Karel Husa, grand compositeur tchèque émigré aux Etats-Unis né il y a un siècle

Karel Husa est un nom plus connu dans le monde que dans son pays natal. Karel Husa est titulaire des prix Pulitzer et Grawemeyer et, comme d'autres grands compositeurs tchèques, il a relié la tradition musicale tchèque à la musique du monde.

Exactement 100 ans se sont écoulés depuis sa naissance le 7 août. Après une jeunesse passée pendant la guerre dans la Prague occupée, il se rend à Paris pour étudier la composition avec Arthur Honegger et Nadia Boulanger. Après le Coup de Prague de février 1948, il ne retourne pas en Tchécoslovaquie et reste en France. Les communistes ne le lui ont pas pardonné et ses compositions ont donc disparu des scènes de concerts tchèques pendant quarante ans en guise de punition.

Karel Husa | Photo: Renáta Spisarová,  ČRo

En 1954, le département de musique de l'université Cornell lui propose d'enseigner la composition, la théorie musicale et la direction d'orchestre. En mars 1954, Karel Husa s'installe donc aux États-Unis. En 1959, il devient citoyen américain et son travail à l'université est prolongé à durée indéterminée.

En 1968, pour protester contre l'occupation de la Tchécoslovaquie par les armées de l'Union soviétique et de ses États satellites, il compose la légendaire Musique pour Prague (Hudba pro Prahu), qu'il ne jouera dans son pays qu'en février 1990 après la Révolution de velours.

Karel Husa est mort en 2016 à l'âge de 95 ans en Caroline du Nord.

Music for Prague 1968 by Karel Husa

En vertu de son passeport, Husa peut être considéré comme un compositeur américain, mais dans son âme et dans son œuvre, il est clairement resté tchèque. Husa a dédié plusieurs de ses compositions à Prague. Comme le dit le dramaturge de l'Orchestre symphonique de Prague FOK Martin Rudovský :

"Comme d'autres grands compositeurs tchèques, il a lié la tradition musicale tchèque à celle des musiques du monde. Il a développé le langage suggestif de son mentor Arthur Honegger en une expression très distinctive dans laquelle la tendresse rencontre la rugosité. »

Photo: Supraphon

À l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Karel Husa, Supraphon, en collaboration avec le FOK, a sorti un nouvel album, qui comprend les compositions Hudba pro Prahu 1968, Tři fresky et la Symphonie n°2 « Zrcadlení ». Aujourd'hui, nous vous proposons d’écouter la première.

Karel Husa: Apotheosis of this Earth (1971)