Le concerto de Dvořák, l’œuvre la plus prisée des violoncellistes

Antonín Dvořák, photo: e-sbírky/Musée national

Le Concerto pour violoncelle n° 2 en si mineur, op. 104, que nous écoutons dans ce Dimanche musical, est l’un des chefs-d’œuvre tardifs du compositeur tchèque Antonín Dvořák (1841-1904). Tout comme la Symphonie du Nouveau Monde, qui le dépasse à peine en termes de popularité, il a été composé aux Etats-Unis. 

Hanuš Wihan,  photo: public domain

C'est durant l'hiver 1894-1895, alors qu'il dirigeait pour trois ans le Conservatoire national de New York et qu'il enseignait la composition, que Dvořák a créé cette œuvre. Elle clôt en quelque sorte le séjour américain du compositeur. Bien que le violoncelle ne fasse pas partie de ses instruments favoris, Dvořák a finalement estimé qu’il exprimait au mieux sa nostalgie de la Bohême et la joie des retrouvailles avec sa patrie.

Dvořák a dédié le concerto à son ami, le brillant violoncelliste tchèque Hanuš Wihan. Les deux musiciens ne s'étant toutefois pas accordés sur la forme finale de l’œuvre, c’est le violoncelliste britannique Leo Stern qui l’a interprétée pour la première fois à Londres, en mars 1896, sous la direction de Dvořák. Quelques semaines plus tard le concert a été reproduit à Prague.

Photo: Supraphon

Considéré comme l’une des plus belles compositions pour violoncelle de tous les temps, le Concerto en si mineur figure aussi bien au répertoire des solistes du monde entier, qu'à celui des étudiants des conservatoires et écoles de musique. Il doit notamment sa renommée mondiale au violoncelliste tchèque Miloš Sádlo (1912-2003). Pablo Casals, Pierre Fournier ou encore, plus récemment, Truls Mørk, Jean-Guihen Queyras et Alisa Weilerstein ont également été séduits par le morceau.

Josefina Kounicová,  photo: public domain

Dans cette émission musicale, nous vous proposons la version du brillant interprète russe Mstislav Rostropovich, interprétée avec l’Orchestre philharmonique tchèque sous la direction de Václav Talich. Nous allons écouter les 2e et 3e mouvements du concerto, avec une pensée affectueuse du compositeur pour Josefina Kounicová, son amour de jeunesse, morte peu après le retour d’Antonín Dvořák des Etats-Unis.

Dvorák - Concerto in B minor Op. 104 / Mstislav Rostropovich