La coopération franco-tchèque et la recherche sur l'obésité

r_2100x1400_radio_praha.png

Un laboratoire franco-tchèque pour la recherche sur l'obésité : le projet est né il y a quatre ans, d'une association entre l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale de Toulouse et la faculté de médecine de l'Université Charles à Prague. Un projet précurseur en Europe qui a pris de l'ampleur depuis sa création, comme nous l'a confié Dominique Langin, de l'INSERM:

« En 2003 a été créé le laboratoire européen associé, le premier entre l'INSERM et une institution étrangère - c'est donc à souligner que c'était à Prague. Il s'agissait donc maintenant de renouveler ce laboratoire pour quatre nouvelles années. Ce laboratoire est localisé en deux endroits, Toulouse et Prague, et met en commun le savoir-faire et les problématiques des deux sites, qui portent principalement sur l'obésité et ses complications. »

« Il y a des échanges très actifs entre la France et la République tchèque. Le mois dernier par exemple, une expérimentation a eu lieu ici à Prague avec deux Français qui sont venus participés aux expériences. »

Quel bilan faîtes-vous après quatre ans d'existence ?

« Un bilan très positif. La collaboration date d'une quinzaine d'années, en 2003 on avait vraiment pu formaliser ces relations. Cela nous a permis d'améliorer fortement la recherche sur l'obésité en joignant nos forces. »

L'adhésion de la République tchèque à l'UE en 2004 a-t-elle facilité cette coopération ?

« Ca facilite la coopération indirectement grâce à la participation aux projets européens. Avant, la République tchèque était simplement un membre associé, alors que maintenant c'est un membre à part entière de l'UE. Ce projet est financé conjointement par la 3e faculté de médecine de l'Université Charles et par l'INSERM. Mais au-delà de ce financement formel, il y a une valeur ajoutée extrêmement forte qui fait que nous participons plus facilement à des projets européens et à des projets binationaux également. »

Quels sont les enjeux aujourd'hui de cette recherche sur l'obésité ?

« Les enjeux sont de deux types. Il y a d'une part la prévention de l'obésité, en particulier chez les enfants, et puis l'objectif principal du laboratoire est la compréhension - une fois l'obésité installée chez l'adulte - des complications, et comment un sujet obèse va développer des problèmes cardio-vasculaires ou un diabète. »

Les populations tchèque et française sont-elles touchées à niveau égal par l'obésité ?

« Non, la population tchèque est touchée à un plus haut niveau que la population française, mais les progressions sont identiques. Mais il y a quand même un décalage de plusieurs années entre la France et la République tchèque. »

A quoi est due cette différence ?

« La différence est sûrement due aux habitudes de vie des deux populations : les niveaux d'exercice physique, l'alimentation, et on ne peut pas non plus formellement exclure des différences au niveau génétique entre les deux populations. »