JO d’hiver 2026 : en or et en argent, Zuzana Maděrová et Metoděj Jílek, nouveaux joyaux du sport tchèque
Une journée aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina aura suffi pour que la Tchéquie fasse déjà mieux que sur l’ensemble de la compétition à Pékin il y a quatre ans. Respectivement vainqueure du slalom géant parallèle en snowboard et deuxième du 5 000 mètres en patinage de vitesse, dimanche, Zuzana Maděrová et Metoděj Jílek, médaillés d’or et d’argent, sont montés sur un podium olympique pour la première fois de leur carrière, ouvrant ainsi aussi le compteur de leur pays en Italie.
Une snowboardeuse tchèque peut donc en cacher une autre, tout aussi talentueuse. Ce n’est assurément pas celle que l’on attendait, mais vu sous le seul angle du résultat, et aussi grande la déception d’Ester Ledecká était-elle dimanche après-midi, cela importe finalement assez peu.
Malgré l’élimination surprise et prématurée de l’immense favorite et double championne olympique en titre de la spécialité, Ester Ledecká donc, dès les quarts de finale, c’est bien une Tchèque qui a remporté le slalom géant parallèle en snowboard, dimanche, et ainsi offert la première médaille à son pays lors de ces Jeux de Milan-Cortina. Et qui plus est, celle dont le métal de couleur jaune est le plus précieux de tous.
À 22 ans, devant des supporters tchèques particulièrement nombreux et bruyants à Livigno, Zuzana Maděrová a remporté le premier grand titre de sa carrière, moins d’un an seulement après son premier podium en Coupe du monde. Le tout au bout d’une journée où tout pour elle s’est passé comme dans un rêve, comme elle l’a expliqué au micro de l’envoyé spécial de la Radio tchèque :
« Du début à la fin, la piste était parfaitement préparée, elle est toujours restée dans un excellent état, il faut souligner que les organisateurs italiens ont fait un excellent travail. Et je me suis dit que si la piste était parfaitement préparée et que moi aussi j’étais parfaitement préparée, alors autant y aller à fond, que c’était maintenant ou jamais. J’ai donc tout donné dès la première descente sans trop me poser de questions et cela a fonctionné ! »
En finale, après avoir pris un départ canon, la native de Liberec (Bohême du Nord) a battu l’Autrichienne Sabine Payer, celle-là même qui avait éliminé Ester Ledecká un peu plus tôt dans l’après-midi. Et puisque « les vainqueurs ne naissent pas de la peur », comme elle l’a déclaré une fois sa médaille d’or autour du cou, Zuzana Maděrová, déjà deuxième des qualifications dans la matinée juste derrière Ester Ledecká puis auteure ensuite d’un sans-faute en phase finale, a confié comment elle avait géré son statut de co-favorite, alors que les meilleurs résultats de sa carrière jusqu’à dimanche restaient deux deuxièmes places en Coupe du monde :
« J’étais certainement plus prudente. En Coupe du monde, l’état d’esprit est un peu différent. Vous pouvez réussir parfaitement une course le premier jour et vous planter complètement le lendemain. Aux Jeux, il n’y a qu’une seule épreuve, c’est tout ou rien, vous n’avez qu’une seule chance. Vous ne savez jamais si cela va bien se passer ou pas. Je savais qu’il y avait certaines attentes me concernant, mais aujourd’hui, toutes les conditions étaient réunies pour un bon résultat. Que ce soit la neige, le terrain ou la piste, tout me convenait. C’était génial, mais les choses auraient aussi pu se passer différemment. Je suis venue ici avec l’idée que je pouvais rivaliser avec les meilleures, mais certainement pas avec la certitude de gagner à 100 %. Je me suis dit que je ferais de mon mieux et que si je réussissais six courses sur six, ce serait déjà bien ! »
Finalement, c’est quelque chose d’encore mieux que bien que Zuzana Maděrová a réalisé pour devenir la troisième snowboardeuse tchèque de l’histoire sacrée championne olympique, après Ester Ledecká et Eva Adamczyková, qui, sous le nom alors encore de Samková, avait, elle, remporté le snowboardcross à Sotchi en 2014.
