La Semaine de l'éco

Photo: Filip Jandourek, ČRo

Retour sur l'actualité économique de la semaine écoulée.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
Baisse du chômage en République tchèque, principalement en raison de facteurs saisonniers

Le taux de chômage a baissé de 0,4 point entre mars et avril pour s’établir à 7,9%. Environ 575 000 personnes n’ont ainsi pas de travail en République tchèque. En avril, elles étaient 608 000, un nombre record. Cette baisse du chômage, établie à partir des données publiées par le Bureau du travail ce lundi, serait essentiellement due à des facteurs saisonniers. Il y aurait toutefois également un début de reprise de l’activité économique qui devrait se confirmer dans les mois à venir.

Après plusieurs années de morosité économique marquées par la politique d’austérité du gouvernement de Petr Nečas, sans doute pas innocente à la longue récession économique qu’a connue la République tchèque, le chômage a baissé dans la totalité des 77 arrondissements que compte le pays. Marie Bílková, directrice du Bureau du travail, note qu’il s’agit de la baisse la plus significative depuis le début de l’année. Dans certaines régions, elle dépasse même les 13%, comme à Jeseník, Klatovy ou Prachatice.

Il faut toutefois relativiser la bonne nouvelle puisque le chômage baisse mécaniquement au printemps du fait de différents travaux saisonniers. La saison touristique débute et les hôtels, restaurants et autres centres de loisir embauchent en conséquence. De la même façon, les secteurs de l’agriculture, du bâtiment ou encore de l’entretien des forêts ont proposé un nombre accru d’emplois, qui sont cependant pour la plupart pourvus temporairement.

Il n’empêche que la reprise économique se ferait sentir malgré la prudence des employeurs, qui seraient méfiants par rapport à la prévision de croissance de la Banque centrale tchèque, rehaussée il y a quelques jours, et qui table sur un accroissement du produit intérieur brut de 2,6% en 2014.

Énergie : ČEZ et Energo-Pro accusés d’abus de position dominante sur le marché bulgare

Le bureau antimonopole bulgare a accusé ce mardi les deux sociétés tchèques, ČEZ et Energo-Pro, ainsi que l’entreprise autrichienne EVN, d’abus de position dominante sur le marché. Selon les informations de l’agence de presse Reuters, l’institut de protection de la concurrence reproche aux sociétés énergétiques d’avoir fixé des prix trop élevés d’accès au réseau de distribution pour les fournisseurs de services téléphoniques, de la télévision et d’accès à Internet.

Selon le bureau antimonopole, les entreprises ont violé les règles pour la protection de la libre concurrence. Elles ont trente jours pour se défendre contre cette accusation, suite à quoi, l’autorité bulgare leur infligera des amendes.

Les problèmes auxquels font face des compagnies tchèques ČEZ et Energo-Pro en Bulgarie durent déjà depuis le début de l’année 2013. Récemment, la Bulgarie a même lancé un processus visant à leur retirer leur licence de distribution. A l’origine de ce contentieux se trouvait une dette de quelques 163 millions d’euros (318 millions de leva) que les entreprises énergétiques auraient dû payer à la société nationale bulgare NEK, proche de la faillite, selon les informations fournies par les médias locaux. Cependant, les compagnies nient l’existence d’une telle dette vis-à-vis de NEK.

Au début de l’année 2013, les Bulgares ainsi que les Albanais protestaient contre la hausse des prix de l’énergie dans un contexte où les entreprises de distribution faisaient des profits importants. En Albanie, la licence de distribution a même été retirée à ČEZ qui a lancé un arbitrage contre l’Etat pour obtenir des dommages. ČEZ, dont 70% des actions sont la propriété de l’Etat tchèque, assure la distribution d’électricité pour environ deux millions de clients dans l’ouest de la Bulgarie.

Commerce extérieur : un excédent record de 880 millions d’euros en mars

Le bilan du commerce extérieur de la République tchèque en mars a affiché un solde positif de 23,8 milliards de couronnes (environ 880 millions d’euros), un chiffre record dans l’histoire du pays et un résultat supérieur de près de neuf milliards à celui enregistré à la même époque en 2013. Cette évolution et cet excédent de la balance commerciale sont dus en grande partie à la bonne santé de l’industrie automobile, moteur traditionnel de l’économie tchèque.

Le volume des exportations, qui dépendent en grande partie de l’état de l’économie de la zone euro (bilan positif de 56,3 milliards avec les pays membres de l’UE) et plus particulièrement de l’Allemagne voisine, a progressé de 15,6%, tandis que les importations ont, elles, augmenté de 12,6%.

Après un mois de février un peu plus faible (excédent de 13,6 milliards, soit 2,8 milliards de moins qu’en février 2013), le bilan du mois de mars fait suite à celui de janvier, période lors de laquelle un excédent déjà record de 15,5 milliards (12,9 milliards de plus qu’en 2013) avait été établi. Sur l’ensemble du premier trimestre 2014, il s’agit donc d’un bilan positif de 50,1 milliards de couronnes, soit 16,1 milliards de plus que lors des trois premiers mois en 2013. Autant de données fournies par l’Office national des statistiques qui confirment la relance d’une l’économie tchèque qui semble avoir surmonté la crise pour de bon.

