Le mystère des culottes d’équitation

© City of Prague

L’histoire que nous allons vous raconter s’est passée il y a plus de cinquante ans à Velká Chuchle, qui est actuellement un quartier de Prague.

Velká Chuchle, photo: © City of Prague
Jadis se trouvait après la voie ferrée, en face de l’ancien château d’eau et de l’actuel parking du champ de courses de Velká Chuchle, fondé en septembre 1906, une maison forestière où vivait le garde forestier Balabán avec sa femme et son fils Bohouš. Ce dernier était tailleur et faisait sur mesure des culottes d’équitation extraordinaires pour les jockeys de l’hippodrome.

En voici la confirmation d’un témoin de l’époque, le jockey Karel Havelka, né en 1918, qui compte 453 victoires en courses de plat, une centaine de victoires en steeple-chase et courses de plat à talus. Dans les années quarante, il a également été en qualité de jockey en France à l’hippodrome de Maisons Laffitte chez l’entraîneur Noël Pelat. Jusqu’à aujourd’hui, monsieur Karel Havelka est considéré comme le plus grand des jockeys tchèques.

«Bohouš Balabán était le seul tailleur qui savait faire une culotte d’équitation d’après le modèle viennois, avec de grandes poches sur les côtés. Malheureusement, lorsqu’il fut obligé de quitter la maison forestière où son père était garde forestier, il arrêta d’en confectionner. Depuis, personne n’est capable de faire ce genre de culotte d’équitation. »

Mais il y a un petit mystère là-dessous. La raison pour laquelle Bohouš Balabán cessa de confectionner la fameuse culotte d’équitation date de bien plus tôt.

Le tailleur avait un petit atelier dans la maison forestière. A l’époque, le lieu d’aisance se trouvait en général à l’extérieur de la maison. Lorsque Bohouš travaillait et ressentait un besoin urgent, il allait se soulager à l’étable de la chèvre qui se trouvait beaucoup plus près de son atelier que les toilettes. Un jour, submergé de travail, il était tellement pressé de retourner à l’atelier qu’il ferma sa braguette à la porte de l’étable. C’est alors qu’il croisa le regard amusé d’un jockey du champ de courses de Velká Chuchle qui venait justement pour l’essayage de la culotte d’équitation. « Mon Dieu, Bohouš, tu ne peux pas te trouver une femme? As-tu vraiment besoin de baiser avec une chèvre ?! », s’écria l’homme. Furieux, Bohouš s’empara de la fourche à fumier et chassa l’insolent qui s’enfuit à toutes jambes. Mais le perfide jockey répandit la médisance parmi les autres jockeys. Bientôt, tous les employés du champ de courses furent au courant. Toute l’histoire ne fut que pure invention du jockey probablement un peu simple d’esprit, mais personne ne se posa de question et tout le monde y crut. Lorsque les gens voyaient passer le pauvre Bohouš, ils le saluaient par un bêlement. Il est dans la logique des choses que le tailleur se sentit offensé à un tel point qu’il jura de ne plus jamais faire de culotte d’équitation pour qui que ce soit. Il refusa obstinément toute commande et se consacra uniquement à la confection de vêtements. La farce stupide tourna donc mal pour tous ceux qui avaient besoin de la culotte originale de cheval faite d’après le modèle viennois et dont seul Bohouš Balabán connaissait le savoir-faire.

Entre-temps, le père de Bohouš décéda, la veuve fut autorisée de droit à habiter dans la maison forestière, étant donnée qu’elle était l’épouse du défunt. Par contre, après le décès de la veuve, étant donné que Bohouš n’était pas garde forestier mais tailleur, il fut contraint de quitter les lieux. Il partit donc, se trouva un autre logement et on perdit sa trace à tout jamais. Mais les représentants de la commune n’arrivèrent pas à trouver une personne qui aurait bien voulu assumer le poste de garde forestier pour un salaire aussi risible. Au fil des ans, le toit de la maison forestière s’écroula et la maison se détériora. Finalement, il ne reste que les fondations pour rappeler l’histoire de la culotte de cheval racontée par les témoins de l’époque qui se font de plus en plus rares.


Et bien évidemment une recette de cuisine ne saurait manquer. Ce sera le poulet à l’ancienne méthode tchèque.

Poulet à l’ancienne méthode tchèque

Un poulet fermier, 3 gousses d’ail, 1 gros oignon, 15 cl de bière blonde, marjolaine, beurre, sel, pommes de terre pour accompagner le beurre.

• Faire revenir rapidement les gousses d’ail coupées en petites rondelles et l’oignon finement haché dans du beurre.

• Ajouter du sel, une pincée de marjolaine, 10 cl de bière blonde et bien mélanger.

• Placer le poulet dans une cocotte minute (autrefois le poulet se mettait dans un plat en terre cuite ou en fer).

• Enduire le poulet de la moitié du mélange d’ail, d’oignon et de bière.

• Faire rôtir le poulet et pendant la cuisson l’arroser avec le reste du mélange.

• Servir avec des pommes de terre à la vapeur ou à l’eau.

Ce plat se marie bien avec une bière bien fraîche, mais un bon rouge n’est pas déconseillé. Ce n’est pas un plat très lourd, mais il est tout de même préférable de ne pas le consommer lors de journées torrides.