Jakub Wagner – documentariste, caméraman, photographe et acteur

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner

Né le 13 octobre 1979 à Prague, Jakub Wagner est un jeune réalisateur, cameraman, photographe et acteur de talent.Il tient son goût pour l’art de ses parents, Josef Wagner, architecte - peintre renommé et Denisa Wagnerová, illustratrice et graphiste. Jakub a réalisé entre autres des reportages documentaires pour la TV tchèque, le vidéoclip du groupe One night Band, dont il a également fait la production et le montage, le vidéoclip Nico Siemens and Jwan Bakker – Black cat cycles home in Amsterdam le film documentaire de 52min Profil de Jan Kaplický, dont il est l’initiateur et l’auteur.

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner
Il a également été le coorganisateur et réalisateur des reportages et du film documentaire sur le Festival One Word 2001 (Jeden Svět 2001). En plus de tout cela Jakub Wagner a mis en scène et a coopéré à l’écriture, à la scénographie et à la production de la pièce de théâtre Adore écrite d’après le roman de Ingebrog Bachmann pour ROXY/NOD. Il a été assistant-réalisateur du sitcom Comme back, deuxième assistant du long métrage Báthory, réalisé par Juraj Jakubisko et a mis en scène le concert de soutien à la nouvelle Bibliothèque de Jan Kaplický Je le veux à Letná (Chci to na Letný). Il s’est également occupé en 2006 de la production exécutive en République tchèque du film documentaire de la TV italienne L’histoire de Marianne Goltz réalisé par Monica Repetto. Et en 2009 il s’est fait remarquer dans le rôle principal du long métrage Dvojka réalisé par Jaroslav Fuit.

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner
Jakub Wagner a passé son enfance dans la maison au riche passé historique « Aux Trois Lys », située dans le vieux Prague, au milieu d’objets d’arts précieux et de tableaux de maîtres. L’ancienne bâtisse et surtout ses parents artistes l’ont beaucoup influencé. Il peignait, lisait beaucoup, jouait du violon et faisait aussi du sport, surtout du tennis, pour fuir par moment le monde de l’art, pour décompresser. Durant son enfance il était fasciné par la profession de pilote - son père a une licence de pilotage, sans pourtant avoir exercé ce métier. Mais il se contentait d’admirer le vol des oiseaux, l’espace interminable du ciel sans avoir le courage ni l’énergie de suivre une formation de pilote. Ses objectifs commençaient à se focaliser vers les 15, 16 ans. Jakub Wagner.

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner
« Lorsque j’étais adolescent, j’étais un peu fou et je vivais des choses un peu difficiles. C’est-à-dire des amours romantiques qui, lorsqu’on arrive à les maîtriser, restent un beau souvenir. Je lisais beaucoup et j’aimais aussi la poésie. D’ailleurs j’ai été très influencé par la littérature. Je lisais J. Kerouac, les beatniks, les poètes russes et français, Jacques Prévert, les poètes maudits - Ch. Baudelaire, P. Verlaine, A. Rimbaud… Ce dernier en particulier m’a beaucoup impressionné. Tous ces livres se trouvaient dans la bibliothèque de mes parents. J’écoutais aussi des disques de chansons françaises et ainsi je m’imprégnais de la culture francophone. La poésie m’inspirait, j’étais un esprit rêveur, mais je suis content que cette période fasse partie du passé car lire et écrire des poèmes n’a rien à voir avec la réalité. Vers seize ans j’ai commencé à voir le monde d’un point de vue plus rationnel. J’ai essayé de quitter un peu l’univers français et de me concentrer sur autre chose. Mon père m’a offert ses vieux appareils photo et j’ai commencé à photographie. La vision à travers l’objectif a alors pris le dessus. »

