifs.






