L'avenir de l'euro reste incertain en Tchéquie

Photo: Commission européenne

Vendredi dernier, politiciens, banquiers, chefs d'entreprises et économistes étaient réunis à Prague à la Conférence annuelle sur l'introduction de l'euro en République tchèque, organisée sous le patronage du ministre des Finances, Miroslav Kalousek. La conférence a révélé une diversité de vues sur l'entrée de la Tchéquie dans la zone euro.

Mirek Topolanek, photo: CTK
Le Premier ministre, Mirek Topolanek a déclaré qu'avant d'introduire l'euro en Tchéquie, il fallait d'abord répondre aux questions que pose les réformes du Code du travail, de la loi sur les licences professionnelles, du régime des retraites et de celui de la santé publique. Il a précisé, à propos de la date de l'adoption de l'euro :

« Un politicien responsable ne sait pas, sans répondre à ces questions, déterminer une date précise pour l'adoption de l'euro par la République tchèque. »

Les milieux de l'entreprise, surtout les exportateurs, ont pourtant exprimé leur désaccord avec la position d'attente du gouvernement. Ils demandent l'adoption de l'euro le plus rapidement possible, dans quatre ou cinq ans. Le président de la Chambre économique, Jaromir Drabek, a affirmé que les entreprises devraient au moins savoir quand le gouvernement décidera de la date de l'introduction de l'euro et a précisé :

Jaromir Drabek
« Si on déclare qu'il faut d'abord analyser les conséquences du premier pas dans la réforme des finances publiques et que la date de l'adoption de l'euro sera fixée à l'année prochaine, en août ou en septembre, oui cela est une réponse. Mais affirmer qu'on ne sait pas, qu'on verra dans deux ou trois ans, je pense que cela est irresponsable. »

D'après Jaromir Drabek, il y aurait plus d'avantages que de risques dans l'adoption rapide de l'euro. Le gouverneur de la Ceska narodni banka (Banque nationale tchèque), Zdenek Tuma, a déclaré que les positions du gouvernement et de la banque nationale étaient identiques envers l'adoption de l'euro. Pour lui, l'attitude réservée des Tchèques à l'égard de l'euro et la confiance envers la monnaie tchèque découlent du cours élevé de la couronne, dû à la chute du dollar américain et à la hausse du prix du pétrole.

Photo: Commission européenne
Si le cours du dollar et le prix du brut augmentaient en même temps, la couronne pourrait vivre une chute spectaculaire. L'euro dans quatre ou cinq ans en Tchéquie ? Pas question selon le ministre de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman :

« Je voudrais insister sur le fait que cette affaire n'est pas close pour le gouvernement et la Ceska narodni banka. Au contraire, nous y reviendrons tous les ans. Pour cette année, il a été décidé que nous ne sommes pas préparés pour 2012. »

A quand donc l'euro en Tchéquie ? Les politiciens ont laissé entendre qu'à côté des premières retombées de la réforme des finances publiques, ils attendront aussi les résultats de l'introduction de l'euro dans certains autres pays nouveaux membres de l'Union européenne.