Le général américain Obering insiste à Prague sur la menace iranienne pour justifier le futur bouclier

Le général Henry Obering, photo: CTK

Le général Henry Obering, chef de l'agence américaine de défense antimissile, était à Prague en début de semaine. Objectif : discuter du bouclier antimissile américain et du radar avec les autorités tchèques et avec les représentants de l'opposition.

Le général Henry Obering, photo: CTK
A Prague, le général Obering a d'abord insisté sur la « menace grandissante que représentent les missiles iraniens ». Selon lui, le bouclier anti-missile américain pourrait également contribuer à freiner la prolifération d'armes nucléaires :

« Ce n'est pas seulement ce qu'on sait que les Iraniens ont aujourd'hui, c'est aussi ce qu'ils vont avoir dans les quatre ou cinq prochaines années. Honnêtement, en dépit de toutes les mesures prises pour contrôler nos armes et tout ce qui a été fait dans le passé, les missiles balistiques ont continué de proliférer. Je crois que c'est parce que ce type d'armes est très recherché par ces pays car ils savent que dans l'histoire aucun système de défense n'a été déployé pour les contrer. Si ensemble, les Etats-Unis, l'OTAN et même la Russie, nous déployons des défenses antimissiles, alors la valeur de ces armes diminuera beaucoup et vous verrez une importante réduction de leur prolifération, donc un renforcement de notre sécurité à tous. »

Le général américain a notamment rencontré à Prague le président tchèque, Vaclav Klaus, le Premier ministre Mirek Topolanek et des membres des deux chambres du Parlement. Il s'est également entretenu avec Jiri Paroubek, chef du Parti social-démocrate (CSSD), parti dont la position sur le sujet pourrait devenir cruciale en cas de vote au Parlement.

Récemment une délégation de parlementaires tchèques s'est rendue aux Iles Marshall, là où se trouve pour l'instant le radar qui pourrait à l'avenir être installé en Bohême.

Richard Graber, Henry Obering, Mirek Topolanek, photo: CTK
Si le Parlement tchèque rejette la requête américaine, la station radar pourra être installée ailleurs, selon le général, qui a quand même insisté sur la situation géographique « idéale » de la République tchèque :

« Nous n'irons jamais là où nous n'aurons pas reçu l'accord pour venir, évidemment. Si jamais nous ne l'obtenions pas il y a d'autres alternatives, elles ne sont pas idéales, la République tchèque est la solution idéale, mais les autres options existent et nous devrons les envisager. »

Le débat sur le projet américain va sûrement s'intensifier dans les prochaines semaines à Prague, autour de la venue du président Bush en juin. Selon un sondage publié mardi matin, plus de deux tiers des Tchèques seraient opposés à l'installation du radar sur leur sol.