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner
Au cours de ses études au lycée Orbis Pictus à Prague Jakub se lance donc dans la photo avec un appareil très précis et une Yashica. Il est l’exemple type du photographe débutant et prend en photo les filles, ses copains, des paysages, et fait des portraits. Ses camarades de classe suivent son exemple et se mettent aussi à la photo. Mais ce n’est que plus tard que Jakub se perfectionnera dans ce domaine. A cette époque il est également attiré par les affiches de cinéma, l’éclairage, les salles de montage, bref par le monde magique de la cinématographie. Il lui arrive d’assister à des tournages pour aider les équipes. Il est donc déjà dans le bain sans pour autant envisager une carrière de réalisateur. Sa vie est bouleversée lorsque son professeur de philosophie l’envoie voir « La double vie de Véronique », un long métrage franco-polonais de Krzysztof Kieslowski avec la belle Irène Jacob. C’est la première fois que Jakub voit un film de ce genre. Il est sidéré et décide alors de devenir réalisateur ou cameraman. Sa décision est définitive lorsqu’il assiste au tournage du film documentaire sur son père Josef Wagner. Il voit travailler concrètement l’équipe de tournage et cela finit de le convaincrel de devenir réalisateur. Il passe les examens pour entrer à l’Ecole supérieure du film de Prague (FAMU), section création documentaire. Plus de détails Jakub Wagner.

Jakub Wagner, photo: Archives de Jakub Wagner
« A l’Ecole j’ai commencé à réaliser de vrais courts-métrages documentaires et à m’orienter un peu plus dans ce domaine. Maintenant je me rends compte que les erreurs que j’ai faites ainsi que les critiques m’ont été utiles. Il est vrai qu’avant j’en voulais à mes parents et aux professeurs de me critiquer mais aujourd’hui je sais que la critique est nécessaire. Parfois je tournais vraiment des bêtises et je me lançais aussi dans des sujets philosophiques, par exemple « les Dialogues de Platon sur la beauté ». Heureusement, j’ai très vite laissé tomber, j’ai eu une approche plus rationnelle du film documentaire et j’ai commencé à faire de vrais courts métrages. »

Jakub Wagner rêve de tourner un long métrage. Depuis longtemps il pense à adapter la pièce de théâtre «Pâte à modeler» (Plastelína) de Vasilij Sigarev, qui a été mise en scène par ses amis il y a quelques années. L’auteur vit à Saint Petersburg et il a écrit sa pièce dans un style moderne. D’ailleurs les Anglais on voulu l’acheter mais finalement cela ne s’est pas fait. La pièce parle d’un gentil gamin rebelle de 15 ans auquel il s’identifie.

Jakub a visité la France à plusieurs reprises avec ses parents, où son père a fait l’objet de deux grandes expositions. Il pourrait tout à fait vivre dans ce pays à la croisée du nord et du sud, et qui l’a beaucoup impressionné. Son rêve serait d’avoir une maison en Bretagne ou en Normandie, ses régions préfèrées. Et le jeune réalisateur admire l’esprit français.

« Je pense que la vie en France, ainsi que la culture française, notamment la littérature et le cinéma m’influencent beaucoup. C’est ça. C’est ce que je peux dire sur la France. »

Jakub Wagner réalise des films documentaires au style très particulier, et ce grâce à l’image, à l’ambiance sonore, toujours marquées par la solitude. Il est l’ennemi du groupe. Il s’inspire entre autre des contes, du surréalisme et des longs métrages de David Lynch sans pour autant en être fan. Il essaie de faire des documentaires en style de films joués.

« Je suis solitaire, complètement fou ».

C’est ainsi que Jakub définit sa personnalité. Jakub Wagner s’est vu décerner entre autres le Prix du public dans le cadre du Festival du film documentaire sur l’architecture Archfilm Košice 2004, Prix ART FILM 2005 au Festival international du film sur l’art à Telč et son œuvre a été choisie dans la sélection des meilleurs films documentaires des 15 dernières années dans la première phase des nominations pour le Lion tchèque (TV tchèque sélection). Jakub Wagner a présenté avec l’actrice tchèque Aňa Geisslerová le film Un œil au-dessus de Prague (Oko nad Prahou), réalisé par Olga Špátová, dont la première a eu lieu le 14 avril dernier. Le film parle de la vie et de l’œuvre de l’architecte Jan Kaplický et de son amour pour son épouse Eliška, sa cadette de 40 ans. Jakub Wagner a été consultant pour le film et s’est occupé des accroches du film.