Jaromír Jágr quitte la NHL pour la Russie

Jaromír Jágr, photo: CTK

La fin de la semaine dernière a été marquée par l’annonce de la signature de Jaromír Jágr, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de l’histoire du hockey sur glace tchèque, pour le club russe d’Omsk. A 36 ans, Jaromír Jágr quitte donc la NHL, la prestigieuse ligue nord-américaine, avec le titre honorifique de « meilleur joueur européen de l’histoire de la ligue ».

Jaromír Jágr, photo: CTK
1 273 matchs, 646 buts inscrits et 953 assists (ou passes décisives) pour un total de 1 599 points qui font de lui le meilleur marqueur européen de l’histoire en NHL et neuvième meilleur marqueur au classement historique de la ligue. Mais ce n’est pas tout : deux coupes Stanley gagnées aux côtés de Mario Lemieux avec les Pittsburgh Penguins en 1991 et 1992, un titre de meilleur joueur de la saison attribué par les journalistes, trois autres titres de meilleur joueur attribués par les joueurs, ou encore cinq titres de meilleur marqueur en saison régulière. Voilà résumée en quelques chiffres et statistiques la carrière longue de dix-sept ans de Jaromír Jágr en NHL. Malgré ce palmarès vertigineux, et alors qu’il ne lui reste plus que quelques saisons encore à jouer, l’attaquant tchèque a donc décidé, à 36 ans, de quitter la meilleure ligue au monde pour rejoindre Omsk, ville d’un peu plus d’un million d’habitants située dans le sud-ouest de la Sibérie, à 2 300 kilomètres au sud-est de Moscou. Jágr a signé un contrat de deux ans avec une année supplémentaire en option pour le club d’Avangard et évoluera donc dans la Superligue russe à partir de la saison prochaine.

Jaromír Jágr, photo: CTK
Un choix qui n’est pas qu’une affaire de gros sous, même si l’aspect financier aura joué un rôle prépondérant dans les négociations. Libre de tout engagement, Jaromír Jágr serait sans doute resté en NHL si un club lui avait proposé ce qu’il désirait : un contrat d’au moins deux ans. Mais ni les New York Rangers, son dernier club, ni Pittsburgh, ni Edmonton et ni Montréal, les clubs intéressés par ses services, ne lui ont proposé une collaboration d’une durée supérieure à une saison. L’attaquant tchèque au numéro 68 (en référence à l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968) a donc opté pour l’Avangard Omsk, où il s’est engagé pour au moins deux ans. Selon la presse pragoise, ses émoluments devraient s’élever à un peu plus de 7 millions de dollars nets par saison, soit des conditions que peu de clubs aux Etats-Unis et au Canada étaient enclins à lui offrir.

Jaromír Jágr retrouvera donc la Russie et Omsk, un club dont il avait déjà porté les couleurs il y a quatre ans de cela lorsque la saison en NHL avait été annulée pour cause de grève générale. A l’époque, le plus célèbre des joueurs tchèques avait vécu une véritable histoire d’amour avec le public russe, un élément qui a semble-t-il, également pesé lourd dans la balance, comme l’a confirmé l’agent de Jágr, Jaroslav Zídek :

« Il est certain que la saison qu’il a disputée en Russie lors de la grève en NHL a eu une grande importance dans son choix. Jaromír était très apprécié non seulement des supporters d’Omsk mais aussi partout en Russie. C’est le premier point. Le second est bien entendu que les dirigeants d’Avangard lui ont proposé des conditions dont on discutait depuis le mois de mars. Les négociations se sont ensuite intensifiées ces deux dernières semaines et ont finalement abouti à la signature du contrat espéré. »

Avec le départ en retraite du phénoménal gardien de but Dominik Hašek, le hockey tchèque perd donc avec Jaromír Jágr son deuxième représentant de poids en NHL en l’espace de quelques semaines. Un des rares joueurs de l’histoire du jeu à avoir à la fois remporté la Coupe Stanley et à avoir été sacré champion olympique (en 1998 à Nagano) et champion du monde avec l’équipe nationale. Même si une autre sera donc écrite en Russie, c’est donc une page de l’histoire du hockey tchèque qui se tourne.