Le crépuscule de la social-démocratie ?

Photo: Site officiel du parti ČSSD

La social-démocratie tchèque ne vit pas actuellement ses meilleurs moments. Plus de détails dans cette nouvelle revue de presse qui se penchera ensuite sur certains aspects de l’appartenance de la République tchèque à l’Union européenne, sur le rôle de l’Internet haut débit dans les régions défavorisées et sur l’attrait grandissant de la Tchéquie pour les touristes. Elle vous offrira également un autre regard sur les JO de Pyeongchang.

Photo: Site officiel du parti ČSSD
A la veille du 40ème congrès du Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) qui se déroulera ce dimanche 18 février, la dernière édition de l’hebdomadaire Respekt s’est penchée sur la situation au sein de ce parti en la replaçant dans un contexte plus large. Rappelons que le ČSSD, vainqueur des élections législatives de 2013, a essuyé une importante défaite lors de celles d’octobre 2017, où il n’a remporté que près de 7 % des voix. Constatant que « l’Europe n’est plus hantée par le spectre du communisme, mais par celui de la décadence de la social-démocratie », l’auteur d’une analyse consacrée à ce sujet écrit :

« Aujourd’hui, les représentants de l’un des plus anciens courants politiques peinent plus que jamais à trouver des idées qui seraient à même d’attirer l’intérêt des électeurs. Evidemment, il ne s’agit pas d’un hasard. Le déclin de la social-démocratie en tant qu’orientation politique se manifeste en France, en Allemagne, en Autriche, en Pologne, en Hongrie... Se sentant menacés par des risques liés à la migration, les Européens ont tendance à se tourner vers des partis de droite qui promettent plus de rigueur. »

Les sociaux-démocrates tchèques font face à d’autres difficultés, car les temps sont loin où ils avaient pour principal adversaire le Parti civique-démocrate (ODS), un parti de droite idéologiquement lisible. Ils sont perdants face au mouvement ANO d’Andrej Babiš, une force pragmatique à tendance populiste qui, d’après l’auteur de ce texte, menace le système basé sur l’existence des partis politiques traditionnels. Une situation qui risque de déboucher sur une crise de la démocratie libérale... La situation de la social-démocratie tchèque est aussi le sujet d’une analyse mise en ligne sur le site novinky.cz dans laquelle on peut lire :

« Le plus vieux parti politique qui va fêter cette année ses 140 d’existence semble se désagréger en direct. Le prochain congrès offre pourtant une chance de calmer les conflits intérieurs, de définir une idée claire et de choisir une direction capable de déterminer une orientation avec laquelle les gens pourraient s’identifier. Il serait dommage de perdre un parti politique qui peut se targuer d’avoir réussi dans le passé à imposer toutes sortes d’acquis sociaux... Le congrès des sociaux-démocrates de ce dimanche peut donc être considéré non seulement comme l’événement politique de la semaine, mais comme un événement historique. »

Bientôt 15 ans depuis l’entrée de la Tchéquie dans l’UE

Photo: Barbora Němcová
« Notre génération n’a pas le droit de réclamer un référendum sur la sortie du pays de l’Union européenne. C’est à celles qui viendront plus tard de prendre une éventuelle décision dans ce sens. » C’est ce qu’on peut lire dans un un texte publié sur le site aktualne.cz et qui rappelle que seulement quinze ans se seront écoulés au mois de juin prochain depuis le référendum lors duquel 77% des Tchèques ont proclamé leur volonté d’adhérer à l’Union européenne. Ce constat amène son auteur à observer :

« Pourquoi devrait-on s’exprimer de nouveau sur l’Union européenne à laquelle nous avons dit oui à l’époque ? Quinze ans après, l’Union européenne demeure, tout comme à l’époque, un terrain qui profite au libre-échange et à une coopération économique entre ses pays membres. Et si quelqu’un la considère comme trop réglementée voire socialiste, par rapport à qui et par rapport à quelle partie du monde ? »

La Grande-Bretagne a voté sa sortie de l’Union européenne quarante-et-un ans après son entrée dans la Communauté économique européenne ce qui constitue un écart de temps légitime pour un pays civilisé. C’est une chose dont devraient tenir compte tous ceux qui veulent s’inspirer de la Grande-Bretagne. Et l’auteur du texte publié sur le site aktualne.cz de conclure que les hommes et les femmes qui ont aujourd’hui entre quarante, et quatre-vingt-dix ans ont déjà pu profiter de leur droit de s’exprimer dans un référendum et que, de leur vivant, ils devraient s’en satisfaire.