Le chagrin d’Ester Ledecká, privée de triplé
L’immense bonheur de Zuzana Maděrová contrastait bien évidemment avec le profond état de désolation dans lequel était plongée Ester Ledecká, dont beaucoup d’observateurs et de supporters en Tchéquie attendaient un triplé olympique doré historique, après sa contre-performance. Devant la caméra et le micro de la Télévision tchèque, celle qui va désormais reporter tous ses espoirs de médaille en Italie sur le Super-G en ski alpin ce jeudi 12 février, a eu bien du mal, malgré ses lunettes de soleil, à retenir et à cacher ses larmes :
« J’ai commis une erreur sur le haut de la piste et même si j’ai réussi à refaire une partie de mon retard sur mon adversaire, il était trop tard, elle était trop rapide. Cela arrive malheureusement dans le sport, et même si beaucoup de gens ne se rendent pas forcément compte, la pression avant les Jeux est énorme. Tout le monde espérait une médaille, les médias, le public, même le président de la République était là aujourd’hui... Je n’ai désormais plus d’autre choix que de penser au ski et d’essayer de me préparer au mieux pour jeudi. Je n’ai que quelques jours d’ici-là, mais je ferai tout mon possible. Je félicite Zuzana pour sa victoire, elle la mérite, elle a fait une super saison. Mais oui, je suis très déçue, pour les supporters aussi... Je suis désolée. »
Metoděj Jílek, deuxième patineur de vitesse tchèque de l’histoire médaillé olympique
Moins déçu, forcément, mais quelque peu déçu quand même, l’était aussi Metoděj Jílek, deuxième du 5 000 mètres en patinage de vitesse. Bien qu’il ne s’agisse encore à Milan que de la première participation de sa carrière à des Jeux olympiques, l’ambitieux Tchèque de 19 ans, très exigeant avec lui-même, a dû se contenter d’une médaille d’argent qui ne fait que partiellement son bonheur :
« Je ne peux pas dire que je sois entièrement satisfait, car je m’attendais à un peu mieux. Mais j’ai affronté le meilleur patineur actuel sur 5 000 mètres, donc je ne peux pas non plus considérer cette deuxième place comme une déception totale. J’ai donné le meilleur de moi-même, je n’ai ni déçu ni surpris, donc mes émotions sont plutôt neutres. »
Spécialiste des longues distances (5 000 et 10 000 mètres chez les hommes), dont il a remporté le classement général de la Coupe du monde cette saison, le Tchèque a parcouru la distance dans un temps de 6’06’’48, terminant à 2’’47 du Norvégien Sander Eitrem, récent recordman du monde et nouveau champion olympique, tandis que l’Italien Riccardo Lorello a complété le podium.
Metoděj Jílek, que l’on devrait revoir à l’œuvre encore à trois reprises durant ces Jeux, va désormais se concentrer sur le 10 000 mètres, une distance sur laquelle il comptera assurément aussi parmi les favoris pour la médaille d’or :
« C’est certainement une source de motivation pour les prochaines courses. Mon objectif sera bien évidemment d’améliorer mon classement, de faire mieux que deuxième, mais on verra comment les choses se passent, je ne suis pas le seul à avoir cet objectif. Sur 10 000 mètres, je pense que mon principal adversaire sera l’Italien Davide Ghiotto et le battre ne sera pas simple, car il sera chez lui et bénéficiera du soutien du public. Je m’attends donc à une course de nouveau très difficile. »
En attendant, donc, cette nouvelle échéance alléchante, Metoděj Jílek est d’ores et déjà devenu le deuxième patineur de vitesse tchèque de l’histoire (le premier chez les hommes) à monter sur un podium aux Jeux, continuant ainsi à marcher sur les pas d’une certaine Martina Sáblíková, l’ancienne triple championne et septuple médaillée olympique dont il s’approchera un peu plus encore en cas de sacre sur la plus longue des distances. Rendez-vous est pris pour ce vendredi !