La bonne santé de l’industrie automobile notamment est à l’origine de cette évolution positive, avec une hausse de 8,5 milliards de couronnes des exportations des machines et moyens de transport, à laquelle s’ajoute celle du même ordre des véhicules. Par ailleurs, bien que contrebalancée par l’approfondissement de 3,7 milliards du déficit des produits chimiques, la réduction de 3,2 milliards des importations de combustibles minéraux a également contribué au renforcement du bilan.

De manière plus générale, grâce donc essentiellement à la reprise de la production de véhicules automobiles, celle-là même qui avait notoirement freiné l’économie tchèque au tournant des années 2012 et 2013, les exportations ont contribué à une croissance du PIB de plus de 1% entre 2013 et 2014.

En 2013, l’industrie automobile a représenté près du quart de la production industrielle tchèque totale

On le sait, l’industrie automobile est le moteur de l’économie tchèque. Une réalité que confirment les données communiquées, ce jeudi, par l’Association de l’industrie automobile (SAP). Le chiffre d’affaires réalisé par les constructeurs automobiles et les fabricants de pièces détachées automobiles installés en République tchèque a augmenté de 2,9% en 2013 pour s’élever à 865 milliards de couronnes (32 milliards d’euros). Un résultat qui doit beaucoup aux exportations en hausse de 5% avec 718 milliards de couronnes (26,5 milliards d’euros) à l’étranger.

C’est bien lorsque tout roule, comme cela est le cas ces derniers temps. Mais cela le sera nettement moins lorsque ce fameux moteur se grippera. Les chiffres l’attestent : la dépendance est grande. Ainsi, l’année dernière, l’industrie automobile a contribué à hauteur de 23,5% à la production industrielle de la République tchèque et à 7% de son PIB. Avec un bilan à elle-seule de 389 milliards de couronnes (près de 14,5 milliards d’euros) en 2013, l’industrie automobile a grandement contribué au solde positif de 350 milliards de couronnes (près de 13 milliards d’euros) de la balance commerciale tchèque.

1,16 millions de véhicules sont sortis des usines des constructeurs, et notamment de Škoda Autro, soit paradoxalement une production en baisse de 3,8% par rapport à 2012. Le secteur des fournisseurs, qui regroupe les équipementiers qui ont des relations contractuelles directes avec les constructeurs, les sous-traitants, entreprises d’ingénierie, de la mécanique, de la plasturgie, du caoutchouc et des polymères, de l’électronique eu autres fondeurs, a lui réalisé 46% du chiffre d’affaires. Les fabricants de pièces détachées, dont les plus importants ont été Continental Automotive et Robert Bosch, ont augmenté leur chiffre d’affaires et leurs exportations de respectivement 3,9% et 11%.

Par ailleurs, le nombre d’employés dans l’ensemble de l’activité s’est élevé à environ 150 000, dont 109 000 dans les entreprises membres de la SAP. Ainsi, 11% des employés dans la production industrielle en République tchèque travaillent pour une société œuvrant dans l’industrie automobile et pour un salaire mensuel brut de 30 698 couronnes (1 136 euros), une moyenne supérieure de 22% au salaire mensuel brut moyen pour l’ensemble de la République tchèque, tous secteurs confondus.

Les députés modifient la loi sur la sécurité alimentaire

Il s’agirait de la modification la plus importante de la loi sur la sécurité alimentaire depuis quinze ans. Mercredi, les députés ont validé un amendement obligeant les chaînes de distribution à informer de façon visible leurs clients sur la provenance de leurs articles. En cas de tromperie, elles s’exposeront de surcroît à des peines plus sévères. Cet amendement, que le Sénat doit encore examiner, devrait entrer en vigueur au premier janvier 2015.

Parmi les autres mesures, les vendeurs devront également renforcer l’information sur les aliments non emballés, par exemple dans les rayons des supermarchés où sont vendus de la charcuterie ou des pâtisseries. Selon l’ancien ministre de l’Agriculture Miroslav Toman, désormais président de la Chambre agraire et de la Chambre alimentaire, il est essentiel que le consommateur n’ait aucun doute sur le producteur de tel article, sur sa provenance ainsi que sur les éléments qui le composent.

Dans le même temps, la loi facilitera les contrôles que pourront à nouveau mener dans les restaurants et les cantines l’Inspection agricole et alimentaire nationale ainsi que l’Administration vétérinaire nationale. Toutefois, un dispositif d’encadrement de ces contrôles devrait être mis en place pour éviter qu’ils nuisent inutilement à l’activité des restaurateurs si les deux institutions réalisent des inspections en même temps par exemple. D’autant plus que les Services hygiéniques gardent également leurs prérogatives en matière de contrôle et les trois organes devraient donc mieux communiquer entre eux.

Le ministre de l’agriculture, le chrétien-démocrate Marian Jurečka, souhaitait que cette apporte également des réponses en cas de crise sanitaire telle que celle qu’a connu le pays à l’automne 2012 quand des spiritueux coupé à du méthanol ont causé la mort d’une cinquantaine de personnes et en ont intoxiqué des dizaines d’autres. Avec le nouvel amendement, les inspecteurs auront le pouvoir d’interdire la vente de tel ou tel produit en cas de doute ou si une information de l’emballage s’avère être mensongère.