Le développement d’Internet contre la pauvreté

Photo illustrative: Commission européenne
Le développement d’Internet se présente comme une des possibilités permettant de ramener la prospérité dans les régions tchèques souffrant de la pauvreté. C’est du moins ce que suggère l’auteur d’une note publiée dans le quotidien Lidové noviny :

« Ce sont en premier lieu les régions situées dans le nord de la Bohême, ainsi que dans le nord de la Moravie qui sont touchées, celles qui faisaient jadis partie de la zone frontalière des Sudètes. Les récentes élections, législatives et présidentielles, ont montré que c’est justement dans ces régions que les électeurs ont plébiscité en priorité les formations populistes. La question désormais est de savoir ce que la classe politique doit faire pour empêcher que la pauvreté ne pousse les habitants de ces régions encore davantage vers l’extrémisme. Outre des démarches évidentes à faire comme des investissements, la construction de routes et autres, il serait bon de s’inspirer des pays qui ont misé sur le développement d’Internet dans les régions pauvres et reculées. La transformation numérique qui élimine les distances géographiques peut agir comme générateur de nouveaux emplois. »

Au XXIe siècle, on peut effectivement bien vivre et gagner sa vie partout où existe l’internet haut débit, conclut l’auteur de cette note avant de s’exclamer : Allons développer Internet dans les Sudètes !

La Tchéquie, une destination touristique très prisée

Photo: Karolína Rezková, ČRo
La Tchéquie représente un attrait grandissant pour les touristes, pour ceux venus d’Asie notamment. Un des derniers numéros du quotidien économique Hospodářské noviny a rapporté à ce sujet :

« Au cours de l’année écoulée, la Tchéquie a accueilli un nombre de visiteurs étrangers qui est presque identique à celui de ses habitants. Mais si, d’après les données statistiques, 10 millions d’entre eux ont été hébergés dans des hôtels ou dans des pensions, le nombre réel de visiteurs est plus élevé, car beaucoup d’autres ont trouvé un autre moyen de logement. En tout cas, en 2017, le nombre de touristes venus dans le pays a battu tous les records, dépassant de près de 850 000 celui de l’année précédente. Le fait d’être considéré comme l’un des pays les plus sûrs au monde est certainement l’une des causes de cet intérêt dont la Tchéquie peut à l’heure actuelle se targuer. »

L’Allemagne, la Slovaquie, la Pologne. Tels sont les trois pays dans lesquels où se recrute le plus grand nombre de visiteurs de la Tchéquie. La saison touristique de l’année écoulée a été également marquée par le retour des touristes russes, dont l’intérêt avait précédemment fléchi en lien avec l’affaiblissement du rouble. La Tchéquie est en outre devenue une destination très prisée par les touristes chinois et coréens.

Un autre regard sur les JO de Pyeongchang

Photo: ČTK
L’hebdomadaire Reflex soulève la question de savoir pourquoi les anarchistes ne protestent pas contre les Jeux olympiques de Pyeongchang. Il indique que la jeune gauche a raté une occasion de dénoncer le consumérisme, les intérêts des grands groupes et les manifestations de masse. Selon lui, elle a fait ainsi preuve de son hypocrisie et d’un manque d’équité. Dans un article consacré à ce sujet, son auteur remarque :

« Lorsque Prague a accueilli des bals à l’Opéra, il y avait des gens qui ont protesté contre cet événement, considéré comme un symbole de luxe et d’une richesse outrancière. Toutefois, je dois constater que s’il existe un vrai gaspillage des richesses, c’est celui qui est lié aux Jeux olympiques. Les dépenses planétaires qu’ils impliquent sont tellement immenses, qu’elles pourraient couvrir, par exemple, la construction d’orphelinats dans l’ensemble de l’Afrique ou augmenter le salaire quotidien en Inde d’une roupie. En plus, contrairement à un bal, les Jeux olympiques n’offrent pas une distraction active, mais une simple distraction passive. Ce qui est important, ce n’est pas le nombre d’athlètes participants, mais le nombre de téléspectateurs qui les suivent. Or, dépenser de l’argent pour les Jeux olympiques est asocial et ne respecte pas les besoins des plus pauvres. »

Pourquoi donc les anarchistes ne protestent-ils pas ? La réponse donnée par le magazine est simple et ironique. C’est qu’en descendant dans la rue, ils risqueraient de rater un match de hockey sur glace, retransmis en direct sur le petit écran.