L'affaire de l'Union banka

Union banka

L'affaire de l'incapacité de paiement de l'Union banka se transforme, peu à peu, en affaire criminelle.

Union banka
Au mois de février, l'Union banka, une banque de moyenne importance, dont le siège se trouve à Ostrava, en Moravie du nord, s'est retrouvée en incapacité de paiement. Rien de spécial, si ce n'est le fait qu'elle était quand même l'une des importantes banques moraves, comptant plus de 200 000 petits épargnants. La Banque nationale tchèque lui reprochait une mauvaise gestion financière, des crédits douteux, mais lui laissa sa chance. Un plan de consolidation devait être présenté, sinon la licence serait retirée à l'Union banka. La direction de la banque promit de s'exécuter, de mettre de l'ordre dans ses affaires, surtout grâce à son principal actionnaire italien, Invesmart. Comme cela est souvent le cas, dans de telles affaires, d'autres institutions bancaires ou autres commencèrent à s'intéresser à l'Union banka.

En principe la faillite d'une banque est une affaire économique. Pas dans le cas de l'Union banka. La semaine dernière, le chef de la banque, l'Italien Giuseppe Roselli, est enlevé. Il réapparaît deux jours plus tard et déclare qu'il a été contraint de signer des documents, des papiers divers, même blancs... Entretemps, un juge de la ville d'Usti nad Labem, en Bohême du nord, tente d'envoyer la banque en faillite, sur la base de faux documents. Le juge Jiri Berka est trop diligeant et décide de la faillite deux heures seulement, après avoir pris connaissance des documents, ce qui met la puce à l'oreille de la justice. Cela sent la corruption à plein nez, et le procureur chargé de la lutte contre le crime économique, Jaroslav Dolejsi, décide d'arrêter le juge Berka, dans la nuit de lundi à mardi. Il est placé en garde à vue. Une arrestation hors du commun, en Tchéquie, car un juge est protégé par son imunité et, pour le poursuivre en justice, il faut l'accord du Premier ministre et du président de la République, ce qui a été fait. Pour en revenir au chef italien de l'Union banka, Roselli, un important patron de Pribram, Jaroslav Starka, chef du club de football de la ville, serait impliqué dans l'enlèvement de l'Italien. On se croirait dans un film policier... Pas du tout, c'est la réalité et l'affaire de l'Union banka fera encore parler d'elle, car d'autres personnes influentes semblent y tremper. Pour les observateurs, il s'agirait d'une tentative d'éviter le remboursement des placements aux clients de la banque.