La culture et l’actualité taïwanaises à l’honneur cette semaine à Prague

Taïwan

Plusieurs événements concernant Taïwan sont organisés cette semaine dans la capitale tchèque, avec entre autres une exposition et une conférence internationale.

Tsai Ming-Liang | Photo: Alexis Rosenzweig,  Radio Prague Int.

La semaine dernière s’était achevée par la projection du film réalisé à Jihlava par Tsai Ming-Liang, cinéaste malaisien représentant depuis plusieurs décennies la cinématographie taïwanaise :

« J’ai eu la chance, dans le cadre des échanges culturels tchéco-taiwanais, de pouvoir travailler avec des étudiants de cette très bonne école qu’est la FAMU de Prague », a indiqué à RPI le réalisateur de la série intitulée Walker, avec déjà plus une dizaine d’épisodes dans une ville différente et dans un pays différent à chaque fois. L’épisode tchèque a donc été tourné à Jihlava, dans le cadre du festival de documentaires qui s’y est achevé le week-end dernier.

'Quand les tournesols se sont fanés : l'identité taïwanaise en période de crise géopolitique' | Source: Institut oriental de l'Académie des sciences

Cette semaine, Taïwan est à nouveau au cœur de plusieurs événements à Prague, avec d’abord une nouvelle exposition au Kampus Hybernská intitulée « Quand les tournesols se sont fanés : l'identité taïwanaise en période de crise géopolitique ». Elle est organisée par la documentariste pragoise Haruna Honcoop, qui réalise actuellement un film sur Taïwan, « L’île de la liberté » :

« J'organise cette exposition qui est composée d’œuvres des protagonistes de mon film. Tous les quatre protagonistes sont liés avec les arts et la culture et ils font plusieurs activités. Il y a notamment un écrivain taïwanais qui s'appelle Chu Yu-hsun, qui a écrit un livre où il imagine le futur de Taïwan quand Taïwan sera occupé par la Chine. C'est une œuvre assez dystopique dans laquelle il voit donc le futur de Taïwan pas tellement positivement. Il y a aussi un artiste qui s'appelle Kacey Wong, c'est un artiste de Hong Kong qui a fui Hong Kong après la révolution des parapluies. Et avec d'autres exilés, il vit à Taïwan et il fait beaucoup d'art dans les rues et des actions contre la Chine pour célébrer la liberté et la démocratie à Taïwan. »

Le lendemain du vernissage de cette exposition s’ouvrira à Prague le sommet du think tank European Values (Valeurs européennes), très engagé dans la défense de la démocratie taïwanaise et qui a ouvert un bureau à Taipei. L’événement est organisé sous les auspices du président de la République, Petr Pavel, qui doit prononcer le discours d’ouverture.

« Les eaux dangereuses du Détroit de Taïwan : Des réponses à plusieurs niveaux face à des chocs multiples » est l’intitulé du premier débat de cette conférence, qui réunira plusieurs experts taïwanais parmi les intervenants, dont par exemple Chyungly Lee, professeure d’université  à la NCCU de Taipei.

Radio Prague International reviendra sur cet événement dans une de nos prochaines émissions consacrées aux relations tchéco-taïwanaises – des relations excellentes ces dernières années comme en témoigne encore la grande exposition organisée jusqu’à fin décembre au Musée national de Prague, dont Michal Lukeš est le directeur :

« L’ensemble de l’exposition est précieux : elle rassemble plus de cent pièces uniques issues des collections du Musée national du Palais de Taipei. Mais, bien sûr, l’objet le plus populaire – et probablement aussi le plus précieux pour nos collègues du Musée national du Palais – est ce chou taillé dans le jade, avec une sauterelle et un criquet. Il figure parmi les objets les plus célèbres du musée. C’est tout à fait exceptionnel, car jusqu’à présent cette pièce n’a voyagé à l’étranger qu’à deux reprises. »

Source: Musée national

Cette exposition à Prague n’a pas été officiellement critiquée par Pékin. Mais, selon des informations publiées par Radio Taiwan International fin septembre, elle a fait l'objet de menaces d’attaques. « La Commission ministérielle des affaires continentales, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Culture ont reçu le 22 septembre des courriers menaçants provenant du même compte de messagerie électronique, avertissant que si l'exposition se poursuivait, il risquerait de se passer des incidents, tels que des incendies criminels, des vols, des fusillades ou des attentats terroristes », indiquait RTI.