Le projet de canal Danube-Elbe-Oder patauge

Photo: Tomáš Kolařík, CC BY-SA 3.0

Le projet pharaonique de construction d’un canal navigable entre le Danube, l’Elbe et l’Oder a du plomb dans l’aile. Le président Miloš Zeman a beau le soutenir en arguant qu’il s’agirait d’un axe de communication majeur en Europe centrale qui constiturait également un apport en matière environnementale, les écologistes ne partagent pas ce point de vue et pensent au contraire que ce chantier « mégalomaniaque » serait destructeur pour la nature. Surtout, le ministre des Transports, Antonin Prachař du mouvement ANO, l’a déclaré ces jours-ci, la République tchèque ne peut se lancer dans un tel projet sans le soutien clair des pays voisins.

Photo: Tomáš Kolařík, CC BY-SA 3.0
350 kilomètres, c’est la longueur de canaux qu’il faudrait construire pour concrétiser cette ambition de relier l’Elbe, fleuve prenant sa source au cœur des Monts des Géants en République tchèque et qui va se jeter à Hambourg dans la mer du Nord, et l’Oder, fleuve qui traverse toute la Pologne, à la Morava, la rivière qui a donné son nom à la région de la Moravie et qui est un affluent du Danube. Il faudrait également aménager une portion importante de ce cours d’eau, et notamment en Autriche, pour le rendre apte à la navigation.

Aussi le coût des travaux est estimé à plusieurs centaines de milliards de couronnes (donc à plusieurs milliards d’euros). Mais le projet a déjà entrainé des dépenses non négligeables. Dans les cartons depuis les années 1990, 42 études ont été commandées et menées essentiellement pour déterminer les possibles sources de financement et évaluer le potentiel impact sur l’environnement. Le tout a déjà coûté 20 millions de couronnes (soit environ 730 000 euros).

Antonín Prachař, le ministre des Transports, a donc indiqué qu’en l’état actuel des choses, il était plus prudent de mettre un frein au projet et aux dépenses qui en découlaient. Il s’est ainsi rangé à l’avis, sans le dire explicitement, rendu au mois de janvier par la commission en charge des questions environnementales de l’Académie des sciences qui estime que ce canal n’a pas de justification et de bien-fondé économiques, sociaux et écologiques. Le rapport ajoutait que la réalisation de ce canal constituerait une des interventions les plus importantes de l’homme dans le fonctionnement de ce qui reste des écosystèmes relativement naturels en République tchèque et en Europe centrale.