Jaroslav Šedivý : « La politique de Mitterrand n’était pas tout à fait acceptable pour nous »

Jaroslav Šedivý, photo: CTK

« Ambassadeur sous la tour Eiffel » - c’est sous ce titre que paraît ces jours-ci aux éditions Mladá fronta un livre qui retrace une étape importante de la diplomatie tchèque et des relations entre notre pays et la France. Son auteur, Jaroslav Šedivý, était une personnalité importante de la diplomatie tchèque dans les années 1990. En 1997, il est devenu ministre des Affaires étrangères du pays qui cherchait, non sans problèmes, à s’intégrer dans les structures européennes. Lors de la présentation de son livre à la presse, il a répondu à quelques questions de Radio Prague.

Jaroslav Šedivý, photo: CTK
-Vous venez de publier un livre qui retrace votre carrière diplomatique en France, l’étape que vous avez passée en tant qu’ambassadeur à Paris…

«Je suis venu à Paris en 1990, j’étais le premier ambassadeur en France du Président Václav Havel et j’y suis resté quatre ans et demi. C’était le temps où nous avons entamé une nouvelle politique extérieure et la France était un des pays les plus intéressants pour nous. Alors, nous pensions pouvoir régler avec la France des affaires européennes, économiques et commerciales, pouvoir compter sur l’aide de la politique française, etc. Je dois dire que ce n’était pas si simple parce que la politique française est parfois trop française. Les Français ont leurs points de vue, leurs propositions concernant le futur des pays centre-européens.»

-A votre avis, les deux pays ont-ils été suffisamment ouverts l’un vis-à-vis de l’autre? Voulaient-ils vraiment collaborer ?

«Je pense que les deux pays ont été ouverts l’un à l’autre mais les points de vue de l’un et de l’autre n’étaient pas toujours pareils. Par exemple, nous comptions sur le président Mitterrand qui était venu à Prague en 1988. Nous espérions que, grâce à lui, la politique française nous aiderait à nous intégrer dans le système européen plus vite que cela n’allait se passer en réalité. Et la réponse de la politique française, qui était la politique de Mitterrand, n’était pas tout à fait acceptable pour nous. Mitterrand est venu avec son projet de la confédération européenne, des rencontres, des débats, des discussions entre les pays de la Communauté et ceux de l’Europe centrale. Nous avions besoin d’autre chose, nous avions besoin des meilleures conditions possibles pour nos exportations, parce que nous avions cessé d’exporter vers l’Est, vers l’Union soviétique, et nous cherchions bien sûr la possibilité d’exporter vers l’Ouest.»

Vous pourrez entendre l’intégralité de cet entretien, sur les ondes de Radio Prague, le samedi 26 avril dans le cadre de la rubrique Rencontres littéraires.