Le parti TOP 09 ne sera bientôt plus présidé par Karel Schwarzenberg

Miroslav Kalousek et Karel Schwarzenberg, photo: ČTK

Sa décision était déjà évoquée depuis plusieurs mois dans les médias nationaux – l’intéressé l’a confirmée ce week-end : Karel Schwarzenberg ne se représentera pas le mois prochain à la présidence du parti TOP 09 qu’il a fondé il y a six ans avec Miroslav Kalousek, son vice-président. Si « le prince » indique vouloir quand même être candidat à Prague aux prochaines élections législatives, les conséquences pour sa formation de sa mise en retrait font l’objet de nombreux commentaires ces derniers jours. Michel Perottino est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de l’université Charles:

Miroslav Kalousek et Karel Schwarzenberg, photo: ČTK
« L’impact du départ de Karel Schwarzenberg de la tête de son parti est un peu difficile à évaluer dès maintenant. On sait déjà depuis longtemps que ce moment va arriver et le parti a eu le temps de se préparer à ce changement, donc il faut un peu relativiser. Sur le plan pratique il n’y aura pas de différence fondamentale - le principal acteur reste toujours présent : Miroslav Kalousek. »

Dans la presse tchèque on note le manque d’une certaine relève aux actuels président et vice-président de ce parti TOP09. Qu’en pensez-vous ?

« Effectivement, le parti souffre d’une faiblesse qualitative de son élite. Il y a quelques noms qui circulent – Langšádlová, Ženíšek, etc. Et c’est effectivement un petit peu faible par rapport à Schwarzenberg d’un côté et Kalousek de l’autre. Le parti manque de nouveaux noms qui vont remplacer la « tête d’affiche » Karel Schwarzenberg. Mais si le parti n’a pas réussi à faire monter de nouveaux cadres, d’un autre côté on est dans la continuité, avec la même situation depuis quelques années. »

D’autres noms circulent, comme celui de l’ancien ministre de la Santé, Leoš Heger, et celui de l’ancien ministre de la Justice du parti ODS, Jiří Pospíšil, qui n’est pas encore membre de TOP09 mais qui a été élu sur une liste de ce parti au Parlement européen.

« Heger est un des noms qui circulent le plus comme une alternative à Schwarzenberg, mais il faut savoir qu’il ne fait pas non plus partie du ‘top’ de l’élite politique tchèque – il est quand même assez nettement en retrait même s’il est tête de liste de TOP09. »

L’actuel vice-président Kalousek fait de la stratégie anti-Babiš son cheval de bataille – Andrej Babiš est le ministre des Finances de l’actuel gouvernement. TOP09 est en perte de vitesse dans les sondages ; cette stratégie peut-elle faire remonter le parti dans ces études d’opinion ?

Andrej Babiš et Miroslav Kalousek, photo: ČTK
« Babiš est sans doute la figure clé de la droite tchèque actuellement. TOP09 en général et Kalousek en particulier sont obligés de se positionner par rapport à lui. On a beaucoup parlé du mouvement ANO de Babiš comme d’un parti qui n’était ni à droite ni à gauche. A mon avis, il est assez clairement à droite, et c’est le concurrent direct de TOP 09 et de l’ODS. Donc, assez logiquement, ces deux partis critiquent beaucoup Babiš. C’est davantage pour leur positionnement sur la scène politique que par ‘anti- Babišisme’ primaire. »

Cela peut-il suffire à TOP09 pour remonter la pente ? Est-ce que cela va dépendre de la situation économique du pays ?

« Ça va dépendre de la situation économique, ça va dépendre de beaucoup d’éléments, par exemple de la crise migratoire et du positionnement de chacun des partis. Il y a d’autres possibilités, notamment une fusion entre les deux partis de la droite tchèque, TOP09 et ODS, qui serait une façon ‘pratique’ de combler les déficits électoraux de ces deux formations. »