Jean-Pierre Darroussin à la réalisation : « Il faut savoir quel type de complicité on essaye d'établir avec le spectateur »

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Retrouvons maintenant le comédien français Jean-Pierre Darroussin. Il était présent au récent festival international du film de Karlovy Vary, où il présentait notamment son premier opus cinématographique en tant que réalisateur, Le Pressentiment, mais faisait également la promotion du film de Jean Becker, Dialogue avec mon jardinier, où il tient l'un des deux rôles titres. Radio Prague lui a demandé s'il y avait une différence entre faire la promotion d'un film dans lequel on joue et d'un premier film que l'on réalisé.

'Dialogue avec mon jardinier', Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darroussin
« C'est différent parce qu'on vous pose plus de questions qui ont trait à la genèse du film, à la création, à l'envie : il faut d'un coup se justifier d'un choix d'un certain genre de film. Alors que lorsqu'on est acteur, on a affaire avec des questions qui ne sont liées qu'avec la manière dont on a vécu l'expérience. Là, il y a plus de questions de fond, on est obligé d'avoir un rapport avec sa propre expérience, sa pensée, et ce qu'on essaye de livrer, non pas comme message, mais plutôt quelles sont les résonances en soi du projet qu'on essaye de livrer au spectateur, et quel type de communication, de complicité on essaye d'établir avec celui-ci. C'est plus clair quand on est metteur en scène, ça existe aussi quand on est acteur, car on essaye aussi d'établir un certain contact, mais on en est forcément moins responsable. Quoique dans Dialogue avec mon jardinier, comme c'est un film qui repose essentiellement sur le travail entre deux acteurs, on est quand même très proche d'avoir à porter tout le film sur nos épaules. »

Daniel Auteuil et vous-même ?

« Oui, on est très proche du metteur en scène quand on fait un film qui repose autant sur deux personnes, dont le sujet principal est le dialogue et la rencontre entre deux personnes. Même en tant qu'acteur, on porte vraiment le sujet. »

Vous avez choisi pour ce premier film d'adapter à l'écran un roman d'Emmanuel Bove, est-ce que ça été un choix naturel ? Cela été clair depuis le moment où vous avez lu ce livre ?

« Oui, ça été clair depuis le début, mais il se trouve que j'ai lu ce bouquin il y a vingt-cinq ans... Quand on m'a demandé de proposer un sujet pour réaliser un film, je suis retourné vers mon Emmanuel Bove. C'est un auteur qui m'est très proche, j'ai l'impression de voir le monde comme lui, d'avoir le même type d'humour, la même sensibilité au monde. J'ai donc relu ce livre et je me suis aperçu que vingt-cinq ans après, c'était toujours le même film que j'avais envie de faire. »

Dans ce film, il y a un acteur tchèque, Ivan Franek. Comment est-ce que vous êtes tombés sur lui ? Comment fait-on son casting pour un premier film ? Dans le casting, vous avez d'ailleurs pris votre épouse également...

« Etant moi-même acteur, j'ai voulu profiter de l'occasion de pouvoir tourner avec plein de vieux camarades avec qui j'avais travaillé au théâtre ou au cinéma. Ivan, je l'avais déjà remarqué dans un ou deux films. A un moment donné, on m'a reparlé de lui, j'ai vu sa photo, il m'est revenu en tête et je l'ai rencontré. C'était tout de suite évident qu'il était bien pour ce rôle. »