La Télévision tchèque en grève - la crise se poursuit

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Pour caractériser la situation à la Télévision tchèque, on pourrait dire : les deux camps restent sur leurs positions. Informations par Alain Slivinsky.

La position du directeur général de la Télévision, Jiri Hodac, semble solide. Mardi, les présidents des quatre grands partis représentés au Parlement se sont réunis pour analyser la situation de crise à la Télévision tchèque. Une réunion organisée par le président de la Chambre des députés, Vaclav Klaus. Quel en est le résultat ? Les chrétiens-démocrates et l'Union de la liberté demandent le départ de Jiri Hodac et du Conseil de la Télévision, tout comme l'adoption de la nouvelle loi sur la télévision. Le Parti civique démocrate a offert la solution suivante : ou bien les deux parties arrivent à un compromis, ou bien elles doivent quitter la Télévision. La social-démocratie est pour le départ de Jiri Hodac, mais aussi des employés qui ont violé la loi sur la Télévision tchèque. La solution de la crise actuelle réside dans l'adoption de la nouvelle loi sur la télévision. Selon le vice-premier ministre social-démocrate, Vladimir Spidla, et la direction de la social-démocratie (sans son chef et Premier ministre, Milos Zeman), Jiri Hodac doit démissionner, car il ne peut résoudre la situation dans laquelle il se trouve. Le seul parti qui ne demande pas le départ de Jiri Hodac est le Parti civique démocrate. Sa proposition d'entreprendre des négociations avec le directeur général et les employés en grève n'a pas été acceptée. Le Conseil de la Télévision tchèque soutient toujours le directeur général qu'il a nommé. Sur les huit membres un seul est pour sa révocation. Jiri Hodac continue dans les changements au sein du personnel de la direction.

La position des employés révoltés s'est confortée avec la grève des employés de la Télévision lancée par le syndicat de cette institution, lundi. Le mouvement est soutenu par la Confédération tchéco-morave des unions syndicales et l'Association des syndicats indépendants. Elles ont appelé le gouvernement à garantir la protection des employés en grève, ce qui découle des accords internationaux. Elles demandent l'abolition des sanctions prises contres les grévistes, la révocation du directeur général et du Conseil de la Télévision tchèque. Les grévistes viennent de recevoir le soutien de la Fédération internationale des journalistes qui qualifie leur mouvement « d'heure de la vérité pour la liberté de la presse et la démocratie ». La Fédération a demandé à l'Union européenne et au Conseil de l'Europe d'intervenir auprès du gouvernement tchèque. Au sein du gouvernement, justement, la position des ministres diffère.

Certains sont pour le respect de la nomination légale du directeur général, d'autres sont plus tempérés. Le ministre de la Culture, Pavel Dostal, dans une interview publiée par le quotidien Lidove noviny, affirme que la conduite de Jiri Hodac est dangereuse même pour l'avenir politique du pays. Selon lui, la crise de la Télévision pourrait se transformer en une crise de toute la société. Il n'a pas pris le parti des grévistes et n'a pas demandé la résignation du directeur général, mais il dit qu'il serait bon que ce dernier réfléchisse et décide s'il doit ou non conserver sa fonction, car il empêche toute négociation et compromis éventuel. D'après lui, la solution réside dans l'adoption rapide de la nouvelle loi sur la Télévision tchèque. Et les spectateurs dans tout cela ? Toujours la même situation, les Actualités (journal télévisé) diffusées par la direction officielle ne sont pas à la hauteur et sont très critiquées, les programmes sont interrompus et les redevanciers payant leur télévision publique commencent à en avoir assez. La pétition « La TV tchèque - affaire publique » a récolté plus de 120 000 signatures. Les manifestations de soutien aux grévistes se poursuivent et prennent de plus en plus d'ampleur.