La Tchéquie et le paquet ‘énergie - climat’

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Conserver une dérogation pour les firmes énergétiques pour qu’elles puissent continuer à recevoir gratuitement une partie des permis de polluer, voilà la position des négociateurs tchèques au sommet des Vingt-Sept qui s’est ouvert jeudi après-midi à Bruxelles.

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Le défi de trouver un accord pour lutter contre le changement climatique fait de ce sommet l’un des plus importants des dernières années. Et pour la République tchèque, son importance est encore rehaussée par le fait qu’il est probablement le dernier avant qu’elle prenne, le 1er janvier, la présidence tournante du Conseil de l’UE. Le mandat donné par le gouvernement aux négociateurs tchèques, dirigés par Mirek Topolánek, ne met pas en cause le plan européen sur le climat adopté en 2007 : réduire de 20% les émissions des gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d’économie d’énergie.

La Tchéquie, de même que d’autres pays comme la Pologne, souhaite ralentir le rythme du passage à la vente aux enchères des permis de polluer. Aujourd’hui, les firmes tchèques reçoivent gratuitement des permis dont chacun signifie l’autorisation d’émettre une tonne de CO2 dans l’atmosphère. L’une des raisons de la position tchèque est l’impact sur le prix de l’énergie pour le consommateur, explique Alexander Vondra, vice-premier ministre aux Affaires européennes:

« Nous voulons que les retombées sur le prix de l’énergie électrique et sur le secteur énergétique tchèque soient minimes. Une autre raison est que nous, ainsi que les Polonais, dépendons beaucoup plus de charbon. »

Martin Bursík, photo: CTK
Le compromis proposé par la France en tant que pays présidant concernant l’achat de permis de polluer, plaît au ministre tchèque de l’Environnement, Martin Bursík:

« Cela signifie que les firmes devraient se comporter plus rationnellement, faire des économies et tenir compte du prix du CO2 dans leurs prévisions stratégiques. »

Autre volet délicat de l’actuel sommet, le Traité de Lisbonne. Nous rappellerons qu’à la veille de son ouverture, la chambre basse du Parlement tchèque a interrompu le débat sur ce document jusqu’au 3 février prochain et la chambre haute a différé sa ratification d’un mois, au mois de janvier 2009. Pour ce qui est, finalement du nombre de commissaires qui devrait être réduit d’un tiers selon le Traité de Lisbonne, la Tchéquie a laissé entendre par la voix de Mirek Topolánek que, tant que l’Irlande aura son commissaire en échange de modifications du traité, il faudra que tous les Etats membres aient eux aussi, leur commissaire.