Sacré à Miami face à Djokovic, Jakub Menšík, le symbole du renouveau du tennis masculin tchèque
En battant son idole de jeunesse Novak Djokovic en deux sets (7-6, 7-6) en finale du prestigieux Masters 1 000 de Miami, dimanche soir, Jakub Menšík a remporté, à 19 ans, le premier grand titre de sa prometteuse carrière sur le circuit professionnel ATP. Et confirmé, après plusieurs années de disette, le retour progressif au premier plan du tennis masculin tchèque.
Après que la tenue de la finale, dont le début était initialement prévu en milieu de soirée (21h à Prague), a finalement été repoussée de près de six heures en raison des violents orages qui se sont abattus sur la Floride dimanche, beaucoup d’amateurs de tennis en Tchéquie ont dû se frotter longuement les yeux en découvrant le résultat du match à la sortie de leur lit, ce lundi matin. Face à un Djokovic qui, en cas de victoire, aurait soulevé le centième trophée ATP de sa carrière, c’est en effet une performance majuscule, digne des plus grands, qu’a signée Jakub Menšík pour, donc, inversement, ouvrir son palmarès sur le circuit professionnel.
Allongé sur le court après un ultime service gagnant sur la balle de match, le Tchèque a d’ailleurs d’abord semblé lui aussi ne pas en croire ses propres yeux, auxquels il n’a pourtant jamais eu froid malgré l’enjeu d’une première finale à ce niveau de compétition. Très solide sur sa mise en jeu tout au long du match, c’est ainsi l’élève qui, grâce à deux tie-breaks décisifs mentalement et techniquement parfaitement maîtrisés, a dépassé le maître.
Le « protégé » de Djokovic
Juste après la remise du trophée, au moment de s’exprimer dans un très bon anglais devant le public américain, les premiers mots de Menšík, qui à maintes reprises depuis son apparition sur le circuit a déjà exprimé son admiration pour Djokovic, ont d’abord été pour son idole, de dix-huit ans son aîné. « Tout le monde sait que je suis là grâce à toi, que j’ai commencé à jouer au tennis grâce à toi », a-t-il ainsi rappelé au Serbe, qui se tenait à côté de lui sur le podium d’une finale qui aura pris la forme d’un duel de générations et, même, dans une certaine mesure, d’un passage de témoin.
Très fair-play malgré sa déception immédiate de devoir encore attendre un peu avant de pouvoir célébrer son centième sacre, Djokovic a lui aussi d’abord tenu à féliciter son jeune adversaire et admis que, tant qu’à perdre en finale, autant que ce le soit contre un joueur qu’il a présenté comme son « protégé ». Soulignant ses progrès, le détenteur de vingt-quatre titres du Grand Chelem et champion olympique en titre a estimé, en connaisseur de talents, que ce n’était très probablement pas la dernière fois que l’on entendait parler de Menšík.
Déjà « révélation » de l’année en 2024
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Au bout d’une quinzaine de rêve à Miami, dans un tournoi qui compte parmi les plus relevés de la saison derrière les quatre épreuves du Grand Chelem et qui l’aura vu dominer des joueurs comme l’Américain Taylor Fritz (4e mondial), le Britannique Jack Draper (7e) ou le prometteur Français Arthur Fils (15e), le natif de la ville de Prostějov, en Moravie, dont le très réputé centre d’entraînement a par le passé produit des joueurs comme Tomáš Berdych, Petra Kvitová ou Jana Novotná, a ainsi confirmé son étiquette de « révélation de l’année » 2024. Une distinction qui lui avait été décernée en décembre dernier, après une saison qui l’avait vu effectuer un bond de près de 120 places au classement mondial et durant laquelle il avait déjà atteint la finale de l’Open de Doha.
Interrogé par téléphone par l’agence de presse tchèque ČTK ce lundi matin, quelques heures seulement donc après un premier grand succès qui lui a permis de progresser de trente nouvelles positions au classement ATP, où il figure désormais au 24e rang, Jakub Menšík a naturellement exprimé une profonde joie :
« Je suis bien évidemment très heureux, et j’espère que ce n’est qu’un début. Il y a le titre, bien sûr, mais aussi le chemin parcouru et les performances qui, tout au long du tournoi, m’ont permis d’en arriver là. Jouer contre mon idole dans la plus grande finale jusqu’à présent de ma carrière est aussi un rêve qui se réalise et que je suis en train de vivre. »
Trois Tchèques dans le Top 30 mondial
Comme il l’a inscrit sur la caméra au moment de signer celle-ci au terme de sa finale victorieuse, comme le veut depuis quelques années une nouvelle tradition dans le tennis moderne, Jakub Menšík entend bien à ce que ce premier titre ne soit que « le premier d’une longue série ».
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Mais quelle que soit la suite, que beaucoup d’observateurss imaginent néanmoins déjà parsemée d’autres succès, le parcours du grand droitier tchèque à Miami fera date probablement encore pendant quelque temps. En plus d’être devenu le deuxième joueur le plus jeune de l’histoire à s’imposer en Floride, après un certain Carlos Alcaraz à 18 ans en 2022, Jakub Menšík est surtout devenu le premier joueur tchèque à remporter un tournoi appartenant à la catégorie Masters 1 000 depuis le triomple de Tomáš Berdych à Paris Bercy en 2005.
Un Berdych qui occupe désormais les fonctions d’entraîneur de l’équipe de Coupe Davis et qui, comme tout le tennis tchèque avec lui, doit suivre avec satisfaction l’évolution de ses protégés. Ce lundi, avec Tomáš Macháč 21e (24 ans) et Jiří Lehečka 29e (23 ans), ce ne sont en effet pas moins de trois joueurs tchèques qui figurent parmi les trente premiers mondiaux...









