La République tchèque a besoin des étrangers

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Faible taux de natalité, vieillissement de la population. Il faut trouver un remède. Alain Slivinsky vous présente celui que propose le gouvernement.

Le cabinet de Milos Zeman a adopté un projet qui devrait attirer les étrangers à venir s'installer en République tchèque : en remplissant certaines conditions, les étrangers désireux de s'établir en Tchéquie ne seraient plus obligés d'attendre dix ans pour obtenir leur permis de séjour indéterminé, voire leur naturalisation, mais seulement trois ans. Pour contrer le problème de la natalité en baisse et de la hausse de l'âge des Tchèques, on encouragera donc les étrangers à venir en Tchéquie. Des étrangers, mais pas n'importe lesquels ! Ces derniers devront répondre à des critères bien précis. Ils seront basés, en premier lieu, sur l'âge du candidat, son niveau d'instruction, sa connaissance de la langue et du pays, sa profession et sa situation de famille. Le candidat devra fournir les preuves qu'il ne s'installera en République tchèque pour bénéficier des allocations sociales ou autres, donc vivre aux frais de l'Etat. Le gouvernement pense adopter un système à points, comme le pratiquent le Canada ou la Grande-Bretagne, par exemple. Ce système n'est pas encore défini, mais son projet vient d'être présenté par le Vice-premier ministre, Vladimir Spidla, qui est aussi ministre du Travail et des Affaires sociales. D'après celui-ci, le candidat idéal pourrait atteindre 95 points. Par exemple : huit points pour son âge - trente ans, 12 points pour l'année qu'il travaille en Tchéquie, expert en informatique - cinq points, domicilié à Prague où se trouve le siège de son employeur - dix points, cinq points pour ses deux années et demie de pratique, quinze points pour ses deux écoles supérieures, dix points pour sa connaissance du tchèque et du pays, dix points pour sa femme et ses deux enfants et dix points de plus pour sa femme qui répond aux mêmes critères que lui. Si en trois ans de résidence en Tchéquie, il prouve ses capacités, avec un casier judiciaire vierge et de bonnes notes de son employeur et de son entourage, il pourra obtenir un permis de séjour indéterminé, voire demander sa naturalisation. Deux autres objectifs sont encore suivis par le projet du gouvernement primo : vu le fait que sur 43 000 permis de travail, octroyés en 2001, 33 000 concernaient les étrangers de professions ouvrières, le gouvernement veut attirer des étrangers plus instruits. Secundo : avec le vieillissement de la population, les dépenses sociales - retraites et autres - augmentent. Moins de naissance, en plus, donc moins de citoyens actifs et moins d'impôts perçus. Les étrangers devraient compenser ce manque à gagner.