La galeriste lyonnaise Geneviève Mathieu : « Les acheteurs tchèques viennent m’acheter des artistes tchèques »

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Jusqu’au 1er juin, pendant une semaine, se déroule la 7e édition de la foire internationale d’art contemporain à Prague. Comme chaque année depuis presque le tout début, la galeriste lyonnaise Geneviève Mathieu qui collectionne depuis 30 ans les artistes tchèques a réinstallé son stand, dans le bâtiment de la galerie Manes, au bord de la Vltava. Comme elle est désormais une habituée de la foire, Radio Prague a voulu savoir comment elle évaluait l’évolution de l’événement sur ces quelques années.

« Cette foire va de mieux en mieux, elle est de meilleure qualité d’année en année. Cette année c’est vraiment très intéressant. Ce sont des stands qui sont un peu différents de ce qu’on trouve en France, en Allemagne. Je suis une fan de la foire, je pense que je reviendrai... »

Cela fait quelques jours qu’elle est ouverte... avez-vous eu des acheteurs ?

« Oui, les acheteurs étaient tous là au vernissage, les marchands aussi, c’est-à-dire ceux qui achètent et qui revendent. Pour moi, ça a très bien commencé. J’ai vendu 6 œuvres en deux jours. Donc tout va bien : il fait beau à Prague et je suis très contente. »

Est-ce que vous-même, vous faites un peu votre marché pour l’occasion ?

« Alors ça c’est un autre problème... Ce qu’on trouve ici sur la foire n’est pas du tout la sensibilité en France. C’est donc difficile d’acheter des choses. Par contre, ce que moi j’ai collectionné depuis trente ans à Prague intéresse beaucoup les Pragois. Ce qui fait que maintenant, il y a un engouement pour Milan Grygar, Boštík, Kučerová. Tous les anciens, qui étaient dissidents avant et qui prennent maintenant de l’ampleur et de la notoriété. Et les prix augmentent aussi. Ça, c’est le côté marchant. Pour le côté galeriste, j’ai un jeune Tchèque qui s’appelle David Frank. Et puis mon cheval de bataille, Miloslav Moucha. »

C’est intéressant : vous dites que ça marche bien et que des acheteurs tchèques viennent vous acheter des artistes tchèques... Il aura donc fallu que ces artistes passent par la France pour être redécouverts dans leur propre pays ?

« Oui, la France, mais il y a aussi beaucoup d’artiste qui ont percé en Allemagne. Mais vous savez, c’est très classique : les Français vont à New York et reviennent 20 ans après, et là on commence à les apprécier en France, alors qu’on ne les connaissait pas du tout 20 ans avant. C’est un peu un système de reconnaissance qui tourne, c’est très classique en fait, donc peu surprenant. »