L'actuelle situation vue par des politiciens tchèques

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Dans une interview exclusive au quotidien Mlada fronta Dnes, le Président tchèque Vaclav Havel évalue les impacts de l'attaque terroriste contre les Etats-Unis. Celle, et d'autres réactions d'hommes politiques tchèques, avec Jarka Gissubelova.

Le Président tchèque Vaclav Havel estime que les événements survenus dans le monde après le 11 septembre marquent la fin définitive de toute coquetterie avec l'isolationnisme. Il ne faut pas croire que nous resterons enfermés dans notre pays, qu'un régime rigoureux à la frontière nous épargnera de tout et que nous vivrons tranquilles, sans se soucier de ce qui se passe dans d'autres parties du globe. Il n'en est pas ainsi. Nous sommes concernés par l'évolution actuelle. Nous faisons partie de ce monde et devons assumer notre part de responsabilité dans sa destinée. Nous devons être conscients des risques qui y sont liés - les sacrifices potentiels et la nécessité de s'engager là où il le faut. L'engagement, c'est aujourd'hui une façon d'exprimer la responsabilité du monde, a souligné Havel. D'autre part, le Président ne craint pas que la lutte contre le terrorisme puisse limiter les libertés individuelles des citoyens tchèques. Il ne faut pas confondre la limitation des libertés avec la nécessité de respecter un certain ordre, certaines valeurs, certains principes. La tragédie de Manhattan a levé une énorme vague de patriotisme et de solidarité. Les Américains se précipitaient à offrir, eux-mêmes, des limitations. Faire passer la défense de la liberté pour une limitation de la liberté serait une erreur, a dit le président au quotidien Mlada fronta Dnes. Interrogé par la TV Nova sur l'évolution après l'ouverture des opérations militaires en Afghanistan, le président du Sénat, Petr Pithart, a dit : si les frappes aériennes des Etats-Unis continuent trop longtemps, elles perdront des sympathies. Le déploiement de l'homme contre l'homme est nécessaire. L'emploi d'unités spéciales est soutenu par le Premier ministre, Milos Zeman. Dans l'avenir, surtout en cas de prolongement du conflit, il faudra compter sur la participation de soldats tchèques aux opérations.