La Tunisie, seule destination ensoleillée encore sans restrictions pour les touristes tchèques

Foto: Matthew Hunt, Wikimedia CC BY 2.0

Le secteur du tourisme est évidemment l’un des plus touchés par la crise sanitaire. Blue Style est le deuxième tour-opérateur sur le marché tchèque et propose en temps normal de nombreuses destinations. Entretien avec son fondateur Imed Jeddai :

Imed Jeddai, photo: LinkedIn d’Imed Jeddai

« La situation est mauvaise… Il n’y a rien de surprenant, on commence à s’habituer. Le plus grand problème qu’on a est l’absence de perspective à court terme, on ne sait pas comment les choses vont se passer et on est influencé par les décisions extérieures. On ne sait pas, on ne voit pas le bout du tunnel. Ce virus est vraiment dangereux et détruit beaucoup de business, principalement dans le transport et le tourisme qui sont les premiers à être exposés selon moi. Les clients sont forcément indécis, les consommateurs ont une perte de pouvoir d’achat, les hôteliers ont des dettes bancaires. Il y a une très grande instabilité dans le secteur. Ça touche le transport aérien, l’hôtellerie, les agences de voyage, les tours opérateurs, donc toute entité contribuant au domaine touristique. »

En cette fin de semaine, connaissez-vous le nombre de clients que vous avez déjà en réservation à l’étranger ou prêts à partir ?

«  Pour le moment, on a seulement une destination qui est permise sans restrictions et donc ouverte, c’est la Tunisie. On opère neufs charters par semaine donc ce mois-ci il faut compter 1300 clients qui partent chaque semaine. Ce week-end par exemple il y a quatre vols, deux le samedi et deux autres le dimanche. »

Est-ce que ces vols sont pleins ?

« Oui, ils sont pleins. Les clients sont assoiffés de voyage. Etre ailleurs, n’importe où,  est beaucoup plus sécurisant que d’être en Tchéquie pour le moment ! »

Les Tunisiens acceptent encore les touristes tchèques ?

Photo illustrative: StelaDi/Pixabay, CC0

« Nous faisons l’objet d’une exception. Le gouvernement tunisien nous accorde une exception, mais seulement pour les  voyageurs qui achètent un ‘package’ avec billet et hébergement. »

Vous êtes vous-mêmes d’origine tunisienne, est-ce que c’est important pour vous que les touristes tchèques puissent encore aller en Tunisie ?

« Pour moi, c’est important que le secteur touristique travaille. N’importe quelle destination est la bienvenue, car la situation ici se dégrade. Les gens sont enfermés, plus de 70% des habitants de République tchèque vivent dans des appartements. C’est un étouffement organisé. J’accueille n’importe quelle destination. Mais même si je suis Tunisien, que je préfère la Tunisie et que j’investis beaucoup dans cette destination, je dois dire que la Tunisie n’est que notre troisième destination, après l’Egypte et la Grèce. »

Et pour l’Egypte et la Grèce il n’y a plus de possibilité ?

Photo: Office national du tourisme tunisien

« Pour la Grèce c’est fini car la saison estivale se termine en octobre, mais les destinations plus tardives, vers novembre, sont l’Egypte et la Turquie mais malheureusement c’est désormais interdit de s’y rendre ou bien il y a des restrictions et les passagers doivent avoir des tests et être en quarantaine. Ca détruit le goût et l’appétit de voyager. »

Est-ce que vous avez déjà pendant la première vague demandé des aides au gouvernement tchèque et est-ce que vous allez en demander cet automne ?

« On ne demande pas avant que le gouvernement déclare un certain système de support et d’assistance. Bien-sûr on s’est aligné sur le programme d’assistance gouvernementale annoncé, relatif aux points de vente, aux employés, aux loyers, bien-sûr on s’est aligné dans cette direction. Maintenant il y un programme appelé ‘Covid-III’ pour les tours opérateurs qui dépend de leur dimension. Pour l’instant on suit le dossier, ça prend du temps et ce n’est pas aussi rapide que l’on espérait